Slack : quel est son réel potentiel ?

A l'occasion de la réalisation de son étude 2016, le cabinet d'étude français Lecko a étudié la solution de collaboration temps réel. Voici ses conclusions.

Au centre de toutes les attentions depuis quelques mois sur le segment des applications en mode SaaS, Slack figure parmi les 30 solutions étudiées par Lecko dans le cadre de son étude 2016 sur les technologies collaboratives (Les Réseaux Sociaux d'Entreprise, piliers de la transformation digitale). Structuré autour de canaux de messagerie instantanée thématisés pour favoriser la collaboration temps réel, "Slack, à l'origine destiné aux développeurs, conserve une philosophie très connotée 'développement'", pointe pour commencer le cabinet qui évoque sur ce point, notamment, ses possibilités en matière de snippets ou de bot.

Une offre chère comparé aux réseaux sociaux d'entreprise

Un environnement collaboratif adapté aux petites équipes

A quel type de structure s'adresse Slack, selon Lecko ? "A des petites entreprises ou à des équipes qui veulent collaborer autour de thématiques communes par l'échange de messages et de documents", indique la société de conseil. Pour cibler au mieux cette population, Slack a bâti un modèle économique original. "Il va à l'inverse des modèles standards du SaaS qui sont, pour la plupart, dégressifs", constate Lecko. Orienté freemium, le service propose une offre d'entrée de gamme, gratuite, limitée en nombre d'intégrations et de messages archivés, auquel s'ajoutent plusieurs déclinaisons payantes (apportant un stockage étendu, des fonctionnalités d'administration, du support...).

Les prix affichés vont de 7,5 à 30 euros par utilisateur et par mois. "Des tarifs très élevés comparé à un réseau social SaaS de grande entreprise qui coûte en moyenne 3 euros par utilisateur et par mois", note Lecko qui salue la volonté de l'éditeur d'étendre prochainement sa solution avec une version Enterprise. Dotée de fonctions d'administration adaptées aux grandes organisations, elle doit être lancée courant 2016.

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Graphique tiré de l'étude 2016 de Lecko. © Lecko

Profiter de Slack impliquerait un réel effort d'appropriation

"Slack rapproche les modes de collaboration synchrone et asynchrone. Dans Slack, on ne commente pas un message comme sur un réseau social d'entreprise, on y répond au sein d'un flux conversationnel. Sachant que ce flux peut intégrer des objets tiers, tels que des fichiers", commente Arnaud Rayrole, directeur général Lecko. Si Slack est une solution packagée minimaliste et intuitive, en tirer profit nécessiterait "un réel effort d'appropriation et de réflexion autour de conventions d'usage".

Slack devra gagner la bataille de l'intégration

La start-up de San Francisco gagnera-t-elle son pari ? "Oui, si elle parvient à remporter la bataille de l'intégration. Elle pourrait alors devenir une des briques du système d'information social", répond Arnaud Rayrole. Sur ce point, Slack entend bien mettre toutes les chances de son côté. Son offre peut déjà se connecter à plus 160 outils tiers (Skype, Dropbox, Hangouts, IFTTT, Desk.com, Twitter...), des applications auxquelles peuvent s'ajouter des développements spécifiques.

Mais Slack n'est pas le seul produit à unifier ainsi communication asynchrone et synchrone. "C'est aussi le cas d'HipChat, ainsi que de la technologie française talkSpirit qui se positionne également sur ce segment de la collaboration d'équipe", note Arnaud Rayrole. "Dans la même veine, les éditeurs d'app de gestion de tâches Asana et Azendoo ont aussi complété leur offre de fonctionnalités conversationnelles, tout comme Evernote dans son app de gestion de notes, ou Microsoft dans son outil de "team collaboration" Planner. Le challenge de ces acteurs demeure de propulser leur solution en tant que HUB collaboratif en proposant suffisamment de connecteurs avec d'autres applications."

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