3 (bonnes) raisons de refuser une contre-offre de votre employeur

Conseils d'un recruteur pour vous éviter quelques nuits blanches lorsque vous faîtes face à une contre-proposition de votre employeur.


Vous avez postulé, passé avec brio les entretiens, vous avez l’approbation de votre conjoint(e)…BINGO ! Vous changez de job !
Lundi matin, 8h30, vous vous présentez devant le bureau de votre boss, sûr de votre coup, lettre de démission à la main. Et là, malheur, votre patron vous propose de s’aligner sur les conditions qu’on vous propose en face ! Quelques nuits blanches en perspective….Voici quelques conseils qui vous permettront de faire face à ce terrible dilemme aussi flatteur que dangereux.1 – Les bonnes raisons d’hier sont encore les bonnes raisons de demain !Si vous avez engagé un processus de départ, c’est que vous aviez de bonnes raisons ! Envie de progresser, de gagner en responsabilités, d’être mieux rémunéré, de connaître autre chose, de vous remettre en danger, de rallumer la flamme, etc… Bref, les raisons ne manquent pas !Alors pourquoi cette contre-proposition vous ébranle-t-elle à ce point ?
La première réponse à trouver devra répondre à « Pourquoi mon patron ne m’a-t-il pas proposé cette promotion avant ? ».
En réalité, si l’on vous propose plus d’argent ou de responsabilités afin de calmer vos ardeurs, c’est en général votre promotion qui arrive en avance. Ainsi, vous aurez le bonheur de rester bloqué sur votre next level un peu plus longtemps. Et vous vous retrouverez dans la même impasse.
Pour changer de poste, vous avez effectué plusieurs entretiens, vous en avez discuté en famille, votre réflexion a avancé au point de passer à l’acte. Vous avez négocié votre futur salaire, la marque de votre voiture de fonction, rencontré vos futurs collaborateurs/équipes, révisé l’itinéraire le plus court pour vous rendre au bureau, etc… Bref, vous vous êtes projeté. Vous vous y voyez déjà ! Clairement vous êtes déjà parti dans votre tête ! Une fois sur le perron de la porte, le sentiment d’appartenance est nul.Accepter une telle contre-offre reviendrait à vous replonger dans votre quotidien, renouer avec les reproches que vous faisiez à l’encontre de votre salaire, patron, mission, etc…Par quotidien, entendez bien. Je parle de train-train. En effet, accepter une contre proposition est souvent synonyme de démotivation. Serez vous capable de vous relancer ? De vous remobiliser ?Une statistique pour vous rassurer (ou pas): on estime entre 75 et 90% la probabilité que vous quittiez votre poste dans les 12 mois après acceptation d’une contre offre.2 – Vous risquez de voir votre statut ébranléUne fois le coup de pression, et même la menace mise à exécution, mis à votre patron, il sera difficile d’expliquer à votre Direction et/ou à vos équipes que votre loyauté est sans faille !
Votre Direction devra alors composer avec un élément (vous) qu’elle sait déstabilisé, avide de nouveaux horizons, insatisfait, et potentiellement en contact avec la concurrence. Compliqué, dans ces conditions, de vous confier les yeux fermés le dernier dossier top secret ou le lancement du futur produit star !

En cela, votre carrière s’en retrouvera nécessairement freinée.

En interne toujours, si vous aviez la responsabilité d’une équipe, attendez vous à une défiance de la part de vos collaborateurs ! Rattrapé par le col blanc sur le pas de la porte, votre Direction ne prendra plus nécessairement votre défense si votre crédibilité est mise à mal par vos équipes.
Si votre rémunération répond à une politique salariale clairement établie, une fois augmenté, votre patron aura autant d’intérêt que de temps pour commencer à vous cherche un remplaçant moins cher ! En effet, cette position est elle financièrement viable à long terme pour votre patron ? Ne s’expose-t-il pas à d’autres coups d’éclat de ce type et devoir ainsi sortir le chéquier à chaque fois ? Si votre patron veut rapidement remettre les pendules à l’heure, il a ainsi tout intérêt à montrer à tous qu’il est tout aussi capable de vous retenir que de vous remplacer !

Enfin, en ces temps difficiles, il n’y pas l’ombre d’un doute qu’en cas de coup de grisou pour votre entreprise, vous serez inévitablement le premier concerné par un plan social ou de départ (plus ou moins) volontaire. Être assis sur un tel liège éjectable vous convient il ?

3 – Vous venez de vous fermer la porte de votre potentiel ex-futur employeur

Vous avez finalement craqué et accepté cette (belle) contre proposition de votre employeur actuel. Vous jouez la carte de la sécurité et, malgré tout, l’on ne peut vous en vouloir.
En revanche, avez bien pensé à la société à laquelle vous venez de claquer la porte sur le nez ? Pensez vous que celle-ci referait appel à vous plus tard pour pareil recrutement ? Attention ! Plus vous évoluez sur un marché de niche, plus ce type de retournement de veste peut vous coûter cher !
Outre un ex-futur employeur éconduit, vous avez surtout désormais affaire à un concurrent direct qui vous en veut ! De plus, attention à ne pas vous faire « descendre » auprès de clients communs eu égard à votre récente volonté de changement. La loyauté à un prix, et plus la place de marché est petite, plus celui est élevé.
Préparez vous ainsi à affronter votre pire ennemi sur les salons, visites de sites, appels d’offres, etc… De plus, si les entretiens ont été rondement menés, vous aviez peut-être lâcher quelques informations « croustillantes » en matière de développement de nouveaux produits, nouveaux marchés, etc… Quoi de plus normal -cadre législatif mis à part- puisqu’encore une fois, vous étiez sur le point de partir !?

Pour conclure, à la prochaine contre proposition de votre employeur, veillez à bien peser le pour et le contre d’une telle acceptation. Outre le fait que vous veniez de vous faire racheter pour une poignée de « dollars », votre positionnement s’en trouvera nécessairement fragilisé en interne, vers le haut comme vers le bas, mais aussi exposé en externe auprès de vos concurrents les plus proches, et plus précisément celui que vous aurez éconduit.
Encore une fois, cette statistique : on estime entre 75 et 90 % la probabilité que vous quittiez votre poste dans les 12 mois après acceptation d’une contre-offre.

Je vous le disais: quelques nuits blanches en perspective…

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