Les violences du 17 octobre affaiblissent le bloc central dans les sondages
Le 17 octobre devrait rester une date charnière dans la campagne présidentielle. Ce jour-là, à Paris comme dans plusieurs grandes villes, les manifestations ont dégénéré. A six mois d'une élection annoncée comme décisive, cet épisode a marqué l'opinion publique et modifié certains équilibres politiques à l'approche de la présidentielle de 2027.
Une condamnation quasi unanime des violences
D'après un sondage Elabe pour BFMTV, 91% des Français condamnent les violences commises en marge des manifestations du 17 octobre. Pourtant, 24% déclarent les comprendre. Cette proportion atteint 51% parmi les 18-24 ans et 77% chez les sympathisants insoumis. Selon une enquête Odoxa pour Public Sénat, la colère constitue le principal sentiment pour 67% des personnes interrogées, devant l'impuissance (19%) et la peur (12%).
D'après une étude Odoxa-Backbone pour Le Figaro, 77% des Français attribuent une responsabilité dans les violences au gouvernement, et 74% à Emmanuel Macron. La France insoumise est également mise en cause par 69% d'entre eux. Selon Ipsos BVA, 81% estiment aussi responsable un gouvernement "qui n'a pas suffisamment répondu aux revendications sociales", tandis que 79% pointent les "groupes politiques radicaux". LFI est aussi jugée responsable par 97% des sympathisants Renaissance, ainsi que par 88% de ceux du Rassemblement national. Sur cette question, le reste de la gauche est partagé : 57% des proches du PS incriminent LFI, contre 43% des écologistes.
Marine Le Pen recueille la confiance de 39% des Français pour assurer la sécurité des personnes et des biens. Elle devance Bruno Retailleau, crédité de 27%, ainsi que David Lisnard, à 25%. Selon Odoxa-Backbone, 47% estiment aussi qu'elle peut "ramener l'ordre". Sur ce sujet, aucun responsable politique ne bénéficie néanmoins de la confiance d'une majorité.
Cinq instituts ont interrogé les électeurs avant et après les événements et un camp en sort très affaibli. Pour mesurer cet effet, la comparaison des sondages montre que le seul mouvement commun à tous concerne le bloc central. Edouard Philippe stagne ou perd jusqu’à 3 points (-1,8 en moyenne), Gabriel Attal de 0,5 à 4 points (-1,5). Marine Le Pen sera la grande bénéficiaire politique des débordements pour 74% des Français, loin devant Jean-Luc Mélenchon (32%), Bruno Retailleau (13%), Edouard Philippe (7%) et Gabriel Attal (6%).
Selon Odoxa, la cote d’adhésion de la candidate RN progresse de 3 points. Sur le dernier mois, celles d’Edouard Philippe (-3) et de Gabriel Attal (-4) diminuent. Pour Marine Le Pen, le gain moyen attendu demeure néanmoins limité à +0,8 point. Chez l’Ifop, elle avance de 2 points, passant de 34% à 36%, dans une étude débutée le 17 octobre au soir. Par rapport à la vague de mi-septembre, Cluster17 mesure une hausse de 1,5 à 2 points. Dans les autres enquêtes, elle ne bouge pas.
Au premier tour, les intentions de vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon demeurent inchangées, malgré la mise en cause de son mouvement : +0,1 point en moyenne. Si un Français sur trois estime qu'il profite de la séquence, sept sur dix le considèrent même comme responsable. Raphaël Glucksmann avance ou reste stable dans tous les cas, avec une hausse allant de 0 à 3 points. Il profite sans doute aussi de sa victoire à la primaire socialiste.
Un avantage limité pour Marine Le Pen
Chez Toluna, Marine Le Pen creuse son avance sur Jean-Luc Mélenchon au second tour : 70% contre 67%. La séquence ne permet à aucun responsable politique de capitaliser massivement. La dynamique demeure toutefois favorable à la candidate du Rassemblement national. Ses chances de qualification pour le second restent actuellement supérieures à 80%, selon les données de l’agrégateur de sondages du Figaro.