Le gouvernement réunit syndicats et patronat lundi pour discuter des salaires

alexandre mathiot
alexandre mathiot

Le gouvernement réunit syndicats et patronat lundi pour discuter des salaires Le gouvernement réunit syndicats et patronat lundi 9 novembre pour discuter des salaires, sous la pression d'une mobilisation massive et de fortes contraintes budgétaires.

Alors qu'une mobilisation nationale se déroulait, Sébastien Lecornu a annoncé jeudi la tenue d'une conférence sociale. Pour discuter, avec syndicats et patronat, des salaires français, elle aura lieu lundi. Fixé au 9 novembre, ce rendez-vous intervient dans un contexte de forte agitation sociale dans le pays. Trois samedis de manifestations et une mobilisation intersyndicale, jeudi, l'ont marquée. Selon le ministère de l'Intérieur, lors de la mobilisation du 5 novembre, dans toute la France, 575 000 manifestants ont été recensés.

Le gouvernement, les syndicats et le patronat se retrouveront lundi pour une nouvelle réunion consacrée aux salaires et au pouvoir d'achat. Après trois samedis de manifestations, ainsi qu'une mobilisation intersyndicale jeudi, ils doivent parvenir à un accord et, surtout, prendre des mesures concrètes rapidement.

Revendications syndicales et débat sur le Smic

A l'approche de cette réunion, les syndicats affichent un état d'esprit assez similaire. Par l'intermédiaire de sa secrétaire générale Sophie Binet, la CGT ouvre la voie : "La question qui est posée aujourd'hui, c'est pas 'est-ce qu'on va gagner' mais 'combien va-t-on gagner ?'". Sophie Binet réclame une hausse du Smic de 150 euros. Quant à Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, elle réclame un coup de pouce de 100 euros ainsi que des réponses concrètes sur les fins de mois des Français.

Le Smic figurera évidemment parmi les sujets abordés. Les représentants patronaux consentiront-ils à relever le salaire minimum, mais de manière limitée ? Cette hausse viendrait s'ajouter à l'augmentation automatique, de l'ordre de 1%, prévue au 1er janvier. La question demeure centrale, tandis que les négociations s'annoncent difficiles.

Confronté à une dette abyssale et à la nécessité de réduire les déficits publics, le gouvernement se trouve dans une impasse. Le Premier ministre apparaît bien désarmé, ses marges de manœuvre étant très étroites, voire inexistantes. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou est d'ailleurs chargé de finaliser, d'ici dimanche soir, les concertations sur ces sujets avec les représentants patronaux.

Le patronat le répète régulièrement : dans la situation actuelle, il est difficile de faire un effort sur les salaires sans alléger la fiscalité qui frappe le travail. Pour les PME notamment, le contexte économique actuel ne permet pas de s'engager dans cette direction sans exposer leurs trésoreries et les investissements indispensables à leur développement.

Le patronat devrait chercher à obtenir, en échange d'une éventuelle hausse du Smic, le dégel des allègements de charges applicables aux bas salaires et un allègement de cotisations pour l'emploi des jeunes.

Jeunesse et pouvoir d'achat au cœur des discussions

Il paraît difficile d’imaginer que le sujet jeunesse ne figure pas à l’ordre du jour de cette conférence sociale, organisée lundi prochain. Les débats devraient accorder une place importante aux revendications des jeunes, aux demandes syndicales et à l’attente des Français concernant les revenus.

La conférence sociale de lundi s'annonce donc déterminante pour le dialogue social, dans un contexte de mobilisation sociale.