Pierre-José Billotte (Cloud Week Paris) "Nous voulons placer le digital au cœur des débats de la présidentielle 2017"

Portée par EuroCloud France, la Cloud Week Paris 2016 aura lieu du 4 au 8 juillet. Pour l'occasion, l'écosystème français du cloud veut faire entendre sa voix dans la perspective de l'élection présidentielle de 2017.

Pierre-José Billotte est président d'EuroCloud France, l'organisation initiatrice de la Cloud Week Paris.  © EuroCloud France

La Cloud Week Paris 2016 se tiendra du 4 au 8 juillet prochain. Il s'agit de la deuxième édition de cet événement organisé par EuroCloud France, et dont le JDN est partenaire.

Le président d'EuroCloud France, Pierre-José Billotte, nous explique la philosophie de cette initiative et revient sur le programme de cet événement.

  Information et inscription sur le site de la Cloud Week Paris


JDN. Quelle est la philosophie de la CloudWeek Paris ?

Pierre-José Billotte. La Cloud Week Paris est une initiative collective portée par EuroCloud France. Tous les acteurs français du cloud sont invités à y apporter leur contribution, en organisant des rencontres, des conférences. Ce concept novateur nous a permis d'atteindre les 4000 visiteurs dès la première édition de l'événement, l'année dernière. La Cloud Week Paris s'est ainsi positionnée d'emblée parmi les deux ou trois événements IT BtoB qui comptent en France.

Pour cette seconde édition, et compte tenu de la réussite de la première, nous tablons sur 5000 visiteurs. L'événement commence aussi à prendre une dimension européenne. Nous enregistrons cette année, déjà, des inscriptions issues d'une dizaine de pays d'Europe.

Quels seront les principaux rendez-vous de cette Cloud Week Paris 2016 ?
Le contenu est très riche cette année. La Cloud Week Paris 2016 va fédérer plusieurs dizaines d'événements, tous très intéressants, et couvrant les grands enjeux du cloud [lire l'article du JDN sur le programme de la Cloud Week 2016 NDLR]. Du côté des événements de la semaine organisés directement par EuroCloud France, que je préside, j'attire votre attention sur la conférence des visionnaires. Elle permettra de découvrir des visionnaires d'origines variées qui viendront donner leur point de vue sur l'avenir du numérique : un philosophe [Jean-Gabriel Ganascia NDLR], un directeur d'une grande école de commerce [Bernard Belletante de l'EM Lyon] ou encore un champion de Go qui a affronté l'intelligence artificielle de Google [Fan Hui]. Il y aura aussi Nicolas Sekkaki, le président d'IBM France.

Nous allons enclencher le débat sur le digital dans la perspective de la présidentielle 2017

Pour les Etats Généraux d'EuroCloud France le 6 juillet, nous avons souhaité mettre les DSI en avant. Plusieurs grands DSI, de la Société Générale, de Covéa ou de Renault, interviendront sur le sujet du cloud.

Quel message souhaitez-vous faire passer lors de cette CloudWeek Paris ? L'enjeu du cloud se situe-t-il toujours uniquement au niveau des entreprises ?

Le cloud et l'économie digitale au sens large engendrent des mutations profondes. Le débat dépasse désormais largement les frontières des entreprises. Pour elles, c'est acquis. Les solutions digitales et le cloud en particulier s'imposent comme des solutions naturelles. Le cloud est devenu l'un des piliers de leur transformation numérique. Le débat doit se placer aujourd'hui au niveau de la société civile. Les applications cloud grand public, comme Uber, Blablacar... engendrent de profondes mutations sociétales. On n'imaginait pas d'ailleurs que ces changements allaient être si brutaux. 

Partant de ce constat, nous estimons que le numérique doit être positionné désormais au centre de la politique du gouvernement. Le digital ne doit plus être confié à un secrétariat d'Etat. C'est un secteur désormais trop stratégique. Avec à la clé des potentiels énormes en termes d'économie, d'emploi... Il doit donc se situer au cœur des préoccupations du chef de l'Etat. Mais pour ça, vous l'aurez compris, il est nécessaire d'élire un président avec une culture numérique forte. Or, force est de constater que nos gouvernants s'investissant sur ces questions sont rares, et les présidentiables également, de gauche comme de droite. Tout le problème est là. C'est pourquoi nous lançons l'idée d'un candidat "numérique" à la présidentielle de 2017. C'est le sens de ma chronique publiée récemment dans le JDN.

La Cloud Week Paris 2016 sera-t-elle l'occasion pour vous de lancer ce projet de "candidat numérique" à la présidentielle ?

Nous souhaitons impulser le processus. Sachant que nous savons pertinemment que nous ne pourrons pas le mener seul. Pour réussir, la démarche doit être collective. Nous allons solliciter officiellement les dirigeants d'entreprise importantes du numérique français dans l'optique de lancer un collectif visant à aboutir à cette "candidature numérique". S'ils sont suffisamment nombreux à répondre, le projet pourra aboutir. A l'occasion de la Cloud Week Paris, nous organisons une table ronde publique pour commencer à discuter des modalités du projet, du profil d'un tel candidat... Nous avons invité des organisations du numérique à venir s'y exprimer. Le Cinov-IT a déjà répondu présent. [Le Cinov-IT est la chambre professionnelle des TPE-PME du numérique NDLR]. Nous avons aussi proposé à des candidats de LaPrimaire.org impliqués sur cette question de venir s'exprimer. Cette table ronde se tiendra le 4 juillet à la Maison de la Chimie.

Je note d'ailleurs que certains grands groupes français du secteur IT commencent à s'intéresser au sujet. C'est le cas d'Orange qui a organisé un webinar le 9 juin sur cette idée d'un candidat numérique indépendant pour 2017.

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