Henri d'Oriola (Akamai) : "Les systèmes d'information font face aux mêmes problèmes d'optimisation que les sites Web"

Se positionnant traditionnellement sur la gestion de la montée en charge, le groupe veut conquérir un tout nouveau marché : l'accélération d'applications d'entreprise. Une stratégie qui l'a amené à se rapprocher de Citrix.

Vous avez élargi votre offre. A quels clients vous adressez-vous désormais ?
Tout d'abord, je tiens à souligner qu'Akamai a réalisé une belle année 2006 et 2007, en maintenant les niveaux de croissance des années précédentes. Nous avons d'autre part réorganisé notre offre pour qu'elle s'appuie sur 3 piliers qui correspondent aux attentes de nos clients. Historiquement, Akamai était surtout connu pour ses clients du secteur des médias, avec des problématiques de grosses volumétries à gérer, ou dans des domaines informatiques pour lesquels il s'agit de délivrer des grosses mises à jour. Nous avons consacré un pilier à cela : Digital Media Asset Diffusion.

Notre deuxième volet correspond plus à l'activité en ligne, ce que nous appelons Dynamic Site Solutions. Il s'agit de délivrer aux clients des processus d'accélération pour des acteurs comme les e-commercants. Dans le premier cas, il s'agit de gérer de gros volumes, dans le second de faire tenir les sites lors de périodes de hausse de trafic importante comme Noël. Nous adressons également une deuxième problématique via cette offre : celle de grands groupes internationaux comme Vuitton, Peugeot ou L'Oréal qui veulent délivrer les mêmes performances à leurs utilisateurs quel que soit le lieu de connexion : Chine, Japon, Europe...

Enfin, le troisième volet que nous couvrons depuis maintenant 2 ans concerne l'offre BtoB. Les sociétés sont de plus en plus nombreuses à fournir des applications en ligne disponibles à distance pour leurs collaborateurs, fournisseurs ou clients. Elles se trouvent confrontées aux mêmes problèmes que les autres services Internet : le caractère aléatoire des connexions avec perte de paquets ou mauvais temps de réponse à la clé. Ces problèmes peuvent freiner le taux d'adoption de nouvelles applications distantes.

Avez-vous déjà des références clients pour votre offre BtoB ?
Oui, nous avons par exemple réalisé une solution de ce type pour Casino. L'objectif était de délivrer une application de sourcing pour des utilisateurs basés au Pakistan, sachant que l'application était hébergée en France. Les performances de celle-ci étaient bonnes en France, mais au Pakistan les utilisateurs ont constaté une nette dégradation, qui a freiné le taux d'adoption. Nous avons travaillé ensemble, et les performances ont été multipliées par deux.

Nous avons aussi convaincu le Club Med, qui a utilisé nos services pour optimiser les connexions entre sites et agences. Autre exemple, Mondial Assistance pour lequel nous travaillons à l'optimisation du réseau entre le siège de Mondial Assistance et le réseau d'agences. Ces services nous permettent de cibler le monde automobile, le monde bancaire, là où nous étions plutôt présent sur le commerce en ligne et les médias auparavant. Nous nous intéressons du coup plus aux applications, et aux architectures qu'elles utilisent.

Vous avez signé récemment un partenariat avec Citrix. Quel en est l'objet ?
Citrix propose des solutions d'accélération au niveau du datacenter, nous au niveau des connexions Internet, ce qui offre une complémentarité toute trouvée pour les clients. Jusqu'alors, on nous positionnait en concurrent par rapport aux solutions de type boîtier d'accélération. Or, les clients s'aperçoivent que nous intervenons chacun sur un maillon de la chaîne et que cet ensemble va leur permettre de délivrer à l'arrivée le niveau de performance attendu par l'utilisateur. Notre système est simple : nous remplaçons l'Internet public par un Internet privé en quelque sorte. Et sur cet Internet privé, le calcul des routes est optimisé.

Nous avons beaucoup investi dans l'accélération d'applications, avec Citrix d'une part, mais aussi avec SAP par exemple de manière à pouvoir accélérer leurs solutions. Malgré tout, nous restons focalisés sur l'infrastructure de transport, pas sur la partie physique. Et nous parions sur le fait que les solutions classiques d'accélération par boîtiers n'apportent pas une réponse complètement satisfaisante aux besoins des clients.

Comme le marché BtoB est de plus en plus important pour nous, nous devrions nous renforcer via d'autres partenariats, notamment dans une logique SaaS pour laquelle Akamai proposerait ses services à différents éditeurs d'applications.

Dernière évolution, la montée des réseaux sociaux nous a beaucoup fait travaillé sur l'optimisation de l'émission de paquets, alors que nous étions plutôt portés sur la réception de paquets jusqu'à présent. Les internautes veulent partager leurs contenus et poussent dans ce domaine.

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