"La cybersécurité, c'est branché maintenant !" : des étudiants aux exposants, le Forum InCyber 2026 séduit son public
Les stands se démontent, des badauds se pressent vers la gare, les dernières tables rondes s’achèvent. Dans les ultimes échanges, certains se saluent en se promettant de se retrouver l’année suivante. Aucun doute : c’est bien le dernier jour du Forum InCyber 2026. La plupart des visiteurs et exposants louent la qualité de cette 18e édition du Forum, qui s'est tenue du 31 mars au 2 avril. "C'est très bien organisé, je trouve. C'est aussi très esthétique, toutes ces couleurs de ces nombreux stands. En fait, le style est futuriste, ça fait branché. La cybersécurité, c'est branché maintenant !", s'émerveille Ambroise, un étudiant de classe préparatoire économique et commerciale au lycée Faidherbe, à Lille, qui pointe du doigt le stand d'Orange cyberdéfense, flanqué de néons orange, pour prouver son propos.
"Un tel événement peut avoir un impact sur notre orientation professionnelle car il nous permet de parler à des professionnels qui nous expliquent leurs métiers". Ambroise est venu avec sa classe et son professeur de géopolitique pour assister à la table ronde "PhilosoFIC", durant laquelle l'auteur de romans d'anticipation cyber, Guy-Philippe Goldstein, débattait avec des cadres dirigeants et des experts en cybersécurité sur le thème de la "couche cognitive" dans la cybersécurité. Car au Forum InCyber, il n'y a que quelques pas entre les tables rondes savantes et le business des exposants qui domine l'immense espace de Lille Grand Palais.
"Pour nous aussi, cette édition a été très bonne !", s'exclame Marion Godrix, responsable marketing de Sopra Steria, depuis le stand de l'entreprise. "On a en effet senti que le thème de cette édition était en phase avec l'intérêt de plus en plus prononcé de nos clients pour les solutions souveraines". Le thème de cette édition était "Maîtriser nos dépendances numériques".
Plus de visiteurs internationaux
"Le bilan est plutôt positif !", se réjouit le général Marc Watin-Augouard, fondateur du Forum InCyber. "En termes de visiteurs, on est juste un tout petit peu en-dessous de l'édition 2025, durant laquelle il y en avait entre 17 et 18000. (…) C'est aussi parce que le Forum InCyber est payant pour la première fois, donc il n'y a pas tous ceux qui viennent seulement pour la chasse aux goodies. On remarque aussi un saut qualitatif dans le public". Pour cette édition, le Forum a proposé des pass pour des prix allant de 24 ou 60 euros pour les étudiants et autres visiteurs, à 468 euros pour ceux souhaitant profiter d'accès privilégiés. "Le volume de visiteurs n'a pas l'air d'avoir changé et on remarque aussi une meilleure qualité du visitorat", affirme aussi une spécialiste des relations presse en cybersécurité qui fréquente le Forum depuis ses débuts.
"Surtout, on remarque qu'il y a un renforcement important de visiteurs internationaux. Pour cette édition, il y a tout de même eu 91 pays représentés. Hier, un visiteur m'a dit "c'est incroyable, j'entends toutes les langues !". C'est la première fois que j'entends cela de la part d'un visiteur. Il y a des visiteurs qui viennent d'Asie, d'Amérique du Sud, etc. Et avant les étrangers venaient souvent à titre personnel. Désormais, ils viennent en grosses délégations encadrées. On a eu une délégation de Thaïlande, des Japonais, des Canadiens, etc. Sans parler des nombreux pavillons européens, comme ceux de la Pologne, de l'Italie, du Luxembourg, de la Belgique, de la Suisse, etc.", observe le général de gendarmerie.
Une ambition de think tank
"Je sens que le thème de cette édition a été bien accueilli. Tous les Européens, même les plus libre-échangistes, ont enfin compris que nous étions une colonie numérique des Etats-Unis, et qu'il fallait reprendre notre indépendance. Maintenant, il faut un discours politique clair au niveau national mais aussi européen. La venue de la vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée de la souveraineté technologique, Henna Virkkunen, est un bon signal. Il y a de bonnes intentions. Mais elles doivent maintenant être suivies d'actions rapides", souhaite le général.
Selon lui, le Forum peut être "le start pilote, le poids lourd pour encourager ces actions. Car ce n'est pas qu'un forum. C'est aussi un think tank. La prochaine édition 2027 aura sans doute lieu plus tôt, début mars, à cause de l'élection présidentielle. C'est pourquoi je souhaiterais qu'on en profite pour inviter les candidats à la présidentielle pour qu'ils planchent sur la cybersécurité. Par pour faire de beaux discours mais pour qu'ils nous disent en quoi ils croient à ce sujet".