L'OCDE affirme que l'IA ne provoque pas de "baisse généralisée" de l'emploi dans ses pays membres
L'intelligence artificielle (IA) ne provoque pas de "baisse généralisée" de l'emploi dans les pays de l'OCDE, où le taux de chômage approche son plus bas historique, selon le rapport sur les perspectives de l'emploi pour 2026 de l'organisation, publié mardi. Ce constat de l'Organisation de coopération et de développement économiques intervient alors que l'IA transforme de nombreux secteurs et nourrit les interrogations sur son impact à long terme.
Un marché du travail résilient face à l'IA
Le taux de chômage dans la zone OCDE s'établit à 4,9% en mai 2026, proche de son plus bas historique (4,8% en 2023). L'organisation prévoit que l'emploi continuera de croître de 0,3% cette année et de 0,6% l'an prochain. "Jusqu'à présent, rien n'indique que l'utilisation accrue de l'intelligence artificielle par les entreprises entraîne une baisse généralisée de la demande de main-d'œuvre", a déclaré le secrétaire général de l'OCDE, Mathias Cormann. "Si l'IA modifie les compétences recherchées par les entreprises, pour l'instant elle n'affaiblit pas les perspectives d'emploi pour les jeunes ou pour les travailleurs de manière générale. L'IA est en train de remodeler le travail plutôt que de le réduire", a-t-il ajouté.
Le marché du travail fait aussi preuve de résilience face à la guerre au Moyen-Orient, qui a provoqué une flambée des prix de l'énergie. "La création d'emplois est restée robuste face aux effets du conflit en cours", a noté Mathias Cormann, relevant que le nombre d'emplois vacants, en baisse depuis 2022 après le sommet post-pandémie, "s'est globalement stabilisé" depuis l'escalade.
Des signaux de ralentissement et des salaires à la traîne
Le tableau reste toutefois contrasté. L'OCDE relève "de nouveaux signes de ralentissement", avec une contraction de la croissance de l'emploi et du taux d'activité, et note qu'environ deux tiers des pays membres ont enregistré une légère hausse du chômage. Le rapport souligne aussi que "l'entrée des jeunes sur le marché du travail est particulièrement difficile". Si les progrès de l'IA générative n'y sont "sans doute pas étrangers", l'organisation précise que cette tendance est antérieure à son essor, ce qui suggère des causes plus profondes.
Reste un bémol de taille sur les rémunérations. "Dans l'ensemble, les perspectives d'emploi sont positives, mais de nombreux travailleurs n'ont pas encore vu tous les avantages d'un marché du travail dynamique, notamment le reflet dans leur rémunération", a pointé le secrétaire général. "Dans environ un tiers des pays de l'OCDE, les salaires réels sont inférieurs au niveau enregistré il y a cinq ans." L'organisation, qui regroupe 38 pays d'Amérique, d'Europe, d'Asie et d'Océanie, publie chaque année ce rapport, référence pour évaluer les grandes tendances internationales du marché du travail.