Avec ses assistants vocaux BtoB, Snips vise l'industrie, la banque et le retail

Avec ses assistants vocaux BtoB, Snips vise l'industrie, la banque et le retail Après la smart home grand publique, la start-up française s'attaque au marché des pros. Sa particularité : une technologie qui protège les données personnelles.

Connue grâce aux déclarations chocs de son cofondateur Rand Hindi, la start-up française Snips se lance dans les assistants vocaux à destination des professionnels. Au-delà des solutions pour l'électronique grand public qui l'ont fait connaître, elle vise désormais trois autres marchés : l'industrie 4.0, la banque-assurance et le retail.

Le fondateur de Snips prédit une explosion du marché des assistants vocaux en direction du B2B : "Il ne représente à l'heure actuelle qu'un tiers de nos services sortis de R&D l'année dernière. Mais il pourrait atteindre la moitié de nos contrats en 2019. C'est un marché plus important que la maison connectée." Pour l'industrie 4.0, que Rand Hindi considère comme délaissé par les Gafa, Snips œuvre à des solutions d'ouvrier augmenté pour permettre notamment une consultation vocale d'un catalogue de pièces en libérant les mains du salarié. Autre exemple dans le commerce, où l'assistant vocal servirait d'interface shopping. Le commerce vocal devrait représenter 32,3 milliards d'euros de ventes d'ici à 2022, selon une étude OC&C parue en février 2018.

Rand Hindi lors de son intervention au MIT Innovation Leaders Summit le 30 novembre 2018. © Snips

Pour répondre aux enjeux de sécurité des données des entreprises, en particulier des banques, Rand Hindi a fait du concept de privacy by design sa marque de fabrique. Sa technologie embarquée garantit un respect de la vie privée des utilisateurs en analysant les requêtes vocales de ces derniers en local, sur l'appareil. "Les autres acteurs améliorent leurs modèles dans le cloud, nous entraînons les nôtres dès la conception. Des contributeurs enrichissent les possibilités et nous intégrons le corpus de données constitué dans le microprocesseur. L'apprentissage est ainsi séparé de l'usage", explique Yann Lechelle, directeur des opérations.

Cette offre de technologie souveraine, encouragée par les impératifs du règlement pour la protection des données personnelles, a valu à Snips d'être la première entreprise à recevoir le label Trustable Technology Mark. Promue par la fondation Mozilla en décembre 2018, cette certification indique aux utilisateurs les produits IoT respectueux de la sécurité des données privées. Snips entend aller plus loin dans la décentralisation "Notre plateforme open-source réunissant 18 000 développeurs va être déportée en 2020 sur une blockchain pour être décentralisée, gérée par consensus et enrichir l'offre", annonce Yann Lechelle.

Un chiffre d'affaires multiplié par dix

"Nos concurrents sont moins d'une dizaine, on compte les Gafa, l'entreprise américaine Nuance et une autre start-up qui a développé un assistant vocal pour les entreprises. Aucun ne propose cependant une solution de bout en bout, de la conception des commandes au langage naturel", assure Yann Lechelle, qui présentera trois nouvelles solutions au CES 2019.

Pour renforcer son implantation sur les différentes verticales qu'elle vise, la start-up s'appuie sur des partenariats. À l'été 2018, elle s'est associée à Jeedom, un éditeur domotique open-source français, au fabricant néerlandais NXP, qui conçoit des microprocesseurs pour les consumers electronics, et à l'intégrateur Micropole, spécialisé dans la banque-assurance. Une alliance avec un acteur américain spécialisé dans le gaming sera par ailleurs dévoilée en 2019. Snips comptabilise une cinquantaine de projets pilotes. Rand Hindi ne communique pas son chiffre d'affaires, réalisé majoritairement par la vente de licences pour la commercialisation d'assistants vocaux utilisant sa technologie, mais assure qu'il a été multiplié par dix en un an.

"Nous ambitionnons de couvrir 50% des locuteurs du monde"

Pour nourrir son ambition, Snips va chercher à réaliser une nouvelle levée de fonds l'année prochaine, après un second tour de tables de 12 millions d'euros réalisé en juin 2017. "Nous voulons qu'elle soit significative pour rester positionné sur le marché", explique Yann Lechelle. Cette somme servira notamment à accélérer le déploiement commercial de Snips, en particulier au Japon. La start-up y a conclu un partenariat pour piloter par la voix la réservation des salles de réunion. "Nous ambitionnons aussi de couvrir 50% des locuteurs du monde dans leur langue natale", déclare Yann Lechelle, qui élabore avec ses équipes une version en chinois et prévoit une version russe. Snips Flow, son produit phare pour développer une solution de reconnaissance du langage naturel, est disponible actuellement dans six langues (français, allemand, anglais, japonais, italien et espagnol).

À terme, Rand Hindi entend doter sa technologie de possibilités multimodales, comprenant la voix et l'image. "Nous développerons d'autres capteurs pour augmenter la contextualisation. Cela permettra par exemple dans le retail d'effectuer du profiling et de répondre aux demandes des clients en fonction de leur taille et des disponibilités dans les stocks", révèle Yann Lechelle, pour qui une combinaison visuelle et vocale est une évidence.

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