Le SNCTA conteste les chiffres et recommandations de la Cour des comptes sur les grèves des contrôleurs aériens
Le Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA) a indiqué vouloir "établir certains faits et réagir, tout au moins partiellement, à certaines recommandations totalement inadaptées" figurant dans un rapport de la Cour des comptes récemment publié. Le syndicat s'est élevé dimanche contre les constats, faux selon lui, et recommandations, d'après lui contraires à la loi, de la Cour des comptes concernant les grèves dans cette profession.
Le SNCTA a affirmé que la Cour des comptes "méconnaît l'état du droit existant et manipule avec une légèreté confondante des chiffres erronés tout en inventant des dates de grève qui n'existent pas".
Cette profession est exercée par des fonctionnaires de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), au sein de sa Direction des services de la navigation aérienne (DSNA). Les dysfonctionnements et mauvaises performances en ont été notés dans deux rapports, l'un de la commission des Finances du Sénat fin juin, l'autre de la Cour des comptes début juillet.
Service minimum : un point de désaccord majeur
La Cour des comptes suggère de "revoir les dispositions du nouveau décret relatif au service minimum, pour les rehausser, avec une vigilance particulière pour les jours de grand départ". Elle souhaite que la DGAC puisse "garantir une part du trafic aérien prévu a minima", "de l'ordre de 65% du trafic prévu". Le syndicat répond que la loi ne le permet pas, car elle prévoit un service garanti proportionnel à la part d'agents non-grévistes. Les recommandations de la Cour des comptes "proposent un niveau de service minimum ne permettant pas de concilier cette proportionnalité", a-t-il déclaré.
La France est régulièrement dénoncée par les compagnies aériennes comme un pays au contrôle défaillant, avec des agents qui parfois ne répondent pas, et des instructions aux pilotes loin d'optimiser le parcours des avions. Les compagnies aériennes dénoncent régulièrement les retards et les perturbations liés aux mouvements sociaux en France ainsi que les limites de l'organisation actuelle de la navigation aérienne.
Le syndicat s'est dit prêt à "rejoindre certains constats inquiétants et récurrents quant aux difficultés de l'Etat à planifier à moyen et long termes le service public de la navigation aérienne française".