Quality Raters : ce que Google demande désormais à ceux qui évaluent ses résultats

Google a revu la manière dont ses résultats de recherche doivent être notés par les "Quality Raters" qu'il emploie. Le mobile et le SEO local ont pris une nouvelle importance.

Google a grandement modifié les consignes transmises aux Quality Raters, ces personnes qui sont payées pour évaluer les résultats remontés par son moteur (lire notre article Google Search Quality Raters : ce que l'on sait). La spécialiste américaine Jennifer Slegg a pu mettre la main sur le nouveau guide, et a publié un article exhaustif sur les modifications apportées par Google à ce document. Peu après, Google a mis en ligne le document. Sans grande surprises, les nouveautés portent avant tout sur le SEO local et le mobile – les deux terrains qui ont sans doute le plus évolué en 2015 dans les résultats de recherche de Google.

Pour rappel, le document avait déjà été largement mis à jour l'année dernière. Contrairement aux éditions précédentes, celle de 2014 demandait aux Quality Raters de juger avec attention l'expertise, l'autorité et la crédibilité des pages, notamment celles qui traitent de sujets importants, comme l'argent ou la santé. Cette dimension a été pleinement conservée dans la nouvelle version 2015 du guide adressé aux Quality Raters.

Cap vers le mobile

Google a mis en ligne un outil capable de lister les éléments non mobile-friendly d'une page. Des points que doivent aussi évaluer les Quality Raters.© Capture - Gogle

La grande nouveauté de l'édition de 2015 porte sur la recherche sur mobile. La plupart des exemples que donne Google dans le guide sont désormais des résultats sur mobile. Le moteur souhaite aussi que les Quality Raters se concentrent sur plusieurs problèmes qui peuvent se poser sur mobile, dont certains avaient déjà été visés par l'outil de test mis en place en même temps que le label mobile-friendly.

Parmi ces points de vigilance, Google évoque les formulaires trop difficiles à remplir, ou l'affichage mal géré sur de petits écrans. Des problèmes d'ergonomie et d'expérience utilisateur sont aussi cités, comme des menus trop petits, des scrollbars trop difficilement utilisables, l'usage du Flash ou des images qui se redimensionnent mal. Les temps de chargement, ou les connexions changeantes aux réseaux sont aussi à garder en tête, "alors même que la rapidité d'affichage ne fait pas partie de l'algorithme mobile-friendly, du moins pas encore", souligne Jennifer Slegg.

SEO Local : sens et subtilité des requêtes à prendre en compte

La dimension locale de la recherche "est bien plus mise en avant dans cette nouvelle édition", observe la spécialiste. La preuve, Google peut désormais fournir aux Quality Raters les lieux où ont été générés les résultats qu'ils doivent évaluer. Le guide de Google leur explique aussi plusieurs subtilités dont ils doivent avoir conscience lorsqu'un résultat local est remonté et noté.  

D'abord, le guide souligne que certaines requêtes n'ont pas forcément besoin de contenir un lieu pour avoir une intention locale : c'est en effet ce qu'interprète Google depuis longtemps quand on tape "resto" par exemple. Le guide précise également que certaines requêtes peuvent avoir à la fois une intention locale et non locale : un exemple, en français, serait la requête "fnac" qui pourrait appeler à la fois le lieu de la Fnac la plus proche, mais aussi la page d'accueil du marchand.

Enfin, Google attire l'attention des Quality Raters sur le fait que certaines requêtes avec intention locale peuvent faire apparaître des résultats plus ou moins lointains, selon ce qui est cherché : le lieu d'une clinique spécialisée peut ainsi être plus loin que celui d'un médecin, ou d'un restaurant d'un style particulier. 

Les résultats non mobile-friendly ne répondent pas à l'attente

La satisfaction des attentes de l'internaute évaluée

Autre nouveauté intéressante de la dernière version du Guide : cette échelle de notation "Needs Met Rating" qui va évaluer à quel point les résultats remontés par le moteur vont satisfaire les attentes de l'internaute. D'après Jennifer Slegg, cette échelle adopte une perspective similaire à celle de Panda, et peut être vue comme une manière de noter la qualité d'un site web.

Un résultat peut en effet "pleinement" répondre à l'intention, ou "très bien" y répondre, ou "modérément", ou "un peu", ou "pas". Un résultat qui répond "pleinement" à l'attente est suffisant, et n'a pas besoin d'être accompagné d'autres résultats. Un résultat trop large, ou au contraire trop précis, ou encore périmé, ou de mauvaise qualité ne doit pas faire mieux que répondre "un peu" à l'attente. Point important du nouveau guide : les résultats qui ne sont pas mobile-friendly doivent tous être considérés comme "ne répondant pas" à l'attente.

Portée du document et de ses nouveautés

Les Quality Raters qui notent les résultats doivent tenir compte des points abordés par ce guide. C'est sûr, ce dernier aborde donc des points qui intéressent donc vivement Google actuellement. Mais le lien entre leur notation des résultats, et les critères réellement utilisés par Google pour classer les résultats n'est pas très clair. Comme le résume bien notre confrère américain Barry Schwartz, ce guide ne donne en tout cas pas la recette magique de l'algorithme du moteur.

Il se pourrait que les notes des Quality Raters ne servent qu'à affiner ou confirmer la pertinence de l'algorithme. Des spécialistes pensent aussi que les notes obtenues peuvent servir à nourrir un système d'apprentissage automatique, qui pourrait aider Google à mettre au point des filtres comme Panda ou Penguin. 

 

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