La Réserve fédérale américaine maintient ses taux d'intérêt

La Réserve fédérale américaine maintient ses taux d'intérêt La banque centrale américaine opte pour le statu quo monétaire, une décision interprétée comme hautement politique à l'approche d'un scrutin crucial pour Donald Trump.

La banque centrale américaine décide de ne pas toucher à ses taux d'intérêt. Ni hausse, ni baisse, pour ces taux qui déterminent l'évolution de l'économie. Cette décision intervient à la veille des élections de mi-mandat prévues la semaine prochaine et déterminantes pour la majorité dont dispose Donald Trump au Congrès.

Statu quo donc, mercredi 28 octobre, aux Etats-Unis. La Réserve fédérale américaine – l’équivalent de notre Banque centrale européenne – a voulu rester prudente. Cet immobilisme monétaire intervient plusieurs semaines après une hausse des taux d’un quart de point qui avait provoqué la colère de Donald Trump.

Le mois dernier, l’inflation a accéléré aux Etats-Unis, atteignant +3,7% sur un an. Cette hausse s’explique notamment par la flambée des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient, contre l’Iran, déclenchée par Trump lui-même. Le président américain juge aujourd’hui qu’une baisse des taux est nécessaire afin de soutenir l’économie américaine.

La Fed sous pression politique

Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh – censé être indépendant du pouvoir politique mais nommé quand même par Trump au printemps dernier – est pris entre deux feux : soit relever les taux pour lutter contre l'inflation mais en allant contre l'avis de celui qui l'a nommé ; soit ne pas modifier sa politique monétaire pour satisfaire le président.

Les Etats-Unis imposent leur tempo, et la décision de la Fed est scrutée de près par les marchés financiers comme par les responsables politiques, tant à Washington qu’à l’étranger.

L'Europe se retrouve indirectement piégée dans cette affaire. Car, si officiellement elle n'aligne pas ses décisions sur celles des Américains, la Banque centrale européenne observe de très près l'évolution de la situation outre-Atlantique. D'ailleurs, le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne se réunit jeudi. Va-t-on vers un relèvement des taux aux Etats-Unis et en Europe pour freiner l'inflation ? Cela semble logique, au risque toutefois de rendre plus cher le crédit aux ménages, freiner l'investissement, pénaliser l'immobilier et ralentir la consommation en général.

Les élections de mi-mandat américaines ont traditionnellement lieu le mardi suivant le premier lundi de novembre, soit le 3 novembre 2026.