Pourquoi Uber boucle une levée de fonds record d'1,2 milliard de dollars

L'opération valorise la start-up à hauteur de 17 milliards de dollars. De quoi inquiéter les taxis, partis en croisade contre les VTC, mais aussi son principal concurrent américain, Lyft.

Une levée de fonds gigantesque d'1,2 milliard de dollars. Rien ne semble arrêter Travis Kalanick dans sa quête de croissance. Le service de Véhicule de tourisme avec chauffeur (VTC) Uber vient de boucler un tour de table mené par Fidelity Investments, et auquel ont participé Wellington Management, Summit Partners, BlackRock, Kleiner Perkins Caufield & Byers ainsi que Google Ventures et Menlo Ventures. Une opération qui valorise la start-up à hauteur de 17 milliards de dollars, loin devant Airbnb, Xiaomi et Dropbox (10 milliards).... Mais aussi devant le loueur de voitures américain coté Hertz (12,41 milliards) ou le loueur Avis (6,33 milliards).

Nouvelle bulle Internet ?

Dans le domaine, seul le géant du Web Facebook, alors non coté, avait bouclé une plus grosse levée de fonds en recueillant 1,5 milliard de dollars en janvier 2011. Le réseau social était alors valorisé autour de 50 milliards de dollars... Mais enregistrait déjà un milliard de dollars de chiffres d'affaires ! Si Uber ne communique pas ses résultats, on parle d'1,5 milliard de dollars de revenus bruts pour 2014... Et de 300 millions de revenus nets. Si ces estimations sont exactes, alors Uber serait valorisé 56 fois son chiffre d'affaires. Travis Kalanick a affirmé au Wall Street Journal qu'Uber double ses revenus tous les six mois. Encore une fois se pose la question d'une telle valorisation. Elle a été multipliée par cinq en moins d'un an : en août 2013, Uber bouclait une levée de fonds de 258 millions de dollars, auprès notamment de Google Ventures, pour une valorisation de 3,5 milliards de dollars.

Cap sur l'Europe, l'Asie et l'Amérique Latine

Dans les 37 pays où Uber opère, la start-up doit faire face à la fronde des taxis, mais aussi à des concurrents locaux qui fleurissent sur le marché. Aux Etats-Unis, Lyft et Uber se livrent ainsi une guerre sans merci, à coup de panneaux publicitaires se dénigrant l'un l'autre et d'offres promotionnelles agressives. Lyft a d'ailleurs levé 250 millions d'euros en avril, notamment auprès du géant chinois Alibaba, pour accélérer son développement. Avec cette nouvelle levée, Uber compte bien rester le leader incontesté du secteur. La start-up a annoncé vendredi que ses prix allaient baisser de 20% dans la majorité des villes en baissant ses commissions. La société souhaite aussi dénicher 200 000 chauffeurs d'ici à deux ans pour accélérer sa croissance. Surtout, Uber pourra utiliser les fonds levés pour étendre sa portée géographique. La start-up est aujourd'hui disponible dans 128 villes (dont plus de la moitié aux Etats-Unis) et 37 pays.

Egalement en ligne de mire d'Uber, une diversification des services. En plus de son service classique de VTC, la start-up a déjà lancé un service low-cost (UberX), une application de covoiturage (UberPop), et un service de coursiers à New York. Mais Uber pourrait aussi avoir besoin d'utiliser les fonds levés pour pousser à un changement de législation en sa faveur. Fortement critiqués par les taxis, les VTC sont interdits dans plusieurs Etats américains et soumis à des législations contraignantes dans plusieurs pays. En France, leur réglementation est ainsi l'objet de nombreux débats (Lire : "Pourquoi le rapport Thévenoud sur les VTC est stupide", du 24/04/2014).

Lancé en 2010 à San Francisco, sur une idée qui a germé dans l'esprit de Travis Kalanick alors qu'il attendait un taxi à Paris, à l'occasion de la conférence LeWeb, Uber a depuis fait bien du chemin. En 2013, le service a été ouvert aux chauffeurs particuliers et Uber compte désormais 900 employés.

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