La DSI a besoin de codeurs mais aussi de leaders : l’importance des soft skills

Les professionnels de l’IT ont tendance à voir leurs compétences humaines et communicationnelles reléguées au second plan, loin derrière leurs compétences en informatique.

L’actif le plus d’important d’une société, ce sont ses collaborateurs. Ce n'est plus une hypothèse, c'est un fait : selon un rapport d'analyse économique de 2014 conduit par Korn Ferry, le capital humain vaut 2,33 fois plus que le capital physique qui inclut les biens matériels et les technologies. En effet, contrairement à un gratte-ciel ou à un ordinateur, la valeur productive d'une personne s’apprécie au fil du temps. Au fur et à mesure que les travailleurs gagnent en expérience professionnelle et relationnelle, ils apprennent des leçons de vie inestimables et en retirent une expérience qui leur permet d’améliorer la qualité de leur travail.

Cultiver les soft skills – qui recoupent compétences humaines et relationnelles – est un processus continu et qui n’arrive pas par accident. Il est tout à fait possible qu'un professionnel de l'informatique puisse passer de nombreuses années sans recevoir une formation en soft skills - de fait, ils ne comprennent souvent pas l'importance de ces compétences jusqu'à ce qu'ils en aient besoin. Pour les développeurs, le manque de soft skills peut  les empêcher de faire évoluer leur carrière. Ils sont susceptibles de tomber de haut lorsqu'ils se trouvent  dans des situations qui font ressortir ce manque.

Par exemple, il est courant que les développeurs identifiés comme « experts produits » soient inclus dans des réunions clients afin de partager leurs connaissances sur les produits. Ils doivent écouter les clients et comprendre leurs besoins. Les développeurs sont les plus compétents lorsqu’il s’agit de sujets technologiques, mais quand il s'agit d'interagir avec le client, la situation devient plus compliquée car ils ne sont pas préparés. Comment peut-on les y aider ?

Apprendre à écouter

L'écoute est une compétence acquise qui n’a rien d’évident. Les développeurs qui passent la plupart de leur temps à travailler seuls, en tête à tête avec leur code, n'ont pas autant d'occasions de pratiquer et de développer cette compétence que d’autres professionnels.

Avoir une bonne écoute  est essentiel pour les développeurs que ce soit pour collaborer avec leurs collègues ou avec les clients.

Stephen Covey, auteur du livre Les 7 Habitudes des gens qui réussissent, résume parfaitement la situation : « Le plus gros problème communicationnel est que nous n’écoutons pas pour comprendre. Nous écoutons pour répondre. » Or écouter pour comprendre est la vraie compétence qu’il est nécessaire d’acquérir. Ce qui veut dire qu’il faut être capable d’oublier son propre agenda et de focaliser son attention sur ce que l’autre a à dire. Cette prise de conscience passe par l’intelligence émotionnelle, une formation et de l’entrainement sont nécessaires pour établir de nouvelles habitudes d’écoute plus efficaces.

Les développeurs qui savent réellement écouter sont plus à même de comprendre les besoins clients, identifier des idées innovantes, collaborer et même négocier en interne ou en externe plus efficacement.

Communiquer efficacement

Un développeur doté de solides compétences en communication est un oiseau rare très convoité par les responsables informatiques. Les bons communicants savent comment ajuster leur langage afin de correspondre à leur public, par exemple en mettant de côté leur jargon lorsqu'ils parlent avec une personne peu versée dans l’aspect technique. Ils lisent le langage corporel et les indices verbaux pour évaluer la compréhension par leurs interlocuteurs de ce qu'ils disent, et cela leur permet de clarifier lorsqu’il y a confusion ou désaccord. Ils utilisent des questions comme moyen de résoudre les problèmes, de comprendre l’autre et de renforcer les relations interpersonnelles.

Les compétences en communication s'étendent également à l'écriture, qu'il s'agisse de savoir comment envoyer un courrier électronique commercial succinct, de rédiger des exigences claires ou d'élaborer un guide pédagogique pour expliquer de nouvelles fonctionnalités.

Prendre la parole en public

Que se passe-t-il lorsqu'un développeur est invité à présenter un webinaire sur la dernière version d'un produit ? Ou lorsqu’on lui demande de donner un aperçu des progrès de son équipe lors de la réunion trimestrielle de l'entreprise ? C'est énormément de pression et de stress, surtout pour un collaborateur qui n’est pas formé pour cela.

Le National Institute of Mental Health britannique a récemment estimé que 74% des personnes souffrent d'anxiété lors des prises de parole en public. Une bonne part de cette anxiété provient du manque de formation et de pratique.

Les professionnels de l'informatique les plus connus peuvent parler de leur travail tout en étant à l’aise, avec charisme et de façon compréhensible par tous. Ils sont formés pour surmonter leur anxiété en maintenant une bonne posture, un contact visuel avec leurs interlocuteurs et une articulation claire. Leur capacité à présenter du contenu technique à un public est extrêmement utile. Ils sont alors capables de prendre la parole lors des réunions du conseil d’administration et de conférences par exemple.

Investir dans les collaborateurs

Les recruteurs recherchent le mouton à cinq pattes, avec les compétences collant parfaitement à leurs besoins pour correspondre aux exigences du poste. Ces candidats n’existent pas, mais de bons candidats, oui ; avec la bonne formation, les collaborateurs peuvent acquérir les compétences nécessaires pour cocher toutes les cases.

La prochaine génération de leaders dans le domaine des nouvelles technologies ne pourra pas émerger sans un certain niveau de compétences techniques (hard skills) et humaines et relationnelles (soft skills). Si les entreprises sont disposées à investir des millions d’euros en actifs matériels, elles doivent également investir dans leur capital humain pour maximiser leur ROI.

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