Alexandre Bilger (Sinequa) "Notre moteur a été jugé 10 fois plus rapide que la concurrence"

Le spécialiste en moteur de recherche pour entreprises a faim de développement et renforce sa présence en Allemagne. Il compte accroître de 30% ses effectifs.

JDNSolutions. Vous annoncez avoir signé des contrats de plusieurs million d'euros en 2010 . De quels projets s'agit-il ?

Alexandre Bilger. Il est seulement possible d'évoquer celui signé avec le Crédit Agricole, dans le cadre de NICE, son vaste projet de refonte du système d'information et de ses postes de travail. C'est un projet de 450 millions d'euros, et nécessitant 1000 jours-hommes. Pour le moteur, 100 jours-homme seront requis.

Des dizaines de milliers d'employés vont utiliser un système basé sur Sinequa pour avoir un accès complet et instantané à des milliards de données, y compris les informations critiques des clients du Crédit Agricole. Le périmètre couvre 8 milliards de transactions de clients par an, plus de 2,6 milliard de contrats et de documents gérées dans ses systèmes ECM, et 600 millions d'e-mails par an.

Le moteur utilisera des données issues de nombreux progiciels signés IBM, Adobe ou Software AG. Le mainframe et des milliards d'opérations bancaires seront indexés en temps réel. Il s'agit du plus grand projet search communiqué en Europe. C'est la rapidité de notre moteur, 10 fois supérieure à celle de notre concurrent, qui nous a permis de remporter l'appel d'offres.


Quelle est la feuille de route de Sinequa en termes d'avancées fonctionnelles ?

Les évolutions du moteur lui permettent désormais de mieux adresser les grandes structures, en reposant désormais sur des architectures de type Cloud afin de mieux gérer des centaines de serveurs et plusieurs centaines de milliers d'utilisateurs.

"L'objectif est d'accroître le chiffre d'affaires à l'international de 50% cette année"

La version 7, déjà sortie, simplifie la gestion unifiée de dizaines de serveur avec un système d'architecture GRID 64 Bits, qui optimise l'allocation des ressources matérielles. La version 8 ira plus loin dans ce sens.

Enfin, cette version 8 supportera Linux et Windows, les autres OS précédemment supportés n'ayant pas été demandés par nos clients et prospects. Cependant, cela nous différencie toout de même encore de certains de nos concurrents qui ont arrêté de supporter Linux.


Par ailleurs, la solution dispose désormais de 100 connecteurs incluant toutes les mises à jour de solutions comme Sharepoint. Deux ou trois connecteurs sont ajoutés par mois. Nous proposons tous les connecteurs pour les mails, la GED ou l'archivage. Nous nous tournons aujourd'hui désormais vers les réseaux sociaux d'entreprise ou vers les solutions web de Salesforce ou Google. Les connecteurs aux solutions de BI, comme Business Object ou Microstrategy, font également partie de la feuille de route.

 

Comment comptez-vous vous développer ?

Avec l'apparition de projets plus ambitieux comme celui du Crédit Agricole, et pour atteindre nos objectifs de 2011, nous allons devoir étoffer notre effectif qui devrait passer cette année de 35 à 45 personnes. Commercial, marketing, services et développement : nous avons des besoins variés en termes de ressources humaines.

Ces recrutements doivent aussi nous aider pour notre croissance à l'international, en Grande Bretagne, mais surtout en Allemagne. L'objectif est de croître le chiffre d'affaire réalisé à l'international de 50% cette année. La stratégie est de viser particulièrement les grands groupes, lancés dans des projets de refonte de leur SI incluant un moteur. Sinequa a d'ailleurs déjà signé un contrat avec l'un des fleurons de l'industrie allemande. Le projet est encore plus ambitieux que pour le Crédit Agricole.


Le choix de se développer en Allemagne, n'est pas le fruit du hasard. Le moteur a des atouts pour mieux comprendre la langue allemande. Sinequa est un moteur linguistique, cela lui donne un avantage concurrentiel dans les pays parlant une langue agglutinantes, comme en Allemagne, où les mots se collent les uns aux autres. Tous les moteurs ne sont pas aussi pertinents pour ce type

Nous ne perdons pas de vue les Etats-Unis, mais cela se fera dans un deuxième temps, après avoir enregistré une bonne croissance en Allemagne. Nous avons cependant déjà signé fin 2010 notre premier client outre-Atlantique. Cette année, nous avons effectué une première levée de fonds auprès de nos actionnaires actuels, et nous devrions en effectuer une deuxième avant de partir à la conquête des Etats-Unis.

 

Polytechnicien et ancien élève de l'école des Mines, Alexandre Bilger a fait
toute sa carrière dans l'informatique en tant qu'architecte puis directeur technique. Il a démarré sa carrière comme architecte systèmes chez NAT System, un éditeur d'outils de développement client-serveur. En 1998, Alexandre Bilger a co-fondé et géré la direction technique de l'éditeur de logiciels E-Front, spécialisé dans le secteur financier. En 2004, il a rejoint Sinequa en qualité d'architecte produit puis de co-dirigeant de la société avec Jean Ferré. Alexandre a piloté et mis en oeuvre toute la stratégie du produit. Alexandre Bilger a remplacé Jean Ferré à la tête de Sinequa début 2011.

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