Start-up : le boom de l'écosystème hongkongais

Créer sa start-up à Hong Kong ? L'idée est de moins en moins excentrique. L’écosystème des start-up y est en plein boom et sa proximité géographique avec la Chine en font une place stratégique en Asie. Décryptage.

Si Hong Kong est surtout connu pour être l'un des centres de la finance mondiale, de plus en plus de start-up viennent faire leur nid dans les grattes ciels de la ville-Etat. Preuve de ce nouvel élan, Hong Kong compte désormais 34 espaces de coworking et incubateurs, contre 3 seulement en 2010. Parmi eux, le Hong Kong Science & Technology Park, financé en partie par le gouvernement, est sans conteste le plus important de l'île. Le lieu abrite 12 laboratoires, 500 entreprises, et propose 3 programmes d'incubation visant à accompagner les start-up selon leur secteur : Applications mobiles, Technologies avancées et Biotechnologies.

Peter Mok est responsable du programme d'incubation au HKSTP

Car la création de start-up a le vent en poupe : la ville en dénombre 1558 en 2015, contre 1065 en 2014. Peter Mok, responsable de l'incubateur de Hong Kong Science & Technology Park, note un attrait de plus en plus fort des jeunes pour l'entrepreneuriat, mais aussi un changement de mentalité du côté leurs parents : "avant, la plupart souhaitaient que leurs enfants deviennent trader ou avocat, aujourd'hui ils les poussent vers la technologie et l'entrepreneuriat" se réjouit-il. Des envies facilitées par les bonnes infrastructures de la ville et les efforts du gouvernement. Dans l'éducation tout d'abord, où trois universités hongkongaise figurent dans le Top 50 mondial. La fiscalité ensuite, avec une imposition plafonnée à 16,5% sur les profits, et à 15% sur les salaires et sans taxe sur les dividendes. Hong Kong profite aussi de sa géographique. Situé au cœur de l'Asie, plus de 100 compagnies aériennes proposent des vols vers 180 destinations. Tous les marchés clés asiatiques sont situés à moins de 4 heures de vol. Par ailleurs, Hong Kong est une des rares villes asiatiques où l'on parle anglais.

Un tremplin pour attaquer la Chine 

Mais le principal atout d'Hong Kong reste sans doute sa proximité géographique et culturelle avec la Chine. Un marché que beaucoup d'entrepreneurs Hongkongais visent lorsqu'ils se développent. C'est par exemple le cas de Lalamove, une start-up de 300 employés, née à Hong Kong et qui opère désormais dans 12 villes en Chine dont Shenzhen, Guangzhou et Shanghai. Son concept ? Un "Uber de la logistique" qui permet aux professionnels et aux particuliers de commander un véhicule via sa plateforme pour transporter des marchandises. "C'est l'une des premières fois qu'un concept né à Hong Kong s'exporte en Chine", se félicite Shing Chow, son CEO. 

"Ecosystème en croissance, recherche investisseurs"

Si l'écosystème hongkongais ne connait pas la crise, certains éléments peuvent cependant freiner un entrepreneur. D'abord le coût de la vie y est élevé, de même que les salaires. Enfin, le manque d'investisseurs et de business angels pour investir en early stage se fait sentir. Peter Mok note des améliorations, tout en précisant que "lever des fonds en Late stage n'est pas un problème". Shing Chow, CEO de Lalamove, en a fait l'expérience. Il admet que sa levée de fonds de 10 millions de dollars, réalisée en début d'année, n'a pas été simple. Sur ses trois investisseurs, un seul est basé à Hong Kong.

Pour autant, Peter Mok observe un intérêt croissant de la Chine pour les start-up hongkongaises. Face à un pays réputé pour ses 'copycats', Hong Kong mise sur l'innovation. La stratégie semble d'ailleurs porter ses fruits avec plus de 800 brevets déposés par les entreprises du Hong Kong Science Park. "Pour être compétitif, nous devons nous montrer innovants" insiste-t-il. Et si la prochaine licorne était hongkongaise ?

Shing Chow, CEO de Lalamove

 

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