Edouard Philippe présente ses propositions pour les familles et défend ses positions sécuritaires
Edouard Philippe, ancien Premier ministre (2017-2020) d’Emmanuel Macron et candidat à la présidentielle 2027 pour Horizons, a présenté une partie de ses propositions en matière de politique familiale lors d’un déplacement à Charleville-Mézières (Ardennes) le mercredi 21 octobre 2026. Ce déplacement, maintenu malgré la crise sociale et politique qui secoue le pays depuis les événements du 17 octobre, marque la volonté du candidat de ne pas se faire imposer son tempo par l’actualité.
Un agenda maintenu malgré la crise
Alors que l’exécutif et les candidats du bloc central sont fragilisés par la situation sociale, Edouard Philippe a choisi de maintenir sa visite à Charleville-Mézières, seul le programme du lendemain ayant été modifié pour y ajouter une rencontre avec des policiers municipaux. Le président par intérim d’Horizons, Christophe Béchu, s’est rendu à la réunion de crise convoquée à Matignon le jeudi 22 octobre 2026, à la place du candidat.
Edouard Philippe s'en est expliqué devant la presse : "Dans le débat public qu'est une campagne présidentielle, on est souvent soumis à l'actualité (…) Le risque, c'est qu'en respectant ce maelstrom, on oublie de parler des sujets qui ne sont pas les plus visibles, mais qui sont souvent les plus importants".
Face à une vingtaine de parents réunis dans une ludothèque du centre-ville, Edouard Philippe a détaillé ses propositions pour soutenir les familles et encourager la natalité. Il propose le versement d’une allocation familiale unique dégressive "dès le premier enfant" jusqu’à 350 euros.
Le candidat Horizons propose également une réduction d'impôt sur le revenu durant trois ans pour les parents "de la classe moyenne" (jusqu'aux 30% les plus aisés), allant jusqu'à 3 000 euros.
Pour accompagner les changements de vie liés à la naissance, Edouard Philippe prévoit un prêt à taux zéro pour ceux souhaitant changer de logement en cas de nouvelle naissance. En matière de garde, il fixe un objectif : "notre objectif devrait être que chaque famille qui fait un enfant ait une garantie d’avoir une place dans les quelques mois après la naissance", que ce soit en crèche ou chez une nounou.
Le candidat affirme aussi réfléchir à "créer un système" qui permettrait aux mères de nouveau-nés qui le souhaitent de reprendre le travail à "80% payés 100%". Il sonde également les parents sur une mesure pour laquelle il ne sait pas encore dire s’il est "pour ou contre" : rendre l’entièreté du congé paternité obligatoire, comme dans plusieurs pays voisins.
"Je rase assez peu gratis, si j’explique parfois qu’il va falloir travailler plus longtemps, c’est notamment pour financer ce genre de choses", précise-t-il.
Sécurité et ordre public au cœur du discours
En marge de ses propositions familiales, Edouard Philippe a également pris position sur les questions de sécurité, dans un contexte marqué par les violences du 17 octobre. Il défend un retour des peines plancher pour sanctionner les casseurs et les pilleurs, l’autorisation de la reconnaissance faciale et de techniques de marquage, et soutient la loi "casseurs-payeurs". Il annonce avoir envoyé une missive au Premier ministre pour demander l’inscription du texte prévoyant l’extension des pouvoirs des policiers municipaux à l’agenda de l’Assemblée nationale.
S’il critique le maintien du déplacement du chef de l’Etat dans les pays du Golfe en début de semaine, jugeant que ce "n’était pas [la décision] la plus opportune" et n’a "pas été compris[e]", il salue toutefois l’action du gouvernement ces derniers jours pour mobiliser des "moyens supplémentaires", afin de "permettre un retour à l’ordre".