Cyber-espionnage : après la France, les Etats-Unis suspectent les routeurs chinois

Selon un rapport publié par la Chambre des représentants, l'utilisation des équipements réseau commercialisés par les chinois Huawei et ZTE peut poser des problèmes de sécurité nationale.

Après la France, à travers le rapport Bockel publié en juillet dernier, c'est autour des Etats-Unis de pointer du doigt les risques que pourraient prendre les entreprises à utiliser les équipements réseau commercialisés par Huawei et ZTE. Un rapport que vient de publier la Chambre des représentants présente explicitement ces équipements comme une menace sur la sécurité des systèmes critiques américains. Selon ce texte paru le 8 octobre, ces produits pourraient en effet être utilisés à des fins d'espionnage industriel. Le document a été publié suite à une enquête de 11 mois ciblant précisément ces deux sociétés.

Huawei est le deuxième équipementier réseau mondial, derrière Ericsson. Quant à ZTE, il pointe à la sixième place du marché. Huawei représentant 4% des ventes d'équipements réseau aux Etats-Unis et ZTE 2 à 3%. "Mais, on ne sait pas encore si le rapport recouvre également le domaine des terminaux mobiles, sur lequel ces deux acteurs prennent une place croissante outre-Atlantique", indique Reuters. Sur ce segment, ZTE et Huawei se hissent à la sixième et huitième place aux Etats-Unis.

Un document confirme le point de vue de la France

Les autorités américaines prennent ainsi la suite de la France, qui à travers le rapport Bockel a déjà pointé les risques à utiliser les produits de ZTE et Huawei. Sur le plan de la cyberdéfense, Jean-Marie Bockel recommande dans ce rapport l'interdiction pure et simple des routeurs cœurs de réseaux d'origine chinoise Huawei et ZTE en France. "Rien n'empêcherait, en effet, un pays producteur de ce type d'équipements d'y placer un dispositif de surveillance, d'interception, voire un système permettant d'interrompre à tout moment l'ensemble des flux de communication", note le sénateur.

Dans son rapport, Jean-Marie Bockel évoquait d'ailleurs l'enquête alors en cours aux Etats-Unis, en faisant référence à un un article du Wall Street Journal sur le sujet. "Nous sommes très inquiets par les attaques informatiques menées par le gouvernement chinois à l'encontre de nos réseaux nationaux. Notre inquiétude porte sur la possibilité pour le gouvernement chinois d'accéder par l'intermédiaire des équipements Huawei ou ZTE aux conversations téléphoniques ou aux e-mails, et qu'il puisse interrompre ou détruire les systèmes de communication", expliquait le parlementaire Dutch Ruppersberger dans cet article.

Etats-Unis / Chine