Vivre à l'étranger peut rendre plus intelligent

A l'heure de la mondialisation, de plus en plus nombreuses sont les personnes qui vivent à l'étranger. Tant mieux pour elles. L'expatriation aurait un impact positif sur notre intelligence.

Selon une étude menée par les Nations unies Dans notre société globalisée, vivre et travailler à l’étranger est devenu plus facile et semble de plus en plus commun. Sous entendu, le modèle de l’expatrié Robinson à l’aventure ne suffit plus vraiment pour illustrer l’expatriation. Que l’on quitte son pays pour toujours ou pour une période plus courte visant à découvrir autre chose que sa boulangerie préférée, il y a de nombreux avantages à vivre à l’étranger. Quels sont-ils ?

La double appartenance culturelle
Même si le concept peut sembler légèrement pompeux, il est au final assez clair, n’ayons donc pas peur des mots outre mesure. Par double appartenance culturelle, nous entendons l’influence de deux cultures sur la construction d’une personnalité. Deux récentes études* ont montré que vivre à l’étranger peut influer positivement sur la personnalité et le compte bancaire. L’étude réalisée par AFS et l’University of Essex (UK), a confronté deux groupes d’individus. Des étudiants ayant vécu à l’étranger et d’autres n’ayant pas vécu dans un autre pays que celui où ils sont nés. L’étude a révélé que les membres du premier groupe avaient une confiance en eux plus élevée, qu’ils appréciaient capter l’attention dans un groupe, qu’ils étaient plus confiants pour prendre la parole en public et qu’ils aimaient d’une manière générale plus que les autres être confrontés à des situations de vie en groupe. Ils étaient également plus ouverts aux nouvelles expériences et portaient un intérêt plus grand aux personnes et aux idées qui sortent du rang.Mais le bienfait le plus frappant de vivre à l’étranger est probablement à trouver dans le bien-être en général. Les participants à l’étude ont démontré moins de stress et d’anxiété, une meilleure estime d’eux-mêmes et une plus grande satisfaction de leur vie. Le lien entre partir à l’étranger et la meilleure confiance en soi est lui aussi facile à trouver. Dans un pays étranger, vous êtes naturellement poussé à mettre votre nez dehors pour rencontrer du monde, vous occuper, plutôt que de rester seul à la maison comme un penseur solitaire. Vous serez donc plus enclin à participer à des évènements en communauté. Vous verrez notamment dans ce genre d’évènements que démarrer une conversation avec une personne que l’on ne connaît pas, qui plus est dans une langue qui n’est pas forcément sienne, demande d’avoir des tripes.

Et si vous faites partie de ces nombreux expatriés partis seuls, vous serez forcé de gérer des situation délicates ou des problèmes par vous mêmes. Vous vous délecterez par exemple de l’horreur que peuvent revêtir la bureaucratie ou les douanes dans certains pays. Gérer et régler ces situations seul permet d’augmenter sa confiance en soi et son expérience.

La biculture
Selon l’autre étude, réalisée par William Maddux, professeur de comportement organisationnel à l’INSEAD, les étudiants ayant effectué un échange universitaire à l’étranger arrivaient plus facilement à connecter des concepts et des idées disparates “les gens qui ont une plus grande expériences internationale ou qui s’identifient à plus d’une culture résolvent plus facilement les problèmes et démontrent une plus grande créativité[...]. De plus, nous avons remarqué que les personnes avec cette expérience internationale ont plus facilement tendance à créer des entreprises, des produits ou à être promus”. Nous nous situons ici plus loin que le seul CV bonifié. Les effects psychologiques qu’ont une vie à l’étranger pourrait influencer directement vos capacités entrepreneuriales et votre potentiel de gains en carrière. L’enrichissement semble donc bien multiple.
Cependant, il convient de rappeler que vivre à l’étranger ne suffit pas pour obtenir tout cela. Pensez à ces expats que ne se socialisent qu’avec leur compatriotes, refusent d’apprendre la langue, rappellant dès qu’ils le peuvent que “dans mon pays on fait comme ci…” et ne transigent pas avec cette règle. Maddux nous dit que chacun doit prendre en compte chacune des différentes cultures éprouvées, celle de l’ancien pays tout autant que celle du nouveau. Il nomme cette combination le biculturisme (déclinable suivant le nombre de cultures qui nous influencent !). La double vision du biculturisme “devient un outil de décryptage du monde aidant les individus à être plus performants professionnellement parlant et plus épanouis personnellement”. Au cours d’une étude sur 78 étudiants en Master spécialisé, ceux qui présentaient cette biculture ont démontré une meilleure maîtrise de la langue, une meilleure adaptabilité, plus d’avant gardisme et d’innovation en comparaison avec le reste du groupe. Dans une étude similaire, les individus possédant ce biculturalisme ont démontré de meilleures perspectives de carrière et une meilleure réputation parmi leurs collègues, en comparaison aux “mono-culture”.
Donc, plus que succomber à une supra-culture amorphe, ou s’habiller avec le lederhosen juste parce que vous êtes en Allemagne, vivre à l’étranger signifie amener sa propre culture avec soi, en respectant et en acceptant l’influence de la nouvelle sur nous, ainsi que celle des cultures que les autres individus apportent avec eux. Comme le dirait Otis, “il n’y a pas de bonne ou de mauvaise [...]” culture (d’ailleurs, y a-t-il quelque chose de plus relatif que la notion de culture ?). Ce que certaines cultures voient comme tabou sera peut être fêté dans d’autres. C’est donc en acceptant ces différents morceaux de culture et en les utilisant avec mesure, que vous retirerez le maximum de bienfaits d’une vie à l’étranger.

Partir vivre dans un pays étranger peut sembler terrifiant au premier abord, et cela peut s’avérer l’être, parfois. Mais une chose est sûre : vivre et travailler à l’étranger vous change pour de bon et pour du bon !








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