Le ministre de l'Economie Roland Lescure annonce une mobilisation record de 13 milliards d'euros d'investissements privés supplémentaires pour l'innovation via la troisième phase de l'initiative Tibi

Le ministre de l'Economie Roland Lescure annonce une mobilisation record de 13 milliards d'euros d'investissements privés supplémentaires pour l'innovation via la troisième phase de l'initiative Tibi La France franchit un cap dans le financement privé de l'innovation, visant 15 milliards d'euros pour soutenir la croissance technologique nationale et européenne.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a annoncé ce vendredi, à l'occasion du salon VivaTech, "une mobilisation exceptionnelle et record de 13 milliards d'euros supplémentaires au titre de la troisième phase de l'initiative Tibi, qui seront investis dans les entreprises en croissance et innovantes françaises et européennes", avec un objectif de 15 milliards d'ici la fin de l'année. Cette initiative porte le nom de Philippe Tibi, économiste et auteur d'un rapport remis en 2019 préconisant d'améliorer le financement de marché des entreprises technologiques françaises et d'aider nos pépites à franchir la marche pour se transformer en champions mondiaux.

Un financement 100% privé pour l’innovation de rupture

Qu'on se rassure en ces temps de disette budgétaire, les fonds ne sont ni publics ni européens, mais 100% privés. Cette opération obéit à "un rêve un peu fou, celui de mettre au travail notre épargne pour en faire un accélérateur des investissements des entreprises innovantes en France", explique-t-on à Bercy. Dans l'espoir, progressivement, de rattraper le retard abyssal accumulé en la matière sur les Etats-Unis et la Chine. Environ la moitié de ces fonds seront investis dans la "deeptech" (quantique, intelligence artificielle, biotech, space tech...), "avec une volonté de positionner la France dans l'innovation de rupture", détaille Bercy. L'objectif est de renforcer la souveraineté de la France, notamment via les infrastructures critiques.

Cette nouvelle phase réunit une quarantaine d'investisseurs partenaires. De nouveaux arrivants viennent grossir les rangs, comme la Carac, la SNCF, la RATP, mais aussi des industriels comme Naval Group, MBDA et Eutelsat. Car l'ambition est de renforcer le volet défense de l'initiative, en cohérence avec le soutien apporté par l'Etat à la base industrielle et technologique de défense (BITD). Les PME et ETI cotées sont désormais éligibles à l'initiative Tibi, ce afin de favoriser les introductions en Bourse des entreprises de cette taille, synonymes de meilleure croissance.

Une ambition européenne pour des fonds de taille mondiale

Mais cette dynamique ne doit pas s'arrêter à la France, bien trop petite pour rivaliser avec un marché américain capable de mobiliser des centaines de milliards de dollars, notamment dans l'IA. Bercy espère collaborer avec ses partenaires européens, au premier rang desquels l'Allemagne, avec laquelle il est question de créer une plateforme qui serait présentée à l'automne. Il s'agit à terme de parvenir à créer des "fonds paneuropéens de taille mondiale, capables d'accompagner les entreprises technologiques tout au long de leur croissance et d'intervenir sur les tours de financement les plus importants", explique le ministère.

Avec cette mobilisation record de capitaux privés, la France entend accélérer la transformation de ses entreprises innovantes en champions européens et mondiaux, tout en renforçant sa souveraineté technologique et industrielle.