Le bureau national du Parti socialiste écarte Philippe Brun de la primaire

Le bureau national du Parti socialiste écarte Philippe Brun de la primaire Le PS écarte Philippe Brun de la primaire présidentielle 2027, après des accusations graves d'une ex-collaboratrice, pour préserver le scrutin de toute polémique.

Le Parti socialiste (PS) a décidé de suspendre à titre conservatoire le député de l’Eure Philippe Brun et de l’écarter de la primaire présidentielle 2027, à la suite d’accusations portées par une ancienne collaboratrice. Cette mesure, votée à la quasi-unanimité du bureau national du PS, intervient alors que le parti cherche à éviter que cette affaire n’entache le processus de désignation de son candidat à l’élection présidentielle.

Des accusations graves et une réaction immédiate du PS

Selon un communiqué du Parti socialiste, les faits reprochés à Philippe Brun pourraient "relever d'une caractérisation pénale". L'ancienne collaboratrice, licenciée en juin pour faute grave, a contacté la direction du PS pour faire état d'agissements relevant du "harcèlement", d'"une situation d'emploi familial" et de "violence physique". Elle assure aussi avoir déposé plainte.

Face à la gravité des accusations, Johanna Rolland, première secrétaire par intérim du PS, a décidé de communiquer les éléments d'accusation et a mis à l'ordre du jour la suspension de Philippe Brun lors de la réunion du bureau national. La suspension de Philippe Brun a été votée à la quasi-unanimité du bureau national du PS, seuls trois membres s'abstenant, et Philippe Brun votant contre. Philippe Brun est également suspendu du groupe PS à l'Assemblée nationale et siégera parmi les non-inscrits.

Cette décision intervient alors que la gauche a déjà été confrontée à des affaires MeToo, comme celles concernant Julien Bayou (EELV) en septembre 2022 et Adrien Quatennens (LFI) fin 2022. Deux procédures internes visant Philippe Brun avaient été ouvertes en juillet : l'une devant la commission des conflits, l'autre devant la commission de lutte contre le harcèlement. L'instruction devant la commission de lutte contre le harcèlement devait durer "huit mois", selon une source interne. Cette instance indépendante ne communique pas sur ses travaux, mais la direction du PS a estimé qu'il était nécessaire d'agir rapidement après la saisine directe de la direction par la victime présumée.

La primaire de la gauche socialiste et démocratique pour la présidentielle 2027 est prévue les 9-10 et 16-17 octobre. L'élection présidentielle 2027 aura lieu les 18 avril et 2 mai 2027.

Philippe Brun, qui ambitionnait de se présenter à la primaire, a vivement réagi lors d'une conférence de presse, dénonçant une "manipulation visant à le tuer politiquement" et affirmant : "Je ne me laisserai pas démolir par de fausses accusations". Il a également déclaré : "Aucune plainte n'a été déposée contre moi", affirmant s'être informé auprès du parquet de Paris et d'Evreux. Il a annoncé vouloir déposer plainte "afin que la justice puisse établir les faits".

L’élu a aussi démenti l’ensemble des accusations, notamment celle d’avoir été le concubin de la plaignante, précisant qu’elle est "pacsée" avec quelqu’un d’autre. Il a critiqué le timing de la décision du parti, estimant : "Le principe de précaution, c’est de m’auditionner au mois de juillet, pas de se réveiller la veille d’un dépôt de candidature, et de me mettre à mort", tout en affirmant avoir été "victime de cette femme".

Pour la direction du PS, la priorité est de garantir la crédibilité de la primaire et d'éviter que le parti ne soit représenté par un candidat sous le coup d'accusations graves. "Nous ne pouvons pas être demain incarnés dans une présidentielle par quelqu'un qui serait accusé d'avoir été violent", a déclaré Olivier Faure sur BFMTV.