La France "prête à travailler avec ses partenaires européens" sur une taxe sur les superprofits de TotalEnergies, selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon
La France est "prête à travailler avec ses partenaires" sur l'instauration d'une taxe au niveau européen sur les superprofits des groupes pétroliers, a indiqué mercredi 23 septembre sur franceinfo la porte-parole du gouvernement et ministre chargée de l'Energie, Maud Bregeon. Cette taxation est réclamée par la gauche et par plusieurs pays européens, dont l'Allemagne, pour lutter contre la hausse des prix des carburants.
Une ouverture affichée à l’échelle européenne
"La France ne bloque en aucun cas cette initiative", a assuré Maud Bregeon sur franceinfo. Elle a précisé que le gouvernement français a été le premier à dire que "si une taxation devait se faire, ce serait à l'échelle européenne" et que "s'il y avait des superprofits avérés et une manière d'y répondre à l'échelle européenne, évidemment nous serions prêts à y travailler".
Invité de franceinfo lundi, le candidat à l'élection présidentielle Raphaël Glucksmann, qui réclame une taxe sur les superprofits, a assuré que le gouvernement n'y est pas favorable car, selon l'eurodéputé, il "ne veut pas heurter TotalEnergies" et son PDG. "Ce qu'a dit Raphaël Glucksmann sur votre plateau est un mensonge [...] C'est très grave et pas au niveau d'un candidat à la présidentielle", a réagi Maud Bregeon.
En mai dernier, le PDG du groupe TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a menacé de lever son plafonnement sur les prix des carburants si une taxe sur les profits pétroliers exceptionnels était instaurée. "On ne rentre pas dans un jeu de chantage ni avec M. Pouyanné ni avec personne d'autre", a répondu Maud Bregeon.
La porte-parole du gouvernement a rappelé que l'année dernière, la France "a mis en place 7,5 milliards de surtaxe d'impôts sur les sociétés". Elle a souligné que cette décision avait été "très durement reprochée par les entreprises touchées avec des patrons qui n'ont pas manqué de défiler sur les plateaux télés et pour autant on l'a mis en place parce qu'on a estimé que c'était un partage de l'effort qui au regard de la situation budgétaire était juste". Maud Bregeon a estimé que "ce plafond est une bonne chose [...] qui bénéficie au pouvoir d'achat des Français, donc on essaie d'avancer et de travailler de manière intelligente".
En 2022, le gouvernement d'Elisabeth Borne avait imposé une contribution de 33% sur les bénéfices jugés excessifs des entreprises du secteur des énergies fossiles. Le rendement obtenu par l'Etat de cette contribution a été de 69 millions d'euros, trois fois moins que ce que Bercy en attendait.
Au deuxième trimestre 2026, TotalEnergies a annoncé un bénéfice net de 4,7 milliards d'euros, soit le double du deuxième trimestre 2025.