Le gouvernement confirme envisager une désindexation partielle des retraites dans le budget 2027

Le gouvernement confirme envisager une désindexation partielle des retraites dans le budget 2027 L'exécutif étudie une désindexation partielle des retraites pour 2027, visant les pensions les plus élevées, sans toucher les plus modestes.

Le débat sur l’indexation des retraites s’invite dès la pré-rentrée politique, alors que le gouvernement prépare le budget 2027. Roland Lescure, ministre de l’Economie, a confirmé lundi que l’exécutif "suit la piste d'une désindexation partielle des retraites l'an prochain". Cette mesure, qui consisterait à ne pas augmenter certaines pensions à hauteur de l’inflation attendue pour 2027, soit autour de 2%, suscite déjà de vives discussions sur ses modalités et ses conséquences.

Une mesure budgétaire ciblée

La désindexation partielle envisagée par le gouvernement ne concernerait pas l’ensemble des retraités. Roland Lescure a précisé que "les plus modestes, dont ceux qui sont au minimum vieillesse, seraient préservés". L’objectif affiché est de cibler les pensions les plus élevées, afin de limiter l’impact social de la mesure tout en réalisant des économies pour les finances publiques.

Concrètement, une désindexation signifie que les pensions concernées ne seraient pas revalorisées au rythme de l’inflation. Pour 2027, celle-ci est estimée à 2%. Si toutes les pensions étaient gelées, l’Etat pourrait économiser autour de 6 milliards d’euros. Mais le gouvernement privilégie une approche sélective, afin d’éviter de pénaliser les retraités aux revenus modestes.

La question centrale reste celle du seuil de revenus à partir duquel la désindexation s’appliquerait. Roland Lescure a évoqué le cas des retraités percevant 2 000 euros par mois, mais ce niveau suscite le débat. Pour certains économistes, le bon compromis se situerait plutôt autour de 3 000 euros de pension mensuelle, ce qui ne ferait plus qu’un peu plus d’un milliard d’économie.

Selon la presse spécialisée, le gouvernement envisagerait de geler les pensions de retraite supérieures à 3 000 euros brut en 2027. Pour les assurés concernés, le manque à gagner s’élèverait à plusieurs centaines d’euros sur l’année, du fait de l’absence de revalorisation face à l’inflation.

La question de l’indexation des retraites n’est pas nouvelle. François Bayrou, lorsqu’il était à Matignon, avait évoqué une "année blanche" pour les pensions. Avant lui, Michel Barnier avait imaginé un report de six mois de la revalorisation des retraites. Toutes ces précédentes tentatives se sont heurtées à la fronde du Rassemblement national et des Républicains, ainsi qu’à la levée de boucliers de la gauche. Et le gouvernement chaque fois est tombé.

Au-delà des débats politiques, la mesure soulève la question du partage de l’effort budgétaire entre actifs et retraités. Ces dernières années, peu de salariés ont vu leur rémunération suivre l’inflation, alors qu’en quatre ans, entre 2022 et 2026, les pensions de retraite de base ont été revalorisées de près de 15%.

Un arbitrage encore incertain

Roland Lescure a déclaré que la désindexation des retraites "fait partie des pistes" pour le budget 2027. Le gouvernement doit désormais arbitrer sur le seuil de revenus retenu et sur l’ampleur de la mesure. Le choix du curseur sera déterminant pour l’impact budgétaire, estimé entre un peu plus d’un milliard et 6 milliards d’euros selon l’ampleur du gel, mais aussi pour l’acceptabilité sociale et politique de la réforme.