Le Parti socialiste fixe les modalités de sa primaire interne pour la présidentielle 2027
Après plusieurs mois de tensions internes, le Parti socialiste (PS) a arrêté les grandes lignes de sa primaire en vue de l’élection présidentielle de 2027. Cette consultation, qui vise à désigner le candidat du "pôle socialiste", se tiendra, sauf surprise, les week-ends du 11 et du 18 octobre prochain. Les militants du PS avaient fait le choix, début juillet, d’une primaire du "pôle socialiste" limitée aux seuls adhérents.
Un ticket d’entrée à 15 euros qui divise
Pour pouvoir y prendre part, les organisateurs ont aussi imaginé un ticket d’entrée à 15 euros, dont devrait s’accommoder tout nouveau militant. Cette décision suscite de vifs débats au sein du parti. Ségolène Royal, candidate déclarée, s’est indignée publiquement sur ses réseaux sociaux, estimant que le prix est "trop cher". Elle a également déploré : "Faire un barrage par un prix trop élevé risque d’affaiblir l’idée même de la bonne initiative de la primaire démocratique".
Philippe Brun, autre candidat déclaré, a accusé son propre camp de vouloir préserver un "entre soi", quitte à se couper sciemment des "ouvriers" et des "employés". Le député PS a même lancé une "caisse populaire" – autrement dit, une cagnotte – pour aider "ceux qui en ont besoin" à participer au scrutin.
Avant le verdict des militants, les soutiens d'Olivier Faure défendaient une primaire ouverte à 2 euros, quand les opposants au premier secrétaire plébiscitaient un coût d'entrée plus élevé, redoutant un scrutin noyauté par les autres partis. Le tarif d'entrée ne concernerait que ceux qui souhaiteraient voter sans prendre leur carte au PS ou à Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann. Ces sympathisants de gauche auraient la possibilité d'adhérer jusqu'au jour du scrutin – pour 15 euros, donc – à un "pôle socialiste", et ainsi participer à la primaire comme à la campagne présidentielle.
La primaire compte déjà trois candidats officiellement déclarés : Ségolène Royal, Philippe Brun et le député Jérôme Guedj. Pour se présenter, il faudra recueillir, au choix, le parrainage de 15 membres du conseil national, de 10 parlementaires, de 50 maires issus d’au moins trois régions ou de 50 conseillers régionaux ou départementaux répartis dans huit départements et trois régions.
Un autre point de discussion concerne une charte de valeurs partagées, demandée par les alliés de Raphaël Glucksmann, que tous les prétendants à la primaire devraient s’engager à respecter. Certains aimeraient notamment y inscrire la promesse absolue de ne conclure aucun "accord national et programmatique" aux prochaines élections législatives avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon.
Raphaël Glucksmann arrive au terme du délai de trois mois qu’il s’était lui-même fixé pour décider de son avenir présidentiel. "Les discussions avec Place publique sont très avancées, même si personne n’a encore signé officiellement un protocole", avance un cadre du PS, pour qui la participation de l’eurodéputé ne fait plus de doute.
François Hollande a fermé la porte à la primaire, au risque de décevoir certains de ses proches qui l’incitaient à s’y plier. Olivier Faure s’est donné jusqu’au mois de septembre pour officialiser ou non sa candidature.
Boris Vallaud avait clamé son envie d’aller "à la bagarre" au début de l’été dans un entretien au Parisien, sans rien officialiser de ses ambitions.
Le grand raout de rentrée des socialistes à Blois aura lieu les 28 et 29 août. L’élection présidentielle est prévue les 18 avril et 2 mai 2027.