MokN lève 15 millions de dollars et séduit Google Ventures pour lutter contre le vol d'identifiants

MokN lève 15 millions de dollars et séduit Google Ventures pour lutter contre le vol d'identifiants La jeune pousse française conclut ainsi une seconde levée de fonds en quelques mois. Objectif : performer aux Etats-Unis et recruter.

La start-up MokN, spécialisée dans la récupération d'identité, n'en finit plus de surprendre. Lancée il y a seulement deux ans en France, "avec 5000 euros en poche", précise Gautier Bugeon, co-fondateur et PDG de l'entreprise, la jeune pousse réalise déjà son second tour de table. Après une première levée de fonds annoncée en octobre 2025, d'une valeur de 2,6 millions d'euros, ce nouveau round permet à la start-up de décrocher 15 millions d'euros d'investissements. Cette opération a été menée par le fonds américain Google Ventures, ce qui est une première pour une start-up française. Datadog et les investisseurs européens Moonfire, OVNI Capital, et des business angels y ont aussi participé. Elle permettra à MokN de renforcer sa présence aux Etats-Unis, conquérir de nouveaux marchés à l'international, et continuer de développer sa solution de phish-back. Celle-ci permet de protéger les entreprises contre l'exploitation de leurs identifiants volés.

Une plateforme qui piège les attaquants

La jeune pousse est née d’une idée simple : plutôt que de scruter le dark web à la recherche d’identifiants déjà compromis, mieux vaut les intercepter en amont, avant même qu’ils n’y circulent. "Il y a deux ans, l'entreprise dans laquelle je travaillais comme SOC manager a subi une crise cyber à cause d'un phishing très ciblé. Alors que nous possédions tous les outils du marché pour protéger le système d'information, nous nous sommes quand même fait avoir. J'ai donc cherché une solution. Jusqu'à ce que je me dise que si mon réseau possédait une fausse porte d'entrée, les attaquants auraient tenté de s'y connecter tout en me renseignant sur les identifiants volés qu'il utilisait".

Pour cela, la solution de MokN déploie de faux points d'accès au réseau (portails VPN, messageries, etc.) très réalistes qui reproduisent l'environnement d'une entreprise. Quand l'attaquant s'y connecte, il rend les identifiants volés à l'entreprise malgré lui. Cela permet à l'équipe cybersécurité de l'entreprise de neutraliser l'attaque proactivement. "On fait ce que font les attaquants : on reprend le même mécanisme que le phishing grâce à des pages qui les trompent. On appelle ça du phishing défensif". MokN souhaite désormais diversifier l'usage de sa solution en l'étendant aussi aux cookies et sessions volées. "Mon objectif ultime est de reproduire le même mécanisme pour tous les types d'identité. C'est pour cela qu'on va lancer, grâce à cette levée de fonds, une plateforme multi-produits qui permet de protéger plusieurs types d'identité".

A la conquête du marché américain

Depuis sa première levée de fonds, MokN a recruté une dizaine de collaborateurs spécialisés dans la R&D ou la vente. "Actuellement, on est une vingtaine de collaborateurs. On sera une trentaine à la fin de l'année et notre objectif est d'atteindre une cinquantaine de collaborateurs dans les 12 à 18 mois. Le recrutement sera surtout dans la R&D car nous voulons développer d'autres stratégies pour piéger les attaquants, entre autres. Notre plateforme, avec tous nos nouveaux produits, doit être prête dans environ 12 mois".

Avec l'appui de ses dirigeants installés à Paris et à New York, l’entreprise veut aussi renforcer sa présence en Europe et aux Etats-Unis. "Grâce à la première levée de fonds, on a pu tester le déploiement de notre solution aux Etats-Unis. On a vu que les résultats étaient aussi encourageants qu'en Europe. Il y a de gros signaux qui démontrent que ça va bien fonctionner aux Etats-Unis. Cette nouvelle levée de fonds va nous permettre de déployer une équipe et notre technologie sur place. En parallèle, nous testons aussi le marché asiatique et le Royaume Uni". A ce jour, la solution de MokN compte plus d'un million d'utilisateurs au sein de grands groupes et d'ETI. "Et le nombre de clients ne fait qu'augmenter", conclut le PDG.