De la lumière au bout du tunnel, pour le secteur informatique en France

Le palmarès mondial de la compétitivité dans l'industrie informatique, réalisée pour la troisième année consécutive par l'Economist Intelligence Unit, classe la France à la dix-septième position, en progrès de trois places par rapport à l'an dernier.

Ces dix-huit derniers mois ont été une période difficile pour l'économie. L'effondrement du système financier mondial, naguère en plein essor, a eu des conséquences dévastatrices. Les entreprises ont réduit la voilure, provoquant un recul des investissements et une progression sensible du chômage, tandis que les particuliers freinaient leurs dépenses de consommation.

Cependant, en temps d'incertitude, les technologies de l'information peuvent contribuer à accélérer la reprise et devenir un facteur de croissance économique persistante. Sans être entièrement à l'abri des crises, le secteur de l'informatique offre les gains d'efficience et de productivité instamment réclamés aux autres segments de l'économie.

D'après une étude récente, la France se classe dix-septième avec un score total de 59,2 sur un maximum possible de 100 points, au palmarès mondial de la compétitivité dans l'industrie informatique. Cette enquête réalisée par l'Economist Intelligence Unit examine et compare soixante-six pays pour déterminer à quel point ils sont favorables à un secteur informatique compétitif.

Les auteurs de l'étude ont noté les performances de chacun de ces pays au regard de six facteurs fondamentaux de la compétitivité dans le secteur informatique : qualité des infrastructures technologiques locales, disponibilité et qualité du personnel informatique, environnement d'innovation, régime juridique et environnement général des affaires, soutien des pouvoirs publics à la croissance du secteur informatique.

L'étude révèle que la France se classe relativement bien sur les terrains du climat général des affaires, de l'environnement législatif, de l'infrastructure IT et du soutien au secteur informatique. Il lui reste des progrès à faire en ce qui concerne les ressources humaines et la R&D. Elle arrive loin derrière d'autres pays européens comme la Finlande, la Suède, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, le Danemark et la Norvège, qui figurent tous dans les dix premières places du classement général ; elle précède en revanche l'Allemagne, l'Italie ou l'Espagne, tous trois présents parmi les 25 premiers du classement, de même que tous les pays d'Europe de l'Est.

Les résultats obtenus par la France dans cette étude devraient être considérés comme un fil conducteur pour sa politique technologique dans l'immédiat et à long terme ; ils montrent dans quels domaines les pouvoirs publics devraient agir afin de mettre le secteur informatique au service de l'économie et de la croissance.

L'étude contient aussi une mise en garde relative aux pulsions protectionnistes apparues dans les politiques technologiques à la suite de la crise économique. À terme, les entraves aux échanges internationaux, les obligations d'"acheter local", l'alourdissement de la fiscalité des implantations étrangères, les aides aux entreprises nationales en péril nuiront aux perspectives de compétitivité des pays concernés au lieu de les renforcer.

Les pouvoirs publics doivent privilégier les aides favorisant l'investissement et la croissance de l'industrie par rapport aux pratiques commerciales déloyales, susceptibles de porter atteinte à la compétitivité. En fin de compte, les décideurs ne doivent jamais perdre de vue les fondamentaux de la croissance à long terme dans le secteur informatique.

La panique qui a accompagné la crise financière mondiale commence à s'apaiser, mais quels enseignements en aurons-nous tirés ?

La technologie joue un rôle crucial, non seulement parce qu'elle facilite notre vie, nos contacts et nos divertissements, mais aussi parce qu'elle pourrait nous aider à prévenir la prochaine crise. Le secteur informatique est le moteur de la productivité et de l'innovation dans toutes les industries et tous les secteurs de l'économie, il aide les entreprises de toute taille à mieux réussir par beau temps comme dans les moments difficiles.

S'il est appuyé par des politiques habiles et réfléchies, le secteur français des technologies de l'information nous permettra de traverser les phases d'incertitude et de conserver notre place à la table d'une économie mondiale en réseau très concurrentielle.

L'étude Resilience amid turmoil: Benchmarking IT industry competitiveness 2009 de l'Economist Intelligence Unit peut être consultée (en anglais) sur le site www.bsa.org/globalindex.

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