Les systèmes historiques des entreprises sont-ils un frein à l’innovation ?

Dans un contexte IT en pleine évolution, les systèmes historiques vieillissent et impactent la productivité des entreprises. Il est temps de moderniser les systèmes en limitant risques et coûts.

Dans de nombreux secteurs d’activité, comme la banque, les assurances ou l’administration publique, les processus métier sont informatisés depuis plusieurs décennies. Au cours des 50 dernières années, aucun secteur d’activité n’a été épargné par le besoin d’efficacité, devenu dépendance aux applications métier développées pour les besoins de sa génération. Mais depuis l’essor d’Internet, les processus métier internes à l’origine de l’innovation technologique suscitent moins de demande. Non seulement les générations de fournisseurs IT ont perdu en dynamisme avec le temps, mais surtout, les consommateurs ont rajeuni, et ce changement de génération s’accompagne de nouvelles attentes en termes de prestations de services, suscitées par l’ubiquité d’Internet et ses modes d’interaction très directs. Les consommateurs des générations X/Y et les millennials se détachent de plus en plus des institutions de services financiers, ne voyant pas pourquoi ils auraient besoin d’un système organisé en succursales et distributeurs automatiques. Dans le monde d’Apple Pay et de Google wallet, qui a besoin d’une agence bancaire et d’utiliser des espèces sonnantes et trébuchantes ? Est-ce que l’industrie des assurances pense qu’elle vendra des contrats, souvent opaques, aux jeunes générations comme elle le faisait avec les acquéreurs des 50 dernières années ? Comment pourrait-elle le penser ?! Les habitudes de consommation de la génération actuelle n’ont pas grand-chose à voir avec celles des Baby Boomers.

Pourtant, de nombreuses entreprises pérennisent des processus métier et des applications IT ancestraux et se dotent d’une infrastructure calquée sur les besoins des générations précédentes. Les systèmes historiques répondent aux besoins essentiels, comme c’est le cas depuis plusieurs décennies, mais leur utilisation prolongée a un fort impact, et pas uniquement de coûts toujours croissants. En effet, ils apparaissent très souvent bien plus onéreux que les environnements modernes aux coûts plus abordables. Mais, les systèmes historiques vieillissants posent un problème qui s’amplifie au fil des ans. C’est un problème que l’on peut facilement ignorer quand les systèmes fonctionnent, que les développeurs continuent de travailler et que les clients pour qui les systèmes ont été conçus sont toujours présents. Mais que se passe-t-il quand les systèmes commencent à défaillir, que les développeurs partent pour la retraite et que, en parallèle, de nouveaux profils d’acheteurs deviennent votre principale clientèle, courtisée par une concurrence sans fardeau du passé ?

Bien entendu, il existe des risques et des coûts à la modernisation des systèmes historiques datant de plusieurs dizaines d’années, qui correspondent aux modèles économiques du passé. Mais les risques et les coûts de mutation ne s’évanouiront, de toute façon, pas avec le temps. La modernisation s’inscrit dans la durée. Si une entreprise peut amorcer le processus, sans nécessairement devoir remplacer INTEGRALEMENT le système préexistant, alors elle découpera ce problème majeur en plusieurs portions gérables. Quand, par immobilisme, l’IT se muera en un centre de coûts trop important et trop peu flexible pour se moderniser, être agile et réactif, alors la perte de compétitivité massive et irréversible du métier ne sera pas loin. Les changements de génération ne se font pas en un jour. Les entreprises doivent aligner leurs processus métier sur les profils socio-économiques et les capacités financières des jeunes générations tout en continuant de gérer professionnellement les processus fondamentaux qui sont leur épine dorsale depuis des dizaines d’années.

Certes, il existe des scénarios où il est légitime d’opter pour l’externalisation IT en tant que solution. Mais, cette solution à court terme peut devenir un problème durable. Quand le partenaire d’externalisation, dont le but premier reste de développer ses affaires, a le choix entre améliorer ses chiffres par le statu quo ou rénover vos systèmes historiques, son choix instinctif est évident. De plus, la délégation de l’administration des systèmes pendant plusieurs années est synonyme de pertes de compétences pour leur propriétaire par rapport à son prestataire qui en prend le contrôle. Qui devient alors maître à bord ? Les décisions d’évolution deviennent alors plus risquées, subjectives et radicales par manque de connaissances. Certes, cela pose également un problème et génère des risques informatiques directs, mais les répercussions néfastes et indirectes sur les affaires sont également indéniables. Enfin, les professionnels de l’externalisation ne sont pas non plus immunisés contre les difficultés croissantes de maintenance des systèmes historiques; la différence est qu’ils retirent des bénéfices additionnels à mesure que les risques augmentent. Les clients sont alors leurrés par un faux sentiment de sécurité.

Le monde qui a vu naître ces systèmes historiques est très différent du monde dans lequel nous vivons et travaillons aujourd’hui. Les entreprises ne peuvent donc pas se paralyser dans cette dépendance, avec le cœur de leur environnement informatique qui demeure immuable pendant que d’autres applications qui en dépendent sont en constante et rapide évolution. En misant sur une réduction des dépenses d’infrastructure, basée sur une migration en totale transparence vers le cloud, nouvelle base d’exécution des processus historiques, transformés et modernisés, une abondante capacité d’innovation sera dégagée. Elle permettra de se préparer à la prochaine vague de disruption de l’industrie. Les anciennes API sont remplacées par de nouvelles, le matériel utilisé est universellement compatible et les ressources stratégiques des entreprises deviennent accessibles (et gérables) depuis partout dans le monde, dès lors qu’elles sont déployées dans le cloud. Ainsi, il devient possible de moderniser les applications historiques étape par étape, et par là même de réduire les coûts, mais surtout de faire passer le statut de l’informatique d’un centre de coûts au statut de vecteur d’innovation.

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