Agnès Firmin Le Bodo démissionne de son poste de corapporteuse de la commission d'enquête

Agnès Firmin Le Bodo démissionne de son poste de corapporteuse de la commission d'enquête La députée Horizons renonce à son rôle de corapporteuse, estimant que la distribution des postes rompt l'équilibre démocratique.

Agnès Firmin Le Bodo, députée Horizons, a démissionné, vendredi 30 octobre, de son poste de corapporteuse de la commission d'enquête sur les violences du 17 octobre. Dans un communiqué adressé à la presse, la députée a estimé vendredi qu'"une commission d'enquête ne peut pas remplir pleinement sa mission sans un cadre de travail respectueux des équilibres démocratiques et de la composition de notre Assemblée".

La semaine dernière, la députée et ancienne ministre avait déjà pris ses distances, préoccupée par la crédibilité des travaux.

Le Rassemblement national (RN) avait annoncé qu'il boycottait cette commission, faute d'avoir obtenu l'un des postes de rapporteurs qui, selon lui, aurait dû lui revenir, au nom d'un équilibre politique et de son poids de premier groupe à l'Assemblée nationale. Plusieurs initiatives, notamment de la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, ont échoué cette semaine à sortir de l'impasse. La gauche s'est notamment opposée à la création d'un quatrième poste de rapporteur réservé au RN.

Face à "l'absence d'évolution de la situation", Agnès Firmin Le Bodo a annoncé sa démission. Trois corapporteurs avaient été désignés lors de la transformation de la commission des lois en commission d'enquête, à l'issue d'un vote à bulletin secret : Agnès Firmin Le Bodo, Roger Vicot (Parti socialiste) et Pouria Amirshahi (groupe Ecologiste).

Réaction de Boris Vallaud sur X

Le président du groupe socialiste, Boris Vallaud, a fustigé cette décision. "Pourquoi tant d'effort pour tenter de décrédibiliser cette commission d'enquête ? A quoi sert la campagne présidentielle d'Edouard Philippe si ses députés sont les petits télégraphistes de Marine Le Pen ?", a estimé sur X le député des Landes, soutien du candidat social-démocrate, Raphaël Glucksmann.

A la suite des violences et pillages inédits du 17 octobre, il est prévu que cette commission se penche, entre autres, sur "la façon dont les pouvoirs publics se préparent en amont de tels événements" mais aussi sur les "renseignements et les moyens dont ils disposent", alors que l'exécutif a reconnu des défaillances concernant l'anticipation de l'ampleur des mouvements du 17 octobre contre la "vie chère". La commission doit commencer ses travaux mardi avec l'audition du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Un bureau de la commission doit, par ailleurs, se réunir la semaine prochaine.