Le président argentin Javier Milei en visite à Paris
Javier Milei est arrivé mercredi 30 septembre en France et mobilise déjà contre lui, avec un rassemblement prévu dans la soirée de jeudi devant l’ambassade d’Argentine à Paris. Le président argentin est à Paris jusqu’à la fin de la semaine pour présider l’Argentina Week, un forum destiné notamment à attirer les investisseurs européens. Il rencontrera jeudi Emmanuel Macron à l’Elysée et recevra vendredi un prix du Paris Economic Forum.
Une visite sous tension
La venue de Javier Milei à Paris ne passe pas inaperçue. Surnommé "l’homme à la tronçonneuse" ou encore "El Loco", "le fou", le président argentin fait l’objet de vives critiques. Cette visite fait grincer des dents, chez certains Argentins comme chez les militants des droits de l’homme, les défenseurs de l’environnement ou certains syndicats qui protestent contre sa politique. Les manifestants dénoncent le démantèlement de l’Etat argentin, le recours croissant aux technologies de surveillance dans le pays, le recul de la liberté de la presse, sa politique environnementale, mais aussi la pauvreté et la baisse du pouvoir d’achat des Argentins.
Javier Milei est président de la République argentine depuis fin 2023. Lorsqu'il est arrivé au pouvoir, l'inflation dépassait les 200% en rythme annuel, contre 33,5% aujourd'hui. Pour y parvenir, Javier Milei a licencié des milliers de fonctionnaires, réduit fortement les dépenses publiques, privatisé ou engagé la privatisation de pans de l'économie et divisé par deux le nombre de ministères. La baisse des dépenses publiques en termes réels a atteint 30%, selon Javier Milei lui-même.
Sa politique d’austérité a éprouvé l’industrie, l’emploi et la consommation, tandis que la pauvreté est repartie à la hausse au premier semestre 2026, pour atteindre 32,3% de la population. Son gouvernement a également restreint le rôle de la Banque centrale. Pour mener à bien ses réformes, le président argentin a également pu compter sur le soutien de Donald Trump et des Etats-Unis. Politiquement, cela a fonctionné dans les urnes : malgré les conséquences sociales de sa politique, son parti a remporté les élections législatives de 2025.
L’Argentina Week est présentée comme une vitrine de la nouvelle Argentine auprès des entreprises européennes. L’objectif affiché de Javier Milei est d’attirer des investisseurs étrangers pour soutenir la relance économique du pays. Ce forum d’affaires, organisé à Paris, doit permettre de présenter les opportunités offertes par les réformes engagées et de convaincre les milieux économiques européens.
Un style controversé
Javier Milei est aussi victime de ses outrances. Il y a ce qu’il fait, comme le fameux coup de la tronçonneuse, mais aussi ce qu’il dit. La semaine dernière encore, il s’en est pris violemment à l’ONU, qualifiée "d’'organisation inutile qui ne sert à nourrir qu’une caste de parasites'". Ces prises de position et ce style tranchant contribuent à alimenter la polémique autour de sa visite en France.