Priscille Giani (Hureca) "En SEO, le manque de formation complique le recrutement"

Rémunérations, profils recherchés, parcours... L'agence Hureca, spécialisée dans le Web et le référencement naturel, évoque les particularités d'un secteur qui prend du poids.

JDN Solutions. Hureca est un cabinet de recrutement notamment spécialisé dans le domaine du SEO. Comment recrutez-vous ?

Priscille Giani. L'une des problématiques de ce domaine, c'est qu'il y a vraiment peu de formations dédiées au niveau universitaire. Certaines écoles ou IUT s'y mettent, mais il s'agit le plus souvent de modules ou d'options, d'initiation d'à peine quelques heures. Il existe aussi des initiatives privées. L'association SEO Camp, à laquelle j'appartiens, a regroupé toutes les formations SEO au sein d'un annuaire.

 

D'autres formations intégrant le référencement naturel devraient cependant voir le jour. Free, Meetic et vente-privée.com vont par exemple ouvrir à la rentrée prochaine une école formant à divers métiers du Web. Mais actuellement, le manque de formation complique le recrutement.

 

Par ailleurs, Il y a quelques années, la vingtaine de vrais experts SEO, les "gourous" du référencement en France était bien connus, puis, d'un coup, il y a eu une hausse spectaculaire du nombre de personnes se prétendant experts.

 

C'est le cas de certains de nos candidats. Or, parfois, ils ne sont pas à la hauteur, et ne donnent pas satisfaction à leur employeur. Nous avons à l'agence suivi des formations, auprès de Philippe Yonnet notamment, pour pouvoir mieux sonder les aptitudes techniques des candidats.

 

"Comme il n'y pas de vraies formations, beaucoup apprennent sur le terrain"

Lors des entretiens, nous allons par exemple leur poser des questions sur les redirections, les erreurs 303 ou 404. Nous pouvons leur demander quelle est la densité idéale des mots clefs, qu'est ce que le cloacking, ou même qui est Matt Cutts.

 

Les profils issus d'école de commerce doivent également connaître les business models possibles pour les sites... Nous les questionnons aussi pour savoir s'ils suivent régulièrement les sites et blogs de références.

 

Quels sont les profils que vous recrutez et à quel salaire peuvent-ils prétendre dans le SEO ?

Je distinguerais plusieurs profils assez différents dans le SEO. Le développeur, d'une formation d'ingénieur, saura écrire un code pour optimiser le référencement d'un site. Ensuite des référenceurs peuvent aussi lire et comprendre le code sans vraiment pouvoir l'écrire. Ils peuvent aussi se charger de l'édito, des balises h1, h2 etc, ou du netlinking. Enfin, il y a un profil qui ne sait pas lire le code et qui se concentre plus sur l'éditorial, le netlinking ou encore le SMO. 

 

Comme il n'y pas de vraies formations, beaucoup apprennent sur le terrain. Souvent, les agences web recrutent des jeunes diplômés d'école de commerce, mais pour ensuite les former en interne au référencement. Puis au bout de deux ou trois ans, ils pourront ensuite partir chez l'un de leurs clients.

 

Depuis quelques temps, je remarque aussi des profils plus techniques de développeurs qui sont autodidactes sur le SEO. Ils peuvent fortement intéresser des sites internet à fort trafic, car ils seront à même d'auditer le site d'un point de vue technique, ce qui peut être très utile pour optimiser son référencement. Mais ils sont en général plus chers.

 

Pour un chef de projet SEO, jeune diplômé d'une école de commerce par exemple, la fourchette se situe entre 28 à 33 000 euros annuels. Ceux qui bénéficient déjà de 2 ou 3 ans d'expérience peuvent prétendre à un salaire compris entre 35 et 40 000 euros. Les experts peuvent dépasser les 45 000 euros.

 

La mise à jour Panda a-t-elle entraîné une hausse des demandes pour les profils maîtrisant le SEO ?

La communauté des référenceurs en parle beaucoup, mais nos clients annonceurs n'ont pas vraiment réagi. La plupart d'entre eux travaillent avec une agence et s'appuient donc sur leur expertise. D'autres sont tout simplement attentistes.

 

 

Priscille Giani est directrice France du cabinet de recrutement Hureca. Après une expérience aux RH au sein d'une SSII de 1998 à 2003, Priscille Giani a fondé Hureca à Montréal en 2003 avec Jean-Benoit Richard. Elle a ensuite ouvert le premier bureau français d'Hureca à Paris en mars 2004 sur le recrutement de profils IT (développeur, chef de projet, etc...). L'activité a ensuite évolué vers les profils de commerciaux, directeur conseil / de clientèle, chef de projet SEO / SEM puis trafic manager. Hureca a ouvert son 2eme bureau français à Lille en 2008, puis à Nantes fin 2010. la BU Webmarketing a été crée à Montréal début 2011. L'activité se poursuit maintenant sur le recrutement lié aux métiers du web et ecommerce.

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