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ACTUALITÉ
Présidentielle : le Syntec Numérique entame son lobbying
Publié le 17/01/2012
Il faut plisser les yeux pour voir les différences entre les propositions du Syntec Numérique et celles qu'a faites la semaine dernière l'Afdel, association française des éditeurs de logiciels. Le président de la chambre syndicale, Guy Mamou-Mani, le reconnaît d'ailleurs volontiers. C'est aussi la raison pour laquelle il lance un appel, et invite finalement "tous les acteurs du numérique" à joindre leurs forces pour cette échéance présidentielle.
Un acteur unique face à "beaucoup de travail ?"
Guy Mamou-Mani se dit d'ailleurs éventuellement prêt à s'effacer au profit d'un autre représentant pour mener le lobbying auprès des candidats. "Un acteur unique permettrait d'être plus facilement écouté et de mieux se faire comprendre" explique le président du Syntec Numérique. "Et il faut dire qu'en la matière, il y a beaucoup de travail", poursuit-il, jugeant que la compréhension des enjeux du numérique, au sens large, de la part des conseillers et des politiques est actuellement "au niveau zéro". C'est du moins l'impression qu'il a eue après ses premiers entretiens.
"Sanctuariser" le Crédit d'Impôt Recherche
Hormis cette proposition originale de fusionner les forces, bon nombre des propositions du Syntec ressemblent, parfois au mot près, à celles de l'Afdel. Par exemple, le Syntec propose également de "sanctuariser" le Crédit d'Impôt Recherche (CIR). "Il ne faut pas toucher à cette niche fiscale", insiste le président du Syntec Numérique qui demande également à ce que ce crédit d'impôt, dont les règles ont été modifiées plusieurs fois en quelques années, soit "stabilisé" et "pérennisé sur une durée minimum de 5 ans". Toujours afin de permettre aux bénéficiaires, et notamment les PME, d'avoir une meilleure visibilité, l'assiette du CIR devrait également être "élargie". "Les dépenses éligibles au Crédit Impôt Recherche doivent intégrer les différentes étapes de la R&D jusqu'au lancement du produit", préconise le Syntec Numérique.
Un crédit pour le numérique dans les PME
Autre proposition pour les PME : la mise en place d'un "crédit numérique PME" pour accompagner leur investissement dans le numérique, qu'il s'agisse de développer un site internet ou de déployer un outil de CRM. "La réindustrialisation et la compétitivité de la France passe par là", explique Guy Mamou-Mani. Ce dernier s'étonne de constater que "l'Hexagone est dans le trio de tête au niveau européen sur les infrastructures, mais dans le bas du classement concernant les usages du numérique".
Des "formations numériques pour tous"
Pour doper la croissance du secteur numérique, le Syntec Numérique et ses membres souhaiteraient aussi voir se développer "des filières de formation numérique pour tous" qui permettraient de rencontrer "moins de problèmes" lors des recrutements. "Dans le secteur du numérique, nous rencontrons trop souvent des déficits de ressources, qui grèvent la croissance. C'est incroyable compte tenu du nombre de chômeurs en France", fait remarquer le président du Syntec Numérique.
Un accès aux aides plus simple
"Le cap des 10 millions d'euros de chiffres d'affaires est très difficile à franchir pour les entreprises du numérique en France. Ce n'est pas la création de start up qui se porte mal dans notre payy", souligne Guy Mamou-Mani. Selon lui, simplifier l'accès aux aides et financements devrait faciliter l'évolution des PME vers des entreprises de taille intermédiaire. C'est pourquoi la fédération propose de simplifier l'accès aux dispositifs existants via un "réseau unique de l'innovation". Le Syntec Numérique promeut, par exemple, l'idée d'un portail centralisé d'accès aux aides FSI, Oséo etc. Une proposition très similaire a été celle formulée par l'Afdel la semaine dernière. RSE : récompenser les bonnes pratiques
Autre levier que le Syntec Numérique aimerait voir actionner pour stimuler la croissance des entreprises du numérique : la mise en place d'un système de bonus/malus qui viendrait récompenser les bonnes pratiques en matière de responsabilité sociale des entreprises. Le président du Syntec Numérique estime "exemplaires" le recrutement des jeunes et l'intégration de la diversité notamment, dans le secteur. "Nous n'accordons pas d'importance à l'origine des postulants mais seulement à leurs compétences dont nous manquons parfois cruellement", fait-il valoir, expliquant que c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il est opposé à la circulaire Guéant.
Revoir l'ensemble du cadre juridique en fonction du numérique
Au-delà de la croissance et de l'emploi, la fédération veut également mieux associer le numérique à la transformation de la société française. Le déploiement de l'e-éducation doit être "accéléré", et le cadre du travail "adapté" au nomadisme numérique. "Le télétravail est parfois trop difficile à encadrer, il faut l'assouplir et revoir l'ensemble du cadre juridique en fonction du numérique. Comment expliquer aussi aujourd'hui que la télémédecine ne soit pas mieux remboursée ?", s'interroge le président de la fédération. Le Syntec Numérique souhaiterait également que les services numériques à domicile, comme la domotique, soient "étendus", notamment pour les personnes âgées, afin de "réduire la fracture numérique. "
C'est donc aussi l'Etat qui devrait, selon la chambre syndicale, mieux se moderniser via le numérique. Le Syntec Numérique salue ainsi la nomination d'un DSI de l'Etat français en février dernier, et souhaiterait que cette "DISIC" soit renforcée. Les impôts en ligne sont également un exemple à suivre. "E-santé, e-administration, cette numérisation pourrait s'étendre à bien d'autres services, pour mieux détecter la fraude fiscale ou mieux encadrer notre patrimione... Il y a d'énormes économies possibles à la clé, il manque juste la volonté politique", conclut Guy Mamou Mani. Autour du même sujet
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