La livraison verte comme nouvelle exigence de consommation

La livraison de proximité est en plein essor. Bien qu’utile, elle a un coût écologique et social. Il faut donc que tous les acteurs se mobilisent pour que l'innovation technologique soit au service de la livraison propre.

Par manque de temps, par commodité ou plus simplement par flemme, les consommateurs sont nombreux à se laisser tenter par ces offres de livraison à domicile si faciles et engageantes. Qu’il s’agisse de son repas, ses courses ou ses cadeaux de Noël. Une grande majorité de citadins a dans tous les cas pris le pli et l’habitude de recourir à ces services qui changent la vie.

Tandis que le marché de la livraison de proximité explose (+35% en 2017), les usages des jeunes montrent un vrai engouement : les millennials, cette génération âgée de 18 à 24 ans, concentrent à eux seuls 55 % des commandes de restauration rapide. Les livreurs à vélo ou en scooter pullulent dans les rues de nos villes. Et ce n’est pas près de s’arrêter. Plus globalement, le transport de marchandises représente à Paris 1,5 millions de trajets par semaine, 100 000 mouvements de véhicules chaque jour dont 90% en véhicules thermiques, selon les chiffres de France logistique 2025 de juillet 2015.

Or, cette nouvelle manière de consommer n’est pas sans conséquence ni pour la ville et l’environnement, ni pour l’homme. L’image d’Epinal du bobo citadin, qui mange bio car soucieux de son empreinte écologique et qui shoppe des marques écoresponsables, est alors écornée par un mode de livraison de proximité stigmatisant. 

Qui se soucie de ces nouveaux forçats que sont ces livreurs, le plus souvent autoentrepreneurs ? Ils sont soumis des horaires délirants, en scooter, à vélo et par tous temps, ils sillonnent la ville à toute vitesse, risquant leur santé pour une pizza. Le prix de cette pizza est à mettre en rapport avec la couverture sociale ou l’assurance médicale de l’autoentrepreneur livreur.

Sans parler des émissions de CO² liées aux livraisons urbaines. En ville, le transport de marchandises génère 40% des émissions polluantes et 50% de la consommation de carburants et est source de pollution sonore, toujours selon les chiffres de juillet 2015 de France logistique 2025. .

La ville et ses habitants méritent mieux. Et les véhicules électriques permettent de résoudre les problèmes précédemment évoqués. Sans revenir sur ce service qui simplifie nos vies et nous permet de gagner du temps, nous devons nous engager pour que l’innovation technologique soit au service de la livraison propre. On ne peut que se féliciter que les pouvoirs publics se mobilisent sur le sujet. La Mairie de Paris s’est par exemple fixé un objectif de 0% de livraisons urbaines effectuées par des véhicules non-diesel à l’horizon2020.

Mais il faut en outre, comme cela a été abordé lors des dernières assises nationales de la mobilité, lancer un appel à la possibilité pour le citoyen de choisir sa livraison vraiment "green". Que le consommateur puisse opter ou exiger lors de sa commande une livraison propre, avec une empreinte carbone nulle et socialement responsable. Le surcoût que représente l’investissement dans une livraison propre peut ainsi être répercuté directement sur le prix de la commande et le client consomme de manière engagée.

Il est urgent de choisir la livraison de proximité propre, qui répondra à nos besoins de consommateurs tout en soutenant ce secteur porteur pour la croissance française. Il est crucial de responsabiliser les clients finaux qui, s’ils n’en ont pas nécessairement conscience, ont le pouvoir de faire évoluer les choses. Responsabiliser l'acheteur final va permettre de vraiment développer la livraison verte dans un secteur en pleine croissance. Nous exigeons que les consommateurs de livraison de proximité puissent faire le choix d’une livraison vraiment respectueuse du livreur et de la ville.

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