Pourquoi la Royal Bank of Scotland bascule 100 000 salariés vers Facebook

RBS a été séduite par la simplicité d'utilisation de Facebook at Work et agréablement surprise par l'engouement de ses employés pour la plateforme.

La Royal Bank of Scotland (RBS) est en train d'ouvrir Facebook at Work, le dernier né des produits de Facebook pour l'entreprise, à plus de 100 000 salariés.

Si vous n'avez jamais entendu parler de Facebook at Work, ne vous en faites pas. En concurrence avec la messagerie collaborative Slack, les messageries électroniques traditionnelles, Yammer de Microsoft et d'autres, ce logiciel est actuellement en phase de test au sein de certaines entreprises, avant son lancement public.

Facebook at Work reprend les grandes fonctionnalités de Facebook (la messagerie instantanée, le fil d'actualité, les groupes, etc.) et les transforme en espaces de travail.  Un utilisateur s'y inscrit, et peut "suivre" ensuite ses collègues. C'est une nouvelle approche des applications de communication d'entreprise jusqu'ici basées essentiellement sur des fonctions de messagerie un peu vieillissantes.

Facebook at Work ressemble beaucoup au Facebook historique.  © Capture Business Insider

RBS est le plus important client de Facebook à tester le service, avec plus de 500 salariés qui l'utilisent déjà actuellement tous les jours. Kevin Hanley, directeur du design chez RBS, a expliqué à Business Insider pourquoi l'entreprise comptait utiliser Facebook at Work plutôt que des technologies plus traditionnelles, tel l'e-mail, ou des solutions plus à la mode, comme Slack.

90% des salariés ayant testé Facebook at Work restent ensuite des utilisateurs mensuels actifs

"Je pense que Facebook nous permet de communiquer, d'échanger, de résoudre des problèmes que d'autres solutions, comme le mail, ne peuvent tout simplement pas régler", explique Kevin Hanley. "Nous apprécions le fait que Facebook at Work donne la possibilité de contribuer aux forums et groupes que vous désirez plutôt que de recevoir des e-mails en provenance de listes de diffusion non-sollicitées".

Facebook s'est très peu servi des médias pour promouvoir son logiciel, et a décidé de s'adresser directement aux personnes qui pourraient l'utiliser.

Business Insider a demandé à Kevin Hanley comment Facebook  at Work fonctionnait réellement. "Vous auriez des difficultés à différencier Facebook at Work du Facebook grand public", avoue-t-il. "C'est bien d'ailleurs l'intention de Facebook avec ce produit. Le Facebook de votre vie personnelle sera très proche de votre Facebook au travail."

L'app iPhone de Facebook at Work. © Capture Business Insider

Facebook at Work est doté des mêmes fonctionnalités que Facebook : un fil d'actualités, des commentaires, des "Like", des groupes, une application de messagerie et des notifications. La différence clé, selon Andrew Horne (un porte-parole de RBS), est que vous "suivez" vos collègues plutôt que vous "devenez ami".

Selon RBS, 90% des salariés ayant testé Facebook at Work restent ensuite des utilisateurs mensuels actifs de l'outil, ce qui, pour un logiciel "non obligatoire" à utiliser, est impressionnant. Partant de là, RBS va continuer à ouvrir plus largement Facebook at Work en interne en encourageant les salariés à l'utiliser, plutôt que les y forcer.

"Je n'aime pas le mot obligatoire", explique Kevin Hanley. "Dans un monde idéal, [Facebook at Work] devient de facto la façon d'engager ses salariés et de communiquer. Il génère un effet de masse plutôt qu'une obligation."
 

La création de groupes de travail de façon non hiérarchique

Les utilisateurs qui s'inscrivent sur Facebook at Work n'ont pas de problème de chevauchement entre leur compte professionnel et leur compte personnel, selon Hanley. "Lorsque je switch d'un compte à l'autre, ça se ressemble", mais aucun contenu n'est partagé entre les deux environnements.

Cette harmonie, c'est ce qui a plu à RBS. Ainsi, l'entreprise n'a pas à former ses employés pour leur apprendre à utiliser le nouveau logiciel. Tous ceux qui utilisent Facebook comprennent comment Facebook at Work fonctionne.

Il est vrai que certains des salariés de la banque n'utilisent pas Facebook, évidemment. RBS offrira par conséquent une formation à tous ceux qui le désirent. "Nous aurons besoin de mettre en place des formations et de sensibiliser certains de nos employés qui n'ont pas l'habitude d'utiliser l'outil", note ainsi Kevin  Hanley.

Utiliser Facebook at Work a aussi l'avantage d'effacer la hiérarchie des chaînes d'e-mails. "Les e-mails, par expérience, engendre une relation hiérarchique", confirme Kevin Hanley. "On a tendance à les utiliser pour la diffusion de masse et la communication verticale, et pas pour la discussion ou le feedback."

Et Kevin Hanley ajoute : "Nous avons été agréablement surpris, qu'avec un outil qui modifie cette dynamique, les gens choisissent de puiser dans des ressources [qu'ils n'auraient pas eu avec les e-mails]. Facebook at Work permet de former naturellement des groupes de façon non hiérarchique. C'est le point qui nous enthousiasme."

 

Article de Max Slater-Robins. Traduction par Caroline Brenière, JDN

Voir l'article original : Here's why RBS is using Facebook to replace company emails

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