Start-up : cinq pépites dénichées par... Xavier Lazarus, d'Elaia Partners

Xavier Lazarus, Partner chez Elaia, livre au JDN sa sélection de cinq start-up prometteuses.

Le JDN vous propose régulièrement de découvrir une sélection, par les acteurs phares de l'écosystème français, des start-up les plus prometteuses qui se développent en France et dans le monde. Voici celles choisies par Xavier Lazarus, cofondateur et Partner chez Elaia Partners.

Xavier Lazarus, Partner chez Elaia Partners.

La start-up édite des solutions logicielles destinées aux professionnels du recrutement, pour leur permettre de dématérialiser les processus. Les candidats répondent en vidéo aux questions des recruteurs.  Lancé fin 2013, Easyrecrue a levé 2,5 millions d'euros en mars 2015.

Pourquoi avoir choisi cette start-up ?

"Le fondateur, Mickaël Cabrol, est déjà un serial entrepreneur qui a une vision très précise du développement et notamment de l'internationalisation de son offre. Il a mis en œuvre une exécution sans failles jusqu'ici. Le monde du recrutement est en train de totalement se dématérialiser et Easyrecrue amène une brique importante en améliorant drastiquement la qualification des candidats par l'usage de vidéos. Le modèle d'Easyrecrue existe déjà aux Etats-Unis mais ils n'ont pas de concurrents très forts en Europe."

 

Realytics est une plateforme qui mesure l'impact des publicités télévisuelles sur le Web. La start-up a été lancée début 2014.

Pourquoi avoir choisi cette start-up ?

"C'est une société très intéressante qui ouvre un nouveau champ dans l'analyse des campagnes publicitaires à la télévision, pour connaître le retour réel en termes de clics sur un site. La solution est très sophistiquée au niveau technique : elle ne fait pas que mesurer ce qui se passe juste après la diffusion. L'algorithme suit dans le temps si les clics se transforment en inscriptions ou en chiffre d'affaires. Par exemple, il peut permettre de dire combien d'inscriptions de nouveaux membres découlent de la diffusion d'une publicité pour Meetic.

Realytics aborde un sujet colossal et a un positionnement avant-gardiste sur un marché où il y a beaucoup d'argent mais qui n'a pas encore été pris par des pure-players du numérique. A terme, les publicités télévisuelles ressembleront peut-être davantage à celles du Web, avec du premium et des enchères en temps réel. Ça devient de plus en plus imaginable même si on en est encore assez loin. Il n'y a pas de raison que les publicités télé et replay ne soient pas diffusées un jour selon un système d'enchères et en fonction de l'audience, de metrics précises. La programmatique va probablement arriver en télévision. Realytics prend de l'avance sur le sujet avec sa technologie."

 

ForceManager, société espagnole fondée en 2011, est spécialisée dans le CRM mobile : son application facilite le reporting des commerciaux grâce à la géolocalisation et à une fonctionnalité de reconnaissance vocale pour leur faire gagner du temps. La start-up a levé 2,8 millions d'euros en mai 2014.

Pourquoi avoir choisi cette start-up ?

"Aujourd'hui, dans le secteur du CRM et de la gestion client, Salesforce est le grand leader. Mais ForceManager a réussi à sortir un très beau produit et à trouver un nouveau créneau inexploré. Ils sont partis du constat que les commerciaux détestent remplir les systèmes comme Salesforce alors qu'ils renseignent déjà tout sur leur mobile (dans les mails, dans l'agenda, à travers les appels avec les clients…). Grâce à ces informations qu'il récupère et à la géolocalisation, ForceManager élabore des rapports d'activité et génère des statistiques.

La société a fait un très bon démarrage commercial et elle commence à avoir de très beaux comptes et à s'ouvrir à l'international. Les fondateurs ont trouvé une poche de valeur dans un sujet qui avait l'air déjà récuré par les grands acteurs du marché."

 

Fondé en 2014 à New York, SourcePoint est une plateforme qui aide les médias à mieux se monétiser et à donner le choix aux internautes entre publicités ou offres payantes. La société a levé 10 millions de dollars en juin 2015.

Pourquoi avoir choisi cette start-up ?

Cette société new-yorkaise a beaucoup adressé les marchés européens au départ, où l'adblocking est extrêmement développé. Elle adresse l'évolution du modèle des médias. L'accord tacite selon lequel soit les lecteurs achètent le contenu, soit ils supportent les publicités, n'existe plus puisqu'il a été rompu par l'arrivée des adblockeurs. Sourcepoint crée des outils de compréhension du phénomène de l'adblocking. La société permet aussi aux publishers d'entrer dans une relation plus saine avec les consommateurs de contenus en leur proposant différentes solutions graduées et en offrant une meilleure communication, ainsi qu'en mettant en place des plateformes syndiquées de contenus.

Ben Barokas, fondateur et CEO, avait déjà fondé Admeld, revendu à Google en 2011 pour 400 millions de dollars et le reste de l'équipe fait aussi rêver : Brian Kane, COO, est l'ex-COO de Liverail, et Geir Magnusson, CTO, l'ex-CTO d'Appnexus. Sourcepoint a démarré en trombe et une centaine de publishers du monde entier ont déjà accepté de tester.

 

La société lyonnaise Techlimed, fondée à Lyon, est issue de la recherche et adresse la question des moteurs de recherche et du Natural Language Processing en langue arabe : elle édite des solutions d'indexation et de recherche des informations non structurées en langue arabes. Elle a levé 770 000 euros en 2013.

Pourquoi avoir choisi cette start-up ?

"Techlimed est positionné sur une opportunité gigantesque, naturellement peu adressée par les acteurs américains et qui est techniquement très différente des technologies utilisées en anglais, français, etc... La société a signé ses premiers contrats majeurs, notamment au Maroc. Techlimed est né d'une très belle équipe avec un chercheur fondateur, Ramzi Abbès, et un serial entrepreneur, Olivier Graeff. Et leur roadmap est très ambitieuse : ils veulent proposer la première technologie capable d'adresser l'opportunité issue de la démultiplication des contenus numériques en langue arabe."

 

Diplômé de l'Ecole Normale Supérieure de Paris (Ulm 91) et d'une agrégation de mathématiques et d'un doctorat en théorie des groupes, Xavier Lazarus a été chercheur au laboratoire d'arithmétique et géométrie algébrique de l'Université Paris-Sud. Il a créé Cred-M, une entreprise dans le secteur des logiciels éducatifs, vendue en 1999 à Odile Jacob, une maison d'édition de livres. Il rejoint ensuite le groupe CPR pour y créer et animer l'activité capital-risque dans le secteur des technologies logicielles et de l'Internet. Suite au rachat de CPR par Crédit Agricole, il devient Directeur d'Investissement dans le pôle fonds propres du Crédit Agricole. Il cofonde Elaia Partners en 2003.

Elaia Partners gère plus de 135 millions d'euros et investit dès l'amorçage des tickets de 500 000 à 1,5 million d'euros. A son portefeuille, notamment, 1001menus, Mirakl, Tinyclues, Seven Academy, Selectionnist…

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