Emmanuel Macron admet une absence d'anticipation après les violences du 17 octobre

Emmanuel Macron admet une absence d'anticipation après les violences du 17 octobre Le président s'est exprimé à Marseille après les violences du 17 octobre, admettant une absence totale d'anticipation et dénonçant le rôle des réseaux sociaux dans la mobilisation et les débordements.

Emmanuel Macron s’est rendu à Marseille le lundi 26 octobre 2026, accompagné du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, du maire de Marseille Benoît Payan et de la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage Sabrina Agresti-Roubache. Cette visite intervient neuf jours après les graves violences qui ont secoué la ville et d’autres agglomérations lors des manifestations contre la vie chère, les 17 et 18 octobre, marquées par de nombreux pillages et dégradations.

Une anticipation défaillante reconnue

Après s’être déplacé dans la mairie brièvement occupée le 17 octobre, le président de la République s’est exprimé publiquement. Il a admis que les autorités n’avaient "pas du tout anticipé" la mobilisation de cette journée et que "les forces de police n’étaient pas dûment proportionnées". Cette prise de parole survient alors que le chef de l’Etat a fait l’objet de critiques, tant de la part de l’opposition que de membres de sa propre majorité, concernant la gestion du maintien de l’ordre le 17 octobre ainsi que la poursuite de sa tournée dans le Golfe au début de la semaine suivante.

Emmanuel Macron a mis en cause l'influence des réseaux sociaux, estimant qu'ils "abîment nos démocraties". Il les a décrits comme des "instruments de mobilisation du pire", soulignant qu'ils engendrent "une forme de déréalisation de la violence". D'après le président, "ils ont été utilisés, en particulier le 17, pour faire venir des jeunes ou des moins jeunes sur les lieux de délinquance, d’attaque, de pillage". Il a également évoqué "aujourd’hui une grande confusion, une forme d’excitation permanente qui est en train de se faire, une fascination pour la violence".

Face à la poursuite des appels à manifester, Emmanuel Macron a affirmé que samedi prochain serait de nouveau "à risque", précisant que les tracés des manifestations resteraient en dehors des centres-villes afin de protéger "l’ordre". Il a également souligné que "la République" et "l’ordre public" sont tenus "sans état d’urgence", mais que ce n’était pas "un interdit ou un tabou" si "les choses devaient se dégrader".

Le 24 octobre, une mobilisation en faveur du pouvoir d’achat et des services publics s’est déroulée dans un climat plus apaisé que ce qui était anticipé. Quelques incidents et actes de pillage ont toutefois été signalés dans différentes villes. Laurent Nuñez indique que "1 435 personnes ont été interpellées" au cours de ces rassemblements.

Emmanuel Macron a déclaré : "Ce que nous vivons aujourd’hui n’est pas comparable avec ce que nous avions vécu à l’été 2023", lors des émeutes urbaines qui avaient suivi la mort du jeune Nahel Merzouk. Il a évoqué "une mobilisation sociale et politique qui a des racines dans la mobilisation lycéenne d’une part, et dans la vie chère d’autre part".