Catastrophe au Japon : le lourd tribut payé par l'industrie informatique

Dans un Japon endeuillé par le tremblement de terre et le tsunami, les industriels du secteur informatique sont nombreux à avoir subi d'importants dégâts matériels.

Le Japon fait incontestablement partie des plus grands spots de la planète en matière de production de biens d'équipements électroniques (ordinateurs, terminaux mobiles, appareils électroniques grand public...). Selon le cabinet iSuppli, l'archipel a pesé en 2010 13,9% de la production mondiale de ce type de biens.

En valeur, le marché des équipements électroniques de l'archipel a totalisé 216,6 milliards de dollars, à comparer aux 1 600 milliards de dollars de revenus générés à l'échelle de la planète. Sachant que les fournisseurs japonais pèsent pour plus de 20% de la production globale des semiconducteurs en 2010, avec des revenus de 63,3 milliards de dollars.

S'il est encore trop tôt pour mesurer avec précision les conséquences financières des deux catastrophes naturelles qui ont frappé le Japon (tremblement de terre doublé d'un tsunami), il n'empêche que le pays et ses industries ont subi d'importants dégâts. Et ces dommages vont perturber pour au moins plusieurs semaines les chaînes de production et de fabrication de nombreux fabricants et fournisseurs informatiques.

L'arrêt de la livraison des galettes de silicium pèse sur l'avenir de la production des semiconducteurs

Les deux principaux fournisseurs japonais de galettes de silicium Shin-Etsu Electronic Materials et MEMC, qui produisent à eux seuls 25% (20% pour Shin-Etsu et 5% pour MEMC) de la production mondiale en galettes de silicium, ont ainsi dû cesser leur activité depuis le 11 mars.

Une situation inquiétante pour les fabricants de semiconducteurs pour lesquels les galettes sont un composant essentiel à leur activité. Les usines concernées sont celles situées sur les sites de Shirakawa pour Shin-Etsu et de Utsunomiya pour MEMC. La première fabrique des galettes de 300 nm rentrant dans la fabrication des mémoires Flash et DRAM, tandis que la seconde est notamment spécialisée dans la supervision qualité de ce type de puces. 

Outre les conséquences à court terme avec une reprise encore incertaine de la production dans les jours à venir, certains fournisseurs font état de gênes à plus long terme.

Nec, Fujitsu et Hitachi également durement touchés

 

C'est notamment le cas pour TSMC dont l'un des fournisseurs, TEL (Tokyo Electron Limited) a vu ses installations situées non loin de Sendai complètement détruites, obligeant le géant japonais des semiconducteurs à trouver un autre fournisseur et affecter de facto sa production. Voire le contraindre à adapter dans l'urgence ses infrastructures de production 65 nm pour répondre à la demande en puces de type 40-28 nm.

Parmi les autres compagnies informatiques à avoir subi les catastrophes naturelles, on trouve également Nec, Fujitsu et Hitachi.

Chez Nec, ce sont les unités de fabrication des équipements réseaux, routeurs et commutateurs qui ont été touchées alors que pour son compatriote Fujitsu, les usines spécialisées dans les circuits microintégrés et les technologies semiconducteurs ont subi des dommages. C'est également le cas pour Hitachi, dont la production de systèmes de télécommunications a dû être totalement interrompue.

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