Objenious et Sigfox à l'assaut de l'espace pour offrir une couverture mondiale

Objenious et Sigfox à l'assaut de l'espace pour offrir une couverture mondiale Les opérateurs LPWAN vont tous les deux intégrer à la fin de l'année une connectivité satellitaire, en complément à leur réseau bas débit, pour répondre à la demande dans le secteur de la logistique.

Les annonces sur la mise en place de réseaux IoT satellitaires se multiplient depuis juin dernier : la Chine prévoit de lancer 72 nano-satellites pour l'Internet des objets dans les trois ans, la Russie déploiera un nouveau groupe de satellites Gonets-2 pour le même usage et l'Europe entre dans la course, avec la société lituanienne NanoAvionics qui a reçu 10 millions d'euros de la Commission européenne pour lancer une constellation de nano-satellites. La raison de cet emballement : "L'accès à des réseaux satellitaires est devenu économiquement accessible et il ne serait pas rentable d'installer des antennes dans des zones isolées", répond Christophe Fouillé, marketing manager chez Objenious. Pour les opérateurs LPWAN, qui cherchent à être les premiers à offrir une couverture mondiale, les réseaux IoT satellitaires, complémentaires à leur techno, sont donc devenus un enjeu.

Résultat, Sigfox a noué une alliance dès mars 2018 avec Eutelsat, l'un de ses actionnaires, pour bénéficier des nano-satellite lancés par ce dernier afin de compléter son réseau bas débit, qu'il nomme "0G". "Notre objectif a toujours été d'avoir une couverture universelle", souligne Raouti Chehih, directeur du département adoption et évangélisation technologique de Sigfox. Objenious a pour sa part annoncé mi-juin un partenariat avec Kinéis (filiale du Cnes), Styckr, concepteur de systèmes embarqués IoT, et Wisebatt, plateforme de prototypage pour l'IoT. Les quatre acteurs travaillent depuis six mois à créer une connectivité hybride entre un réseau satellite et un réseau terrestre. "Les réseaux hybrides font partie de notre stratégie. Le réseau dédié, une approche hybride réunissant réseaux publics et privés, que nous avons lancé en février 2019, en était une première étape", détaille Christophe Fouillé.

Une commercialisation en 2020

Dans l'attente des premiers lancements d'Eutelsat, dont il est dépendant, Sigfox s'efforce de promouvoir les opportunités d'une couverture mondiale. La date des expérimentations a été repoussée à novembre. De son côté, Objenious annonce une solution opérationnelle à la fin de l'année, pour une commercialisation prévue en 2020. "25 nano-satellites seront placés en orbite en 2022 mais Kinéis possède déjà sept satellites dans le cadre du système Argos, ce qui nous permet d'avoir du concret rapidement", explique Christophe Fouillé. En attendant, les équipes d'Objenious et de Styckr travaillent sur la consommation d'énergie des modules de communication à intégrer dans les objets connectés. "Les modules satellites consomment beaucoup d'énergie. Or, le propre du LPWAN est d'offrir de faibles consommations. Pour demeurer en adéquation avec ce modèle, nous développons des capteurs fonctionnant en energy harvesting, c'est-à-dire tirant leur énergie de leur environnement", explique Christophe Fouillé.

"L'enjeu est d'être les premiers sur le marché", estime Christophe Fouillé. Pour cela, Objenious met au point deux modules, l'un pour le réseau satellite, l'autre pour le réseau LoRa, avec l'objectif à terme de n'avoir plus qu'un module compatible avec plusieurs technologies. L'alliance LoRa s'intéresse également au sujet et prévoit une évolution de sa norme en 2020 pour intégrer les réseaux satellitaires.

Les clients des deux opérateurs ont déjà manifesté leur intérêt pour une combinaison des réseaux satellitaires et terrestres. "Nous avons de fortes demandes pour une couverture globale en matière d'asset tracking, pour suivre les conteneurs sur les océans par exemple, ou sur la nouvelle route de la Soie", affirment-ils chacun de leur côté. Des usages dans l'agriculture sont également discutés. "Nous avions connecté nos pièges à insectes avec le réseau Sigfox mais lors de fortes pluies et avec la proximité des arbres, le signal peut connaître des difficultés. Avoir une complémentarité satellite pour émettre en continu serait intéressant", reconnaît Nicolas Daüy, chef de projet chez l'agritech CapTrap. "A ses débuts, le réseau IoT était utilisé pour seulement quelques cas d'usage. Aujourd'hui nous adressons des demandes que nous n'aurions même pas imaginées. Cela va certainement être la même chose avec les réseaux satellitaires", anticipe Christophe Fouillé.

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