Des données à l'action : comment la technologie accélère un avenir net zéro

AVEVA

Les technologies pour lutter contre le changement climatique existent déjà. La prochaine étape est culturelle : passer de silos opérationnels à une collaboration radicale.

Pour la plupart d’entre nous, consulter son téléphone chaque matin est devenu un réflexe indispensable : savoir si l’on aura besoin de crème solaire ou d’un parapluie dans la journée. Les applications qui nous fournissent ces informations reposent sur un système mondial d’appareils interconnectés. Des bouées océaniques aux radiosondes embarquées sur ballon, en passant par les satellites en orbite, ces dispositifs surveillent en continu des paramètres comme la pression, l’humidité, les régimes de vent et le rayonnement solaire. Ces systèmes mondiaux d’observation alimentent en temps réel des boucles de contrôle locales, qui convergent vers le World Weather Watch, colonne vertébrale des prévisions météorologiques modernes. Ce système fonctionne parce que 193 pays standardisent et partagent leurs mesures à distance.

De la même manière que les flux météorologiques standardisés transforment l’observation mondiale en action locale, les données industrielles fournissent aujourd’hui les informations essentielles pour soutenir une croissance durable — en améliorant les marges tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

Jusqu’à récemment, les données industrielles de chaque procédé ou site étaient collectées et conservées localement, ce qui limitait l’accès aux données et analyses aux équipes sur place. Aujourd’hui, les fabricants de détergents comme les producteurs d’énergies renouvelables peuvent synchroniser leurs lignes de production au-delà des frontières géographiques et des fuseaux horaires.

Créer une source unique de vérité

Ces décisions s’appuient sur un ensemble de technologies de pointe. Les dispositifs de l’Internet industriel des objets (IIoT), comme les capteurs d’équipements et les traceurs d’actifs, collectent des métriques industrielles et les alimentent dans des modèles analytiques d’intelligence artificielle (IA) dans le cloud. Les résultats sont diffusés aux équipes presque en temps réel : affichés aux côtés d’informations critiques issues des systèmes de contrôle, ils rassemblent les équipes autour d’un fil conducteur de données — une golden data thread — qui constitue une source unique de vérité pour les experts humains chargés d’interpréter et d’agir sur ces données visualisées unifiées. Cette capacité à interpréter et agir définit pleinement le concept d’intelligence industrielle.

De la même manière que des voyageurs dans deux villes différentes s’appuient sur la même prévision météo, cette visibilité de bout en bout sur la chaîne de valeur permet à des équipes dispersées d’agir de concert face aux plus grands défis mondiaux.

Parmi ces défis, le plus important est sans doute le changement climatique — et la capacité des entreprises à réduire drastiquement leurs émissions pour atteindre les objectifs net zéro et limiter le réchauffement mondial à 1,5 °C.

L’Europe, par exemple, est sur la bonne voie pour atteindre une réduction de 55 % des émissions d’ici 2030, a récemment souligné le rôle essentiel de la flexibilité et de l’innovation pour parvenir à 90 % de réduction sur la décennie suivante. Pourtant, la plupart des usines ne disposent pas de cadres de données nécessaires pour mesurer leurs progrès vers le net zéro. C’est pourquoi la digitalisation des procédés industriels est si importante. L’intelligence industrielle ne donne pas seulement aux entreprises une vision globale des émissions carbone sur l’ensemble de leur chaîne de valeur ; selon Accenture et le Forum économique mondial, les technologies numériques existantes pourraient aussi permettre aux industries de réduire leurs émissions jusqu’à 20 %.

Repousser les frontières de l’innovation

Une supervision du cycle de vie de bout en bout permet d’agir de manière proactive pour accélérer la transition énergétique et repousser les frontières de l’innovation.

Des entreprises comme Henkel, le géant allemand des biens de consommation derrière des marques comme Persil et Surf, montrent la voie. En cartographiant d’innombrables variables — facteurs météorologiques, efficacité des équipements, cadence de production et écarts de consigne — via une colonne vertébrale numérique, les équipes industrielles obtiennent une vision cohérente et en temps réel des lignes de production : comment les besoins énergétiques évoluent d’un instant à l’autre, ou comment la production varie d’un lot à l’autre. À l’échelle de son réseau mondial, cette perspective allant de l’atelier jusqu’aux plus hauts niveaux décisionnels a permis à Henkel de réduire son intensité énergétique de 16 % en une seule année, puis de répéter ce gain six années consécutives, avec 8 millions d’euros d’économies annuelles.

Pour permettre aux industries de lutter contre le changement climatique à grande échelle, trois éléments doivent converger : des flux de données fiables et standardisés (la “plomberie” de l’intelligence industrielle), des mécanismes de décision rapides fondés sur des règles (la logique de contrôle), et une confiance ainsi qu’une gouvernance inter-organisationnelles permettant aux opérateurs, fournisseurs et gestionnaires de réseau d’agir à partir d’une information commune.

Agir ensemble pour une planète plus verte

Ce n’est qu’avec le type de collaboration institutionnelle qui a rendu possible la météorologie moderne que nous pourrons véritablement sécuriser notre avenir.

La base de cet écosystème industriel hyperconnecté repose sur l’IIoT, l’IA et la puissance offerte par le cloud. Ensemble, ils nous offrent un raccourci vers la plus grande transformation de notre époque. Mais sans intelligence transparente et action conjointe entre industries, gouvernements et entreprises technologiques, les résultats durables resteront l’exception.

Les prévisions météorologiques, par exemple, reposent sur des décennies d’observation coordonnée et de standards communs entre scientifiques, observatoires et nations. Si l’industrie traite ses flux opérationnels avec la même rigueur — en réunissant formats standardisés, échanges de confiance et règles d’action — alors l’intelligence industrielle pourra lutter contre le changement climatique non seulement par la prédiction, mais en transformant les données partagées en succès partagé.

Étendre ces progrès grâce à des méthodologies communes et des approches à l’échelle des écosystèmes, tout en les ancrant dans une véritable conduite du changement culturel, c’est ainsi que nous transformerons les avancées en une mutation durable vers un avenir plus propre et neutre en carbone.