Les bureaux virtuels, ces nouveaux piliers du travail collaboratif 2.0

Dopés au partage de documents et à la bureautique en ligne à la sauce Ajax, les bureaux virtuels s'affranchissent des contraintes techniques et envahissent les entreprises. L'offensive ne fait que commencer.

2008, année du bureau virtuel collaboratif en ligne ? Surfant sur l'engouement des suites bureautiques en ligne, les bureaux virtuels à coloration collaborative sont de plus en plus nombreux à montrer le bout de leur interface.

Entré dans la danse en 2006, Google aura d'ailleurs impulsé un nouvel élan à un segment de marché qui a pris le temps de surmonter un certain nombre de contraintes techniques - taux de disponibilité du service en tête - et sécuritaires (connexions HTTPS...), se présentant comme de véritables freins à l'adoption.

"Le premier atout des solutions de bureau virtuels en mode Web est lié à leur mode collaboratif qui permet de travailler sur un même document de façon simultanée et de se libérer de son poste de travail tout en ayant une capacité de stockage confortable qui, une fois qu'on y a goûté, fait que l'on a du mal à faire marche arrière", annonce d'entrée Louis Naugès, P-DG de Revevol.

De ThinkFree à Zoho, en passant par ContactOffice ou encore Nectil, les prétendants se pressent à la porte du SI d'entreprise qui, selon leur positionnement marché, seront enclins à recourir - à plus ou moins court terme - à ce type de solutions.

"Le basculement vers les bureaux virtuels commencera dès 2009" (Louis Naugès - Revevol)

"Un grand nombre de grandes structures vont basculer d'ici à 2009, même si l'on peut dire que dans un premier temps le mouvement sera d'abord porté par les entreprises innovantes, suivies par le cœur de marché d'ici à 2012 et enfin, les plus frileuses qui se tourneront vers elles à horizon 2015", analyse Louis Naugès.

Du partage de documents aux listes de contacts, en passant par la messagerie instantanée et les espaces de blogs/wikis ou la gestion des flux RSS, les bureaux virtuels en ligne sont d'abord appréciés pour leur bon rapport services rendus/coûts. Par exemple, dans le cas de Nectil, la tarification débute à 5 euros par mois, tout comme pour Google Apps où, pour une poignée d'euros, l'utilisateur peut accéder à un espace de stockage en ligne de 25 Go.

"Nous voulions à la fois nous éviter une charge de maintenance d'infrastructure en propre et permettre l'accès au service à tout consultant ayant une simple connexion à Internet et faire évoluer notre environnement collaboratif qui se limitait jusqu'à présent au mail", indique Pierre-Alexandre Bruneau, Principal au sein du cabinet Arthur Straight qui a opté pour la solution de bureau virtuel de ContactOffice.

"Les bureaux virtuels viendront compléter les environnements collaboratifs existants" (François Dispaux - Nectil)

Disponibles en mode SaaS, les bureaux virtuels collaboratifs restent aussi bien appréciés tant par leur agnostisme en termes de compatibilité avec les postes de travail que l'intuitivité de leurs interfaces. Et ce, bien que leur manque capacité d'intégration au SI puisse apparaître comme une faiblesse.

Certains acteurs, à l'image de Google ou de Nectil permettent toutefois de contourner cette limite en proposant des interfaces de programmation ad hoc permettant d'assurer ces précieuses interconnexions. Avec, par exemple dans le cas de Nectil, la mise à disposition d'un framework de développement complet, incluant toutes les routines de programmation nécessaires pour interfacer le bureau virtuel avec ses infrastructures applicatives tierces (ERP, centre d'appels...).

Une caractéristique technique à laquelle les entreprises se montreront sensibles, surtout lorsqu'elles souhaitent faire cohabiter plusieurs applications métiers ou collaboratives entre elles. Et ce, alors même que l'effet de taille apparaît plus que jamais central dans le choix de solution.

"On se dirige davantage vers une complémentarité entre les bureaux virtuels et les environnements collaboratifs existants, tout du moins pour les entreprises qui en sont déjà équipées. En revanche, pour celles qui n'en sont pas dotées, les bureaux virtuels peuvent constituer un premier choix qui tend à se généraliser notamment au sein des petites structures et des PME", analyse François Dispaux, P-DG de Nectil.

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