Le SEO à l’ère de la recherche vocale

La recherche vocale est en plein boom, notamment aux USA. Concrètement, qu’est-ce que cette façon de formuler des requêtes va changer pour le SEO ? Le point.

C’est l’une des conséquences directes du boom des usages mobiles : les mobinautes ne tapent plus leurs requêtes, ils les expriment à haute voix ! En effet, près de 20 % des requêtes sur Google formulées sur un smartphone sont désormais dictées. 


Aujourd’hui, la recherchevocale touche une grande variété de demandes – aide aux devoirs, météo, horaires pour le cinéma du coin, itinéraires routiers. Demain, on pourra acheter des billets d’avion et chercher un appartement par ce biais. Tout ça, c’est très bien ; mais concrètement, ça va changer quoi pour le SEO ?

Le temps des vocalises web est arrivé

Une enquête publiée par Google sur le sujet, menée en 2014, réservait des surprises : on y apprenait qu’un Américain sur quatre papotait avec son téléphone mobile et qu’un adolescent sur deux affirmait utiliser la recherche vocale au quotidien. On peut volontiers imaginer que ces chiffres ont grandement évolué depuis, au gré des progrès réalisés par les interfaces des smartphones et des tablettes.

D’ailleurs, ces résultats ne sont pas si surprenants, quand on y réfléchit bien : on sait les ados friands de leur mobile, on a tous déjà piqué une méchante colère à cause d’un clavier virtuel aux touches minuscules qui n’écrit jamais ce qu’on veut, et enfin, on a pu constater le succès des outils comme Google Search, Siri ou Cortana aux États-Unis – des outils prophètes en leur pays.

Et nul doute que l’IoT, en perpétuelle évolution, devrait encore accentuer ce besoin de parler plutôt que d’écrire. On discutera bientôt avec sa montre, avec ses lunettes, avec son frigo et avec son grille-pain – qui feront tous fi du bon vieux clavier. D’ores et déjà, la recherche vocale s’avère extrêmement pratique pour des activités qui nécessitent l’usage des deux mains, comme le bricolage, le jardinage, le sport ou encore la cuisine.

Quand le SEO donne de la voix

Mais revenons à nos moutons : et pour le SEO, quelles conséquences ? La première constatation s’apparente à une évidence, mais elle recouvre aussi l’essentiel de la problématique : la recherche vocale est différente de la recherche textuelle. Ou, pour être plus précis encore : on ne cherche pas exactement la même chose avec la voix qu’avec le clavier. Ce qui implique que les requêtes seront exprimées autrement et que nos pages web vont devoir composer avec de nouveaux critères.

Pour les référenceurs, rien d’indépassable : ils savent que l’objet de leur métier est une science expérimentale plutôt qu’un art (comme le prouve cette étude SEO) et qu’en conséquence, il évolue jour après jour. L’adaptabilité est un point que les spécialistes du secteur ont en commun.

On vous livre 5 conséquences concrètes de la recherche vocale sur le SEO dans un avenir proche :

1. Des requêtes formulées dans un langage plus naturel

Via la recherche vocale, l’internaute est amené à formuler de vraies phrases plutôt que de faire se succéder des mots-clés dans un ordre pas toujours bien logique. Langage plus naturel, syntaxe correcte – les listes de mots-clés populaires travaillés par les référenceurs risquent bien de changer du tout au tout !

Par exemple, on ne tapera plus « chaussures hiver Paris » mais on dira plutôt « où acheter des chaussures d’hiver à Paris ? ».

On n’écrira plus « meilleure agence SEO » mais on dictera la question « quelle est la meilleure agence SEO en activité ? », avec des possibilités de variantes (« quelle agence SEO pour ma stratégie globale digitale ? »).

En substance, le SEO devra moins se focaliser sur le mot-clé lui-même, et plus sur la compréhension de l’intention qui se cache derrière la requête.

2. Des mots-clés longue traîne plus fréquents

Avec cette tendance à parler plutôt qu’à taper, les requêtes vont s’allonger. On l’a vu dans les exemples indiqués plus haut : le fait de formuler une question complète va profondément modifier la façon de travailler les mots-clés.

