La fin de l’ERP : pourquoi le rachat de NetSuite par Oracle n’y fera rien

Oracle a fait l’acquisition cet été de NetSuite. Il s’agit du plus gros rachat de son histoire. Pourtant, le marché et les observateurs ont à peine réagi. Pourquoi ? Parce que l’ERP est sur le déclin.

C’est difficile d’y croire mais il n’y a pas si longtemps, l’ERP était tendance. Dans les années 90 – avec le bug de l’an 2000 à l’horizon – les sociétés ont remplacé leur système de back-office par les nouvelles suites d’enterprise resource planning (ERP) ou progiciel de gestion intégrée, dont l’objectif était de créer une sorte de solution unique pour gérer la paie, la facturation, les RH, la logistique, la supply chain, le Grand livre comptable et bien d’autres choses encore. Oracle s’est d’ailleurs fait une fortune dans la vente de base de données.

Sur le principe, l’ERP est très attirant : regroupez tout ce qui passe par un traitement informatique et obtenez une vue intégrale des opérations de votre entreprise… Pendant 10 ans, ça plaisait à tout le monde malgré un coût élevé puisque les entreprises avaient des processus de transaction assez simples. Mais les fondations sur lesquelles reposait l’ERP sont en train de s’effondrer. A l’ère de l’économie de l’abonnement – où les services sont à la demande, au rythme que l’on choisit – le modèle ERP est de moins en moins adéquat.

Aujourd’hui, plus d’une décennie après l’âge d’Or de l’ERP, les entreprises doivent faire face à un nouveau challenge : adapter leurs systèmes à une nouvelle économie où la flexibilité est essentiel pour faire face à la concurrence, et où les clients ont beaucoup plus tendance à s’abonner qu’à acheter. L’ERP était parfait pour gérer un inventaire mais aujourd’hui les entreprises veulent reposer leurs offres sur le service continu et non plus sur un produit seul.

A une plus grande échelle, toute cette catégorie de logiciel est en train de devenir obsolète. Le système de modèle unique d’ERP signifie que tout est facturé à Oracle, et que rien n’est vraiment bien fait. Les entreprises engagées avec ces ERP excessivement chers, arrivent difficilement à innover, freinées par ce manque de réactivité nécessaire à la création de nouveaux modèles économiques. Du service client au calcul des frais, en passant par les prévisions et la facturation, de plus en plus d’entreprises ont recours à des fournisseurs de Saas “plug and play” qui mettent toute leur énergie à effectuer une seule fonction, parfaitement.

Concur se concentre sur les frais de voyage et rien d’autre. Salesforce est synonyme de gestion de la relation client. Avisio se sert des technologies du machine learning pour les prévisions commerciales. Zuora, ne vit que pour l’économie de l’abonnement : facturation, commercialisation et gestion financière. Toutes ces solutions SaaS sont beaucoup plus agiles et efficaces pour gérer le cycle de vie de cette nouvelle économie. C’est d’ailleurs comme ça que l’Alliance rebelle est venue à bout de l’Etoile de la mort…

Une fois de plus, un rachat par Oracle s’avère être la fin de l’innovation pour une entreprise. Eloqua, PeopleSoft, Siebel Systems… on peut désormais ajouter NetSuite à la liste des victimes. Au final, cela illustre parfaitement la descente en enfer sur laquelle se trouve l’économie du traditionnel ERP.  Associer Oracle et NetSuite, c’est la fin à toute innovation vers la nouvelle économie basée sur les revenus récurrents.

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