Reviens Léon : les start-up françaises à succès draguent les expatriés

Reviens Léon expatriés 0515 Blablacar, Sigfox, LaFourchette, Drivy et cinq autres jeunes pousses lancent une initiative commune pour encourager les expatriés à revenir travailler en France, dans leurs rangs.

Si le gouvernement tente d'attirer les entrepreneurs étrangers dans l'Hexagone en lançant le French Tech Ticket, les start-up françaises, elles, cherchent à faire revenir les talents français expatriés. Blablacar, Capitaine Train, Chauffeur-privé, Drivy, Dataiku, Lafourchette, iAdvize, Showroomprivé et Sigfox lancent l'initiative "Reviens Léon", dont le nom est inspiré de la fameuse publicité Panzani des années 1980 "Reviens Léon, j'ai les mêmes à la maison !". Objectif : recruter les profils français de haut niveau partis à l'étranger, et notamment dans la Silicon Valley, pour travailler dans des entreprises innovantes. "Nous sommes bien sûr pour la circulation des compétences, assure Frédéric Mazzella. D'ailleurs, parmi les CEO à l'origine de Reviens Léon, beaucoup sont partis plusieurs années à l'étranger. Ce que l'on veut, c'est que la France soit assez attractive pour que les talents y reviennent après quelques années d'expatriation."

Plus de 3 000 postes sont ouverts dans les start-up françaises en 2015, notent les entrepreneurs à l'origine du projet. Parmi eux, environ 10% sont des profils "Léon" : des postes à haut niveau dédiés à des personnes ayant décroché un bac +5 en France et ayant travaillé à l'étranger sur des problématiques globales pendant plusieurs années.

Une plateforme centralisée pour les offres d'emploi

Mais comment inciter ces expatriés à revenir dans l'Hexagone et à quitter l'écosystème de la Silicon Valley ou d'autres villes réputées pour leurs start-up ? D'abord, en communiquant sur le dynamisme de l'écosystème français de start-up -Reviens Léon sera ainsi présenté lors de conférences à New York et à San Francisco en juin, puis à Londres en juillet. Ensuite, en centralisant les offres d'emploi sur une plateforme afin de dénicher les talents expatriés qui aideront les start-up françaises à se développer. De nombreuses offres sont déjà visibles sur le site (responsables marketing, développeurs...) et les premiers "Léon" devraient arriver en France en septembre. Enfin, Reviens Léon accompagnera le retour en France des candidats.

Des experts en fiscalité pour le retour en France

Si l'initiative n'est pas encore tout à fait rodée, les contours de l'accompagnement se dessinent déjà : des fiches pratiques pour le retour (santé, douanes, scolarité...), le recours à des experts en fiscalité et administratif, une aide logistique (on évoque un partenariat avec Air France...). "Nous voulons mutualiser les coûts et process de retour, plutôt que de chacun mettre en place des dispositifs qui sont trop coûteux pour de jeunes start-up", note Frédéric Mazzella. A terme, Reviens Léon pourrait aussi aider les expatriés à trouver un logement, une crèche ou une école pour leurs enfants en prévision de leur retour.

Reviens Léon est cofinancé par les start-up à l'origine de l'initiative et par la French Tech. Le projet démarre avec un budget de "quelques centaines de milliers d'euros", explique Frédéric Mazzella, mais pourra s'étoffer avec le temps.

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