Il faut avouer que ce n’est pas une nouveauté : la longue traîner est une tendance qui pointe depuis pas mal de temps. Au fil des années, le nombre moyen de mots dans les requêtes s’allonge comme le nez de Pinocchio – pour des raisons nombreuses, qui vont d’une concurrence accrue sur les mots-clés génériques à des algorithmes Google toujours plus précis. Mais la recherche vocale va clairement pousser dans cette direction.

3. Une meilleure orthographe

Si vous êtes un expert du SEO, vous en avez sans doute assez de devoir prendre en compte toutes les formulations erronés au moment de travailler un mot-clé – « agance SEO », « agense SEO », « agence référanssement naturelle », on en passe et des meilleures – afin de garantir que la page sera trouvée par l’internaute peu préoccupé par la beauté de la langue française.

La recherche vocale a au moins cette vertu qu’elle met (presque) fin au problème : les requêtes étant corrigées directement par l’outil, cela limite le risque de fautes, notamment en ce qui concerne les accents et les tirets. Le SEO pourra se concentrer sur un mot-clé écrit correctement. Et l’Académie française sera toute joie.

Ce ne sera pas la fin des coquilles, néanmoins : il suffira d’une requête mal comprise pour que l’interface génère elle-même des erreurs. Personne n’est parfait, pas même le logiciel informatique.

4. Des recherches qui passent essentiellement par le mobile

Là encore, c’est peut-être une évidence, mais la recherche vocale concerne essentiellement les usages mobiles. Avant tout parce que les interfaces en question sont intégrées aux systèmes d’exploitation des smartphones et des tablettes, et encore peu à ceux des ordinateurs. De fait, communiquer avec son interface pendant qu’on fait la cuisine ou de la gym reste une démarche plus logique quand elle est adressée à un smartphone.

Autant dire que le mobile friendly évangélisé par Google n’est plus une option : plus de recherche vocale depuis des terminaux mobiles, c’est donc plus d’internautes qui veulent obtenir des résultats sur leur écran portatif. Demain, si vous avez encore un site non responsive, Google vous boudera pour de bon.

5. Des recherches en grande partie locales

Dernière conséquence concrète de la recherche vocale : celle-ci concernera en grande partie des requêtes localisées. C’est déjà le cas. Et c’est logique, puisque la dictée au téléphone se fait majoritairement dans des situations de mobilité, et que ces situations amènent logiquement à rechercher des prestations locales. Typiquement : vous sortez du métro et vous cherchez ce bar où a été fixé le rendez-vous ; hop, téléphone ; hop, « où se trouve le bar Celone à Paris ? » ; et la réponse arrive de suite.

Aujourd’hui, un tiers des recherches effectuées sur un téléphone mobile se concluent par une visite en boutique. Imaginez le potentiel SEO d’un mot-clé travaillé en local avec la recherche vocale en tête… Les directions marketing sont déjà en train de s’emparer de ce potentiel (à lire ici) !

Et si le sacro-saint mot-clé avait vécu ?

Qui sait ? Peut-être le développement de la recherche vocale est-il en train de signer l’arrêt de mort du mot-clé, cette base absolue et inébranlable de toute stratégie SEO qui se respecte. Pour certains, le seul fait d’avoir écrit cette phrase serait un crime de lèse-majesté. Mais enfin, il faut le reconnaître : les référenceurs se sont souvent focalisés sur la question du mot-clé, en raison même du fonctionnement de Google, et parfois au détriment du langage naturel.

La recherche vocale pourrait renverser cet état de fait. Sadya Natella, le CEO de Microsoft, n’est pas loin d’affirmer la même chose quand il explique que « l’interface utilisateur de demain sera le langage humain ».

Pour le SEO, ce sera une opportunité en or : celle de travailler des mots-clés tirés du langage naturel, celle de produire des contenus plus en phase avec des requêtes qui se voudront uniques, constamment originales. Celle, aussi, de prendre mieux en compte les besoins réels des internautes. La base du SEO, en somme.

Microsoft / Etats-Unis

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