Spatial : l'allemand OHB lève plus de 500 millions d'euros pour accélérer dans les lanceurs spatiaux
Le fabricant allemand de satellites OHB a annoncé lundi une augmentation de capital supérieure à 500 millions d'euros, combinée à une sortie partielle de son deuxième actionnaire KKR, afin de financer ses investissements dans le spatial, notamment les lanceurs. L'entreprise familiale basée à Brême vise une meilleure valorisation en Bourse, au moment où l'introduction record de l'action SpaceX à Wall Street mi-juin a montré l'appétit des investisseurs pour le secteur spatial.
OHB va émettre jusqu'à 1,7 million de nouvelles actions au prix unitaire de 300 euros, afin de lever jusqu'à 510,7 millions d'euros, d'après un communiqué. Dans le même temps, le fonds d'investissement américain KKR va céder jusqu'à 1,23 million d'actions et ainsi ramener sa participation à environ 20%, contre 28,6% actuellement. La famille Fuchs, actionnaire majoritaire d'OHB, a renoncé à ses droits de souscription mais ne cédera aucun titre, maintenant sa participation à 65,4% du capital. Ces deux opérations devraient porter la part du capital circulant en Bourse à 19,2%, en cas d'exercice de l'option de surallocation, contre 5,7% actuellement.
Accélération des investissements dans les lanceurs spatiaux
Selon le communiqué, OHB veut "permettre une forte croissance en poursuivant l'industrialisation grâce à des investissements significatifs" dans la production, notamment des lanceurs spatiaux. L'entreprise développe depuis 2018 une fusée pour mettre en orbite de petits satellites, via la start-up RFA (Rocket Factory Augsburg), qu'elle détient majoritairement, avec un vol inaugural retardé mais toujours prévu cette année. OHB est en course face à l'allemand Isar Aerospace et à des concurrents français et espagnols pour s'imposer sur le marché européen des micro et mini-lanceurs.
L'espace est l'un des axes principaux de la hausse des dépenses militaires en Europe, enclenchée depuis le début de la guerre en Ukraine. OHB tire profit de cet essor, après s'être fait connaître pour ses petits satellites fabriqués pour les programmes spatiaux civils de l'UE Galileo (type GPS) et Copernicus (observation de la Terre).