Jean-Pierre Remy lance Deepreach pour séduire les annonceurs multi-local

Jean-Pierre Remy lance Deepreach pour séduire les annonceurs multi-local La start-up de l'ancien patron de Solocal aide les agences à gérer les campagnes marketing des acteurs aux multiples implantations.

Mi-2017, Jean-Pierre Remy quittait la présidence de Solocal pour se lancer dans l'entrepreneuriat. Un an et demi plus tard, il sort du bois en officialisant le lancement de Deepreach. Son ambition ? Aider les agences à optimiser la gestion des campagnes médias qu'elles gèrent pour compte d'acteurs multi-locaux comme les enseignes ou les franchises. Des clients qui ont un vrai besoin d'accompagnement sur ce sujet à en croire Jean-Pierre Remy. "La plupart connaissent parfaitement leur part de marché nationale mais ont beaucoup moins d'informations sur ce qui se passe à l'échelle locale."

C'est précisément ce que permet de faire Deepreach grâce à une technologie propriétaire qui passe au crible tout le big data disponible sur le Web (réseaux sociaux, moteurs de recherche, sites de l'entreprise, des concurrents et des médias…) pour analyser la présence de la marque en owned, earned et paid media. "On regarde tout depuis les performances SEO jusqu'aux mentions sur Facebook pour établir, ville par ville, un indicateur de visibilité", explique Jean-Pierre Remy. Indicateur qui sera bien évidemment mis en perspective avec les performances des concurrents directs de la marque. Seule l'analyse du média display, pour connaître la part de la voix de la marque sur une région bien particulière, échappe encore au radar de Deeprech. "Nous y travaillons."

"L'humain coûte très cher dans ce type de campagne. En automatisant cet aspect, nous abaissons ce coût à moins de 5%"

L'offre de Deepreach ne se réduit toutefois pas à un simple audit. La plateforme commercialise une technologie propriétaire de gestion des campagnes médias. Un vrai plus dans un secteur où 40% des budgets médias, lesquels dépassent rarement quelques milliers d'euros, sont absorbés directement par les coûts d'opération. "L'humain coûte très cher dans ce type de campagne. En automatisant cet aspect, nous abaissons ce coût à moins de 5%", chiffre Jean-Pierre Remy.

La plateforme propose également un moteur de recommandation qui va aiguiller l'annonceur dans son mix media (Google, Facebook, display classique…) en fonction de ses objectifs marketing (générer des avis positifs sur Google My Business, du trafic en magasin…) et de ses performances actuelles. "La majorité des campagnes de ce type sont aujourd'hui opérées par silo. D'un côté Facebook, de l'autre Linkedin, le mobile ou Snapchat… Nous sommes le seul acteur à permettre de les travailler ensemble", assure Jean-Pierre Remy. En réalité, un acteur comme Armis le permet déjà mais le fondateur de Deepreach précise : "Nous n'avons pas le même positionnement. Armis fonctionne sur le modèle d'une agence là ou Deepreach est une plateforme technologique à destination des agences."

C'est effectivement le parti pris par la start-up : ne travailler qu'avec des agences en direct. "L'agence est garante de la bonne réussite d'une campagne, par son accompagnement et ses créations. Chose que nous ne faisons pas", justifie Jean-Pierre Remy. Elles sont une quarantaine à tester la plateforme depuis début janvier. Leur nombre devrait monter à une centaine d'ici fin mars, espère Jean-Pierre Remy. Côté business model, Deepreach se rémunère en prélevant une commission de 20% de la marge média. Commission qui peut baisser selon le montant investi par l'agence. L'annonceur qui le désire peut également payer un abonnement mensuel pour bénéficier de l'audit de la plateforme (25 euros par mois par localité) sans nécessairement l'utiliser pour optimiser ses campagnes médias.

"Deepreach sera cash positif à la fin du printemps"

25 collaborateurs ont rejoint la société pour contribuer à son développement en R&D. Ils seront une trentaine d'ici quelques semaines, espère Jean-Pierre Remy. Les équipes ventes ont été constituées en septembre dernier et un nouvel associé, Jean-Charles Brandely, ancien du pôle Btob de Solocal, a rejoint l'aventure. Côté financements, Deepreach peut compter sur le soutien des business angels qui ont accompagné Jean-Pierre Remy dans son lancement. "La plateforme sera cash positif à la fin du printemps", prévoit l'entrepreneur, qui peut profiter d'un modèle de développement scalable avec une plateforme conçue pour être proposée en self-service dans le monde entier.

Pas besoin donc pour Deepreach de procéder à une levée de fonds de type Serie A, à moins qu'une bonne opportunité se présente côté acquisition. "On se réserve la possibilité de mettre la main sur des sociétés qui complètent notre technologie. On pourrait débourser des dizaines de millions d'euros à cette fin pour des start-up spécialisées dans l'IA et le machine learning", assure Jean-Pierre Remy. Il faudra peut-être passer par là s'il veut devenir, comme il l'ambitionne, "la plus grosse plateforme de marketing local au monde".

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