Le gouvernement présente des mesures mais les organisations lycéennes maintiennent la mobilisation
Le gouvernement a présenté plusieurs mesures ce lundi dans l'espoir de clore une crise lycéenne entamée par des blocages d'établissements mi-septembre. Après plus de cinq semaines de mobilisation, l’exécutif, sous la pression des lycéens, a dévoilé un plan d’action censé répondre à des revendications qui se sont élargies à la défense du pouvoir d’achat et des services publics.
Sébastien Lecornu, Premier ministre, a notamment accepté la suppression de la plateforme Parcoursup, qui serait remplacée par un nouveau dispositif d’orientation à partir de 2028. Le gouvernement s’engage également à limiter le nombre d’élèves par classe de seconde à 28 au maximum et prévoit la création de 1 900 postes supplémentaires d’enseignants.
Dans le secteur de l’enseignement supérieur, environ 15 000 places supplémentaires seront créées, avec une priorité donnée aux filières techniques. L’Etat va prêter 4 milliards d’euros à taux réduit aux collectivités afin de financer la rénovation des collèges et des lycées.
Le gouvernement s'est appuyé sur plus de 100 000 doléances recueillies depuis le début du mois d'octobre via une plateforme dédiée pour élaborer ces réponses.
Des réactions lycéennes critiques et une mobilisation maintenue
Malgré ces annonces, les représentants du mouvement lycéen, réunis à Matignon avec le Premier ministre, ont jugé les mesures insuffisantes et ont tous appelé à "continuer la mobilisation". Ils ont assuré que seuls "des résultats très concrets du terrain" permettront de mettre fin à celle-ci.
Edouard Geffray, ministre de l'Education nationale, a déclaré à la presse : "Aucune des décisions que nous prenons n'est une promesse en l'air. Tout ce que nous disons sera fait et sera respecté dans des délais précis et de manière chiffrée".
Louis Letoublon, vice-président de Les Lycéens!, a déclaré : "15 000 places c'est à la limite de la moquerie". L’Union étudiante a dénoncé : "0/10 pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui n'annonce que des miettes sur Parcoursup en réponse à la mobilisation historique de la jeunesse".
La communication du gouvernement a aussi fait l'objet de critiques concernant sa forme. Mathilde Fouqué et Anna Baldy, deux créatrices de contenus populaires auprès des jeunes, ont présenté en direct sur BFMTV le plan de sortie de crise. Cette annonce a eu lieu avant que Sébastien Lecornu ne rencontre les associations lycéennes. Les représentants du mouvement ont interprété cet épisode comme une marque de "mépris".
Les représentants du mouvement lycéen ont fixé un nouveau rendez-vous aux lycéens pour samedi prochain, à l'occasion d'une journée d'action organisée par les "gilets jaunes". Ils ont également appelé à participer à la journée nationale de grèves et de manifestations prévue le 5 novembre, à l'initiative des syndicats de salariés.
Le président de la République, Emmanuel Macron, a reconnu la persistance des tensions : "On sait que samedi prochain est encore un samedi à risque", a-t-il déclaré depuis Marseille, ce lundi. Il a ajouté : "Si on fait bien notre travail collectivement, c'est un mouvement qui va se calmer parce qu'on répondra aux attentes légitimes et parce que l'ordre sera tenu. Mais rien n'est fait et je vous dis ça avec beaucoup de détermination et d'humilité".
En parallèle de la crise lycéenne, l’exécutif doit aussi faire face à la flambée du prix des carburants, qui alimente la colère sur le pouvoir d’achat. Sébastien Lecornu a annoncé la signature d'un décret permettant la libération de 10 millions de barils de gazole pour une baisse du prix jusqu'à 18 centimes d'euro par litre, à compter du 1er novembre.