René Bergniard (QlikTech) "Pour ses indicateurs BI, l'utilisateur veut s'affranchir des contraintes IT"

Nouvel entrant sur le marché du décisionnel, l'éditeur se démarque par la mise à disposition d'une base vectorielle chargée en mémoire. Temps d'accès et rapidité de déploiement font partie de ses points forts.

Comment vous positionnez-vous par rapport aux acteurs traditionnels du BI ?

Nous avons une approche radicalement différente des acteurs traditionnels du décisionnel. Alors que ces derniers commercialisent des solutions lourdes à déployer, avec des temps de mise en œuvre relativement longs, nous proposons avec QlikView une offre simple qui répond efficacement aux besoins des fonctionnels et des responsables métiers. Elle peut ainsi être opérationnelle en seulement quelques jours.

Pour fonctionner, les solutions traditionnelles du BI nécessitent en plus une forte implication des équipes informatiques et de la DSI dans l'élaboration et la prévision de leurs requêtes, mais ce n'est plus le cas désormais. Avec QlikView, on définit avec l'utilisateur non pas les requêtes qu'il serait à même de poser, mais les données d'entreprise auxquelles il souhaite avoir accès. Pour l'aider à atteindre cet objectif, nous mettons à sa disposition une base vectorielle en mémoire grâce à laquelle il pourra naviguer facilement dans ses données par de simples glisser-déposer de données.

En cliquant sur des nouveaux champs, l'application travaille ensuite par association de données, toutes ces dernières étant reliées entre elles et procurant une navigation intuitive à l'utilisateur. Avec QlikView, les notions de dimensions et de cubes OLAP disparaissent, et les données, chargées directement dans en mémoire limitent considérablement les temps d'accès et d'analyse.

Quel regard portez-vous sur l'évolution des attentes en matière de BI ?

Depuis plusieurs années, on promet aux responsables fonctionnels de leur mettre à disposition des outils qui leur permettraient de réaliser leurs propres rapports statistiques, mais la réalité a été toute autre. Ce que l'on constate c'est que désormais l'utilisateur souhaite accéder de façon simple et rapide à ses données sans avoir au préalable besoin d'une quelconque formation informatique ou sur l'application qu'il utilise. Plus encore qu'auparavant, il veut s'affranchir des équipes et des contraintes informatiques de l'entreprise pour l'élaboration de ses indicateurs décisionnels et travailler de façon totalement indépendante.

"Nous avons misé dès la création de QlikTech sur la loi de Moore"

L'utilisateur d'aujourd'hui veut pouvoir naviguer seul dans ses données, réaliser ses propres tableaux de bord, pouvoir élaborer ses indicateurs de marge nette... Pour ces raisons, nous proposons avec QlikView une réponse objective à une attente pragmatique de la part des utilisateurs. Surtout qu'ils ne souhaitent pas perdre du temps avec des problématiques techniques qui ne les concernent pas.

Ainsi, l'utilisateur n'est pas contraint par son architecture technique dans la mesure où il peut utiliser la solution tant sur un mode local, en réseau ou bien en mode ASP. Il n'y a aucune différence entre ces modes d'accès qui se révèlent tout aussi pertinents les uns que les autres. En réalité, seule la taille de la bande passante et de la mémoire installée sur les serveurs comptent, et plus ces dernières sont élevées, plus les temps de réponse seront courts. Or aujourd'hui, suivant la logique de la loi de Moore, tous ces coûts ont énormément baissé. Et c'est précisément sur quoi nous avons parié dès l'origine de la création de la société.

Comment se porte QlikTech ?

Le groupe QlikTech a encore connu cette année une croissance de 80% de son chiffre d'affaires, avec 80 millions de dollars réalisés en 2007. Au premier trimestre 2008, nous avons réalisé 22 millions de dollars de chiffre d'affaires. En France, l'activité reste encore modeste dans la mesure où nous sommes présents depuis à peine 8 mois. En volume, la vente de licences représente tout de même 600 000 euros au premier trimestre 2008, et nous avons superformé l'objectif fixé par le groupe de 150%.

Sur l'année 2008, nous prévoyons, en France, un chiffre d'affaires de 4 millions d'euros. Plus que jamais, nous n'avons pas le sentiment que la morosité économique ambiante dans le secteur décisionnel nous affecte. Au contraire, chaque jour qui passe, ce sont 13 nouveaux clients qui viennent nous rejoindre.

Pour la France, nous ne nous sommes pas fixés comme objectif de recruter des dizaines de personnes, ni de procéder à des opérations de croissance externe. Ce que nous souhaitons, c'est élargir notre politique de partenariats, ce sur quoi nous misons beaucoup. C'est d'ailleurs dans cette démarche que nous avons à signé des accord avec les SSII spécialisées dans le BI comme Keyrus, Micropole-Univers ou encore Allence. D'ici la fin de l'année nous allons élargir notre cercle de partenaires à plus d'une vingtaine en France.

 

René Bergniard est directeur QlikTech France.

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