Confidentiel : Une start-up française réclame la paternité de "Party Call" d'Orange

Confidentiel : Une start-up française réclame la paternité de "Party Call" d'Orange Pour MobileGlobe le service de conférence téléphonique sociale qu'Orange vient de lancer est un copier-coller de son produit. Une accusation qu'Orange réfute, même s'il reconnait que des discussions ont bien eu lieu.

Yoann Valensi est tombé des nues le 21 novembre dernier lors de l'annonce par Orange du lancement de son dernier projet de conférence téléphonique sociale via Facebook, "Party Call". Et pour cause, le dirigeant de la société française MobileGlobe, positionné jusque-là comme opérateur alternatif permettant de passer des appels voix à bas prix à l'international, explique avoir été en négociations avancées avec l'opérateur pour lui proposer un service identique, KipCall.

"Nous avons développé l'application KipCall en 2010 et lancé la version beta en mars dernier, partant du constat que les réseaux sociaux étaient devenus le point d'entrée à toutes les interactions utilisateurs, appels téléphoniques mis à part", explique Yoann Valensi. Le concept ? Permettre aux utilisateurs d'appeler leurs contacts Facebook sans forcément connaître leur numéro. "Nous stockons les numéros des inscrits dans une base de données et mettons en relation les deux contacts, sans que le numéro ne s'affiche à aucun moment."

mobile globe
Capture d'écran KipCall. © KipCall

Désireux de commercialiser sa solution sous licence, Yohan Valensi va donc démarcher les trois opérateurs telecom français, en février 2012. Rapidement, Orange est intéressé. Une première réunion est organisée. "Nous avons eu, mi-mars, une réunion de plusieurs heures au cours de laquelle nous avons répondu aux interrogations des directeurs des principaux départements : partenariats, marketing, mobile". Etaient également présents des membres d'Orange Labs, le pôle innovation de l'opérateur telecom. S'ensuit la signature en avril d'un NDA (Non disclosure agreement ou clause de confidentialité). "A ce stade d'avancement du projet, nous nous considérions comme des partenaires et nous leur avons tout donné", confie Yoann Valensi, dépité.

"Faux, rétorque Xavier Perret, vice-président d'Orange en charge des partenariats stratégiques. Signer un NDA n'engage pas à conclure quoi que se soit". Il réfute également avoir "poussé les discussions jusqu'à un stade avancé". Et d'ajouter : "Nous leur avons fait savoir durant l'été que leur solution ne correspondait pas à ce que nous cherchions car elle n'intégrait pas la notion de conférence que l'on retrouve dans Party Call." Yoann Valensi conteste. Les dernières nouvelles reçues d'Orange datent selon lui de juillet. A l'époque, Orange lui propose d'attendre la rentrée pour reprendre les échanges. Jusqu'à ce que tombe cette fameuse annonce du 21 novembre. 

 

Orange conteste avoir jamais entamé des discussions sérieuses

"Le concept, le pitch et même la démonstration vidéo... On n'est pas loin du copier-coller, dénonce Yoann Valensi. Mais pour Xavier Perret, "KipCall, c'est du one to one, le cœur de Party Call réside dans la notion même de réunion téléphonique." D'ailleurs, Orange aurait réfléchi au concept de Social Voice avec les équipes de Facebook dès octobre 2011.

Yoann Valensi n'en démord pourtant pas et a entamé des discussions avec ses avocats concernant la suite à donner à cette affaire. Suite qui sera sans doute judiciaire. Le dirigeant pense également contacter Telesocial, cette start-up américaine qui vient de mettre en demeure Orange et l'accuse également de lui avoir volé l'idée (lire l'article, Orange accusé par une start-up de lui avoir volé le concept "Party Call", du 03/12/2012). En discussion avec Orange, Telesocial explique avoir refusé de céder l'exclusivité de son produit à l'opérateur. "Faux également, dément Xavier Perret. La solution de Telesocial ne correspondait pas, techniquement, à ce que nous voulions. Nous leur avions également fait savoir que nous arrêtions les échanges à ce sujet."

"Cette action de Telesocial nous conforte dans l'idée qu'Orange a noué des contacts avec nos deux start-up dans le seul but d'obtenir des informations", avance Yoann Valensi. Et c'est sans doute le nœud du problème, les start-up sont souvent amenées à révéler un maximum d'informations aux grands groupes. Lesquels peuvent parfois en profiter pour reprendre leurs idées à leur compte. Est-ce le cas d'Orange ? Impossible à dire, personne n'étant en mesure d'apporter la preuve de ce qu'il avance... La justice tranchera peut-être.

Yoann Valensi ne veut, de son côté, pas perdre de temps et compte reprendre rapidement les discussions avec les concurrents d'Orange. "En espérant que cette histoire ait au moins le mérite de les éclairer sur l'énorme potentiel de notre solution", confie-t-il un brin fataliste.

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