C'est décidé : Veolia va basculer 12 000 personnes dans le cloud

Veolia Water Technologies dans le cloud computing Veolia Water Technologies, l'une des entités du groupe spécialisée dans le traitement de l'eau, se prépare au grand basculement. Intranet, e-commerce et ERP sont au programme.

C'est en octobre 2013 que le DSI de Veolia Global Enterprises, Laurent Pulce, commence à s'intéresser à l'opportunité de recourir de manière massive à un cloud. A celui d'Amazon en l'occurrence. En avril et mai 2014, les premiers travaux sont lancés.

"Il était évident pour moi que nous devions aller dans ce sens. Avec le cloud, l'informatique devient une commodité. C'est aussi l'opportunité de transférer certaines dépenses d'investissement en dépenses d'exploitation", insiste le DSI. Mais au départ, Laurent Pulce se demande si le cloud ne doit pas rester cantonné à la pré-production. "Mais en observant d'autres groupes français, comme Schneider Electric, qui basculaient des pans entiers de leurs systèmes dans le cloud, je me suis dit que nous pouvions aller bien plus loin", poursuit-il.

Le choix "naturel" d'Amazon Web Services

Assez naturellement, Veolia Global Enterprises se tourne vers Amazon Web Services : "le cloud reconnu comme le plus avancé", tant par le marché que par les grands instituts d'analyse. Le patron de l'informatique de Veolia Global Enterprises n'entend pas cependant mettre tous ses œufs dans le même panier. "Nous ne mettrons pas tout sur AWS", insiste-t-il, avant de rappeler le projet de déploiement des Google Apps initié en 2013 au sein du groupe Veolia.

Dès juillet 2014, une étude de faisabilité est lancée au sein de Veolia Water Technologies, l'entité de Veolia Global Enterprises spécialisée dans les technologies de traitement de l'eau. Avec un système d'information comptant 12 000 utilisateurs, il s'agit aussi de la principale activité de la filiale. C'est donc le navire amiral qu'a choisi Laurent Pulce pour initier sa démarche, et montrer la voie. Quatre applications sont choisies pour réaliser un premier POC : un intranet mondial (reposant sur le CMS Typo3), une plateforme d'e-commerce (sous Magento), une application marketing (PHP - MySQL), et l'ERP (Oracle JD Edwards).

Objectif de Veolia Water Technologies : tout basculer en mode cloud, à terme

Les conclusion de cette étude ? Toutes les applications métier de Veolia Water Technologies, basées aujourd'hui sur 190 serveurs en interne, sont éligibles au cloud. "Nous avons donc décidé à terme de tout basculer", nous confie le DSI qui évoque même une échéance possible de deux ou trois ans. Il en ressort qu'AWS est aussi avantageux en termes de performance réseau. Grâce aux différentes zones de disponibilité du cloud en effet, Veolia Water Technologies peut envisager de rapprocher ses applications de leurs utilisateurs (répartis sur 267 implantations dans 54 pays). Une architecture mondiale qui, de ce fait, éviterait dans le même temps de recourir à des solutions d'accélération réseau onéreuses, tout en permettant d'opter pour HTTPS au détriment d'un MPLS lui-aussi "très cher".

Intranet et e-commerce parmi les premiers candidats

La richesse d'AWS ouvre aussi à Veolia Global Enterprises de nouvelles perspectives. Son DSI évoque par exemple le service de datawarehouse Amazon Redshift comme piste pour réduire les coûts de ses entrepôts de données. Il cite aussi l'outil de pilotage de déploiement AWS Elastic Beanstalk. "Une application qui nous coûterait beaucoup plus chère si nous la déployons en interne", estime Laurent Pulce. Pour le DSI, l'écosystème AWS permettra également de donner une seconde vie aux systèmes existants, qui pourront gagner en performance, notamment grâce aux ressources de stockage d'Amazon, et être mieux maitrisés grâce aux dispositifs de monitoring du cloud.

Désormais, les équipes informatiques de Veolia Water Technologies se concentrent sur la feuille de route qui va orchestrer la migration des systèmes. Déjà, il est prévu de basculer d'ici la mi-décembre l'intranet, le système d'e-commerce et l'application marketing. Le déplacement de l'ERP est, lui, toujours à l'étude. Car certains de ses modules ne tournent pas sur x86. Pour la suite, la DSI pourrait très rapidement décider de basculer d'autres briques. Parmi elles figurent les serveurs de fichiers, avec à la clé d'importantes économies attendues en dépenses d'investissement et de fonctionnement, mais aussi le système de reporting. Une application qui tourne à l'heure qu'il est sous Oracle Essbase, et que Laurent Pulce pourrait décider de migrer vers AWS dès qu'il sera compatible avec les environnements virtuels d'AWS.

Le cloud : futur catalyseur de la transformation digitale

Certes, mettre en œuvre une telle feuille de route ne va pas de soi. Car même si Veolia Water Technologies est une société d'ingénierie, donc sans doute mieux à même que beaucoup d'autres à entrer dans une telle démarche, "il a quand même fallu convaincre". Au sein de la DSI, le projet a été l'opportunité de fédérer les acteurs autour d'un projet commun. Ce qui a contribué à faciliter l'accompagnement du changement des équipes IT vers la logique du cloud. "Le cloud implique en effet de s'habituer à de nouvelles politiques tarifaires, et une nouvelle organisation des équipes IT qui s'est notamment traduite chez Veolia Water Technologies par le passage au DevOps", ajoute Laurent Pulce.

"AWS nous apporte des moyens et une réactivité dont nous ne pourrions pas disposer en interne"

Le DSI de Veolia Global Enterprises insiste également sur les nouvelles compétences qu'implique cette mutation. Déployer une application dans le cloud nécessite par exemple de choisir finement les services les mieux adaptés à celle-ci, tout en provisionnant correctement une instance et en en assurant ensuite la réversibilité.

Pour la suite, Laurent Pulce ne reste pas rivé sur ses objectifs à six mois. Le DSI voit beaucoup plus loin. "Ce projet s'inscrit dans un chantier plus vaste qui est celui de la transformation digitale", souligne-t-il. "Le cloud, et AWS en particulier, nous apporte en effet des moyens et une réactivité, dont nous ne pourrions pas disposer en interne, pour créer rapidement de nouveaux services numériques et nous positionner sur de nouveaux marchés." Le DSI évoque notamment le sujet de l'Internet des objets, et celui du Big Data.

 

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