Selon l'Insee, seulement 28% des micro-entrepreneurs immatriculés sont encore actifs cinq ans après leur création
Selon une enquête de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le régime du micro-entrepreneur, bien qu'il continue d'attirer de nombreux candidats à l'entrepreneuriat, demeure marqué par une forte instabilité et une rentabilité limitée. Les chiffres publiés mercredi 15 juillet mettent en lumière la difficulté pour ces structures à s'inscrire dans la durée et à générer des revenus suffisants.
Un taux de survie très faible à cinq ans
D'après l'Insee, seulement 28% des micro-entrepreneurs immatriculés en 2018 sont encore actifs sous ce régime cinq ans après leur immatriculation. Ce chiffre révèle un taux d'échec ou d'abandon de plus de 70% sur cinq ans, une petite partie de ces sorties, de l'ordre de 3 à 5%, correspondant à un changement de statut juridique vers la société ou l'entreprise individuelle classique. En 2018, sur les 750 000 entreprises créées en France, 399 000 l'ont été sous le régime du micro-entrepreneur, soit 53% des créations. Malgré cette attractivité, la pérennité des micro-entreprises reste nettement inférieure à celle des autres formes juridiques. Parmi les 70% de micro-entrepreneurs ayant effectivement démarré leur activité, 39% sont pérennes à cinq ans, contre 63% pour les entreprises individuelles classiques et 71% pour les sociétés.
L'Insee distingue six grands profils parmi les micro-entrepreneurs, qui étaient près de 759 000 en 2025 contre environ 400 000 en 2018. La survie à cinq ans varie fortement selon ces profils : les créateurs de la construction sont les plus pérennes (37%), devant les entrepreneurs expérimentés (35%) et les chômeurs (34%). Suivent les créateurs hors du marché de l'emploi (31%), les salariés en activité de complément (24%) et les étudiants (13%).
Les profils les plus pérennes sont principalement ceux qui sont motivés par le désir de créer leur propre emploi, contrairement à ceux qui disposent déjà d’une activité fixe par ailleurs. Par secteur, l’Insee constate que ce sont les micro-entrepreneurs du bâtiment et de la construction qui s’en sortent le mieux.
Des revenus limités, loin d’une activité principale
Au-delà de la question de la pérennité, l'enquête de l'Insee met en avant la faiblesse des revenus générés par le régime du micro-entrepreneur. Pour les micro-entreprises créées en 2018 et encore actives fin 2023, le chiffre d'affaires annuel moyen s'établit à 19 600 euros, avec un maximum de 27 600 euros chez les créateurs de la construction et un minimum de 15 200 euros pour les créateurs hors du marché de l'emploi. Tous micro-entrepreneurs encore actifs confondus en 2023, le chiffre d'affaires moyen atteint 20 000 euros.
Cependant, ce chiffre d’affaires ne reflète pas le revenu réel perçu par les micro-entrepreneurs. Après paiement des cotisations, charges sociales et impôts, "le revenu réel – c'est-à-dire le salaire final que se verse le micro-entrepreneur – ne représente plus que la moitié de son chiffre d’affaires avec, au bout du bout, un salaire mensuel moyen qui ne dépasse pas 800 à 900 euros". Ce niveau de rémunération montre que le régime du micro-entrepreneur permet le plus souvent d’obtenir "un petit revenu d’appoint en travaillant généralement beaucoup pour y parvenir… mais en aucun cas de participer à une réelle création d’entreprises solides qui peuvent ensuite grandir pour participer au renforcement du tissu économique du pays".