Jordan Bardella atteint entre 35% et 37% d'intentions de vote au premier tour de la présidentielle 2027 selon un sondage Ifop-Fiducial pour Le Figaro, LCI et Sud Radio
A moins d'un an de l'élection présidentielle de 2027, la dernière enquête Ifop-Fiducial pour Le Figaro, LCI et Sud Radio place Jordan Bardella en position de force inédite dans la course à l'Elysée. Selon les différents scénarios testés, le président du Rassemblement national recueillerait entre 35% et 37% des intentions de vote, contre 32% pour Marine Le Pen, qu'il devance donc de 3 à 5 points. Ce score représente, virtuellement, une dizaine de points de plus que les 23,15% des voix recueillis par Marine Le Pen au premier tour de 2022.
Le Rassemblement national (RN) fait figure de grand favori, quel que soit celui qui portera ses couleurs. Si la qualification du parti nationaliste au second tour ne fait guère de doute, l’écart se creuse entre ses deux chefs de file à l’approche du 7 juillet, date à laquelle Marine Le Pen connaîtra son sort en appel dans l’affaire des assistants d’eurodéputés. Comme si une partie des électeurs anticipait déjà son absence de la course présidentielle, la patronne des députés RN est désormais distancée par son dauphin, Jordan Bardella, à qui elle passera le flambeau en cas de nouvelle condamnation.
Signe de sa dynamique, Jordan Bardella gagne 2 à 3 points depuis la précédente vague, alors que Marine Le Pen en cède un. Il atteint même son plus haut score (37%) lorsque Gabriel Attal représente le bloc central, plutôt qu'Edouard Philippe, ou lorsque la gauche non mélenchoniste est unie derrière François Hollande. Porté aussi par un Eric Zemmour en légère progression, crédité de 3,5% à 6%, le bloc nationaliste représenterait une grosse quarantaine de points au premier tour. Du jamais-vu pour cette famille politique sous la Ve République.
Philippe devant Attal, la droite classique résiste
Loin derrière Bardella, Edouard Philippe confirme son avance, avec entre 19% et 21% d’intentions de vote, là où son lointain successeur à Matignon reste cantonné à 15%. Lorsque les deux hommes sont testés l’un face à l’autre, leur score va presque du simple au double (14% contre 8%). L’avance d’Edouard Philippe tient notamment à sa "capacité à s’ancrer davantage dans des électorats plus favorables au macronisme et de droite", analyse Frédéric Dabi, directeur général opinion de l’Ifop.
Bruno Retailleau reste dans la course et s'installe confortablement entre 9% et 11% d'intentions de vote. Le président des Républicains est même crédité d'un flatteur 14% dans l'hypothèse où il se retrouverait face à Marine Le Pen et Gabriel Attal. La candidature du maire ex-LR de Cannes, David Lisnard (2%), ne menace pas Bruno Retailleau, qui reste sept points au-dessus de son ancien allié. A ce bloc de droite s'ajoute un courant souverainiste, incarné par Nicolas Dupont-Aignan, estimé entre 2% et 3%.
Une gauche éclatée, Mélenchon en tête
A gauche, les divisions persistent. Jean-Luc Mélenchon conserve le leadership sur son camp, fort d’une base électorale fidèle et d’une entrée en campagne réussie, avec 12% à 15% des intentions de vote. Il devance la famille sociale-démocrate, partagée entre Raphaël Glucksmann (8% à 11%) et François Hollande (9%). L’écologiste Marine Tondelier est donnée entre 2,5% et 4%, tandis que le communiste Fabien Roussel est évalué entre 2,5% et 3%.
En cas d'union de la gauche hors La France insoumise (LFI) derrière François Hollande ou Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon grimperait entre 14% et 15%. A l'inverse, l'éparpillement de ses adversaires favoriserait, selon Frédéric Dabi, un "quatrième 21 avril 2002", date à laquelle le socialiste Lionel Jospin avait été éliminé dès le premier tour au profit d'un second tour entre Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac.
Un contexte politique et social tendu
Ce sondage intervient dans un contexte marqué par une actualité dense : la France a accueilli le G7 d’Evian, a été bousculée par l’affaire Lyhanna et asphyxiée par une canicule. Les candidats, déclarés ou putatifs, se sont lancés dans une série de meetings ouverte par Gabriel Attal fin mai, suivi de Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann et Bruno Retailleau, avant Edouard Philippe le 5 juillet prochain. Cette séquence de mobilisation militante vise à enclencher une dynamique et à se détacher dans les sondages, alors que la campagne s’intensifie à l’approche de l’échéance présidentielle.
Le sondage Ifop-Fiducial pour Le Figaro, LCI et Sud Radio dessine ainsi un paysage politique profondément recomposé, où le camp nationaliste atteint des niveaux jamais vus sous la Ve République, la droite classique tente de résister et la gauche demeure morcelée. A moins d’un an du scrutin, la dynamique semble clairement favorable à Jordan Bardella et au Rassemblement national